Le gouvernement prépare la Nième réforme des retraites. Mais, cette fois, c'est la Bonne Réforme, la Réforme Décisive, la Réforme Absolue, juré craché, nous a promis le Président. Et pas dans 5 ans, pas dans 3 ans, pas dans 1 an. Non, c'est bien pour 2010 ! Bon courage les gars, il y a du boulot ! Bon courage au Gouvernement, bien sûr, mais bon courage aussi aux Députés et aux Sénateurs, et bon courage surtout aux Français, qui n'ont pas fini de vivre dans les désordres et les grèves à répétition...
A moins, bien sûr, que la Grande Réforme promise ne soit, à la fin du compte, qu'une réformette de plus, mise au point dans le consensus avec les Partenaires Sociaux, ce même consensus qui interdit toute action efficace, ces mêmes Partenaires Sociaux qui, pour la plupart, ne veulent pas entendre parler de réforme, et ne consentent seulement qu'à envisager des avantages nouveaux en direction des salariés à "travail pénible".
Encore faudrait-il d'abord essayer de se mettre d'accord pour déterminer avec précision ce qu'on entend par "travail pénible". On aurait sans doute pas mal de surprises si on acceptait de s'engager dans une telle discussion. Les mineurs de fond, les pêcheurs de haute mer, pour ne prendre que deux exemples, exercent à l'évidence des travaux pénibles, mais je ne suis pas certain que le concept se limite à ces cas-là dans l'esprit des Partenaires Sociaux dont je parle. J'ai bien peur que la vague de suicides, qui a fait une belle vague médiatique il y a quelques mois, chez France Telecom par exemple, prouve pour certains qu'appartenir à un bureau d'études notamment, est aussi un de ces cas de "travaux pénibles" qui justifieraient un assouplissement des conditions d'accès à la retraite, en terme de durée de cotisation comme en terme d'âge minimum...
Quant à moi, et même si tout le monde aura compris que je ne partage évidemment pas cette conception, je me refuse à entrer là-dedans, du moins dans l'état actuel de la structure des systèmes de retraite.
Car le fond du problème n'est pas là. Il ne s'agit pas d'aménager un système boiteux et moribond, et c'est bien pour ça que j'ai grand peur d'une Nième réformette. Il faut détruire tout l'édifice, et reconstruire quelque chose d'humainement sain et d'économiquement viable. Et c'est là qu'il faut "leur" souhaiter bon courage !..
Le système actuel est tout simplement impossible à gérer, parce qu'il ne peut pas être viable. Quel est le problème ?
Le sytème par répartition repose sur une idée louable, et même très généreuse. Mais trop généreuse, justement ! Schématiquement, il s'agit de faire payer par les actifs les pensions de ceux qui ne le sont plus. C'est une idée généreuse en ce sens qu'elle tend à institutionnaliser la solidarité entre les générations, cette solidarité qui s'exerçait déjà de fait : avant la deuxième guerre mondiale, les enfants prenaient couramment en charge leurs parents pendant une partie de leur vie, et tout le monde trouvait ça normal.
Simplement, à quelques exceptions près les inactifs n'avaient pas de revenus propres, et étaient donc dépendants de leurs enfants, pour qui ils représentaient cependant une charge importante. C'est notamment ces "injustices naturelles" que la loi a voulu rectifier en instituant les systèmes de retraite obligatoires. Mais ce faisant, la loi a changé radicalement les mentalités, et il ne viendrait plus à l'idée de personne d'assumer totalement la charge de ses parents. L'idée généreuse a accouché du contraire de ce qu'elle était sensée défendre. Elle a institutionnalisé non pas la solidarité intergénérationnelle mais tout son contraire.
Voilà pour le plan humain. Et au plan économique, le constat n'est pas plus reluisant.
La répartition, ça ne peut fonctionner qu'à deux conditions sine qua non : une forte expansion démographique doublée d'une bonne expansion économique.
Car, en effet, la prolongation constante de la durée de la vie humaine, qui est une très bonne chose en soi, fait qu'il y a de plus en plus de retraités. Il faut donc, parallèlement, qu'il y ait aussi de plus en plus de cotisants. Et parallèlement, si l'on veut que le niveau des pensions de retraite suive correctement l'évolution des prix et du niveau de vie, il faut que le montant global des cotisations augmente aussi de manière très significative.
Double expansion obligatoire donc. Or, nous n'avons aujourd'hui ni l'une ni l'autre ! D'où la catastrophe à laquelle nous assistons, encore que nous n'en ayons encore vu qu'une toute petite partie. Le déficit de la banche "vieillesse" de ce monstre que l'on applelle la Sécurité Sociale n'en est qu'à ses balbutiements. Il en va de même de la branche "maladie" d'ailleurs, mais ce n'est pas le sujet du jour.
Parallèlement, une véritable plaie du système est représentée par le corporatisme effreiné qui l'anime. J'appelle corporatisme ce foisonnement de "régimes spéciaux", chacun étant réservé à une catégorie bien précise de la population, chacun refermé sur lui-même et se voulant étanche, imperméable et autonome.
Autonome ? Voire... Quelques articles parus récemment chez Sauvegarde Retraites notamment font littéralement scandale sur le sujet :
- Sur le scandale du refinancement de l'Ircantec (régime complémentaire des agents non titulaires de la Fonction Publique) à partir des caisses du régime général (ARRCO/AGIRC).
- Sur une taxe mal cachée prélevée sur les factures EDF pour financer le régime particulier de ses agents.
Ces exemples ne sont pas les seuls, démontrent bien que le financement n'est pas assuré, et prouvent à eux-seul l'incurie du système...
A voir aussi, absolument, pour illustrer les disparités scandaleuses :
- Les écarts énormes, y compris en terme de cotisations, entre le régime des fonctionnaires et le régime général
- Les particularités du régime de retraite des Sénateurs. A noter toutefois, pour ce dernier, qu'il est un des rares qui soient en équilibre (et même excédentaire). Il faut dire qu'il comporte une part non négligeable de capitalisation...
Je le disais bien en introduction : il faut casser ce système ridicule et non viable, et le remplacer par autre chose. Mais quoi ?
Il est bien entendu hors de question d'en revenir à une absence de garantie "vieillesse", qui n'aurait aucun sens dans notre société eu égard à l'évolution positive qu'elle a connu en moins d'un siècle. Il serait en outre scandaleux que nos aînés, après toute une vie de travail, se retrouvent possiblement sans revenu aucun, c'est à dire sans dignité aucune, leurs vieux jours venus.
Mais il n'est pas moins scandaleux que le financement de leurs retraites pèse sur leurs enfants dans des proportions insupportables. Or, ce serait déjà le cas aujourd'hui, si on faisait payer l'intégralité du coût réel des pensions de retraites sous forme de ce qu'on appelle à tort des "cotisations". Heureusement de ce point de vue, il y a les déficits...
Pourquoi ne sont-ce pas des cotisations ? Tout simplement parce que la Sécurité Sociale n'est pas une compagnie d'assurances, contrairement à l'idée que s'en font la majorité des gens. Une compagnie d'assurances, c'est une entreprise qui assure uniquement ce qui est techniquement assurable, qui fixe ses tarifs en raison directe de la qualité des risques assurés, et qui a pour vocation, comme toute entreprise, de générer des profits.
La Sécurité Sociale est tout le contraire de ça : elle garantit tout et tout le monde, sans considérer le risque mais seulement les obligations qui lui sont imposées par le pouvoir politique, et elle pratique des tarifs calculés, non en rapport avec le risque mais avec la situation sociale de l'assuré. Absolument antitechnique pour qui a approché un tant soit peu la technique des assurances...
Ce n'est donc pas une compagnie d'assurances, ce n'est qu'une administration, et ce que l'on appelle ses "cotisations" ne sont que des taxes. Ce n'est pas honteux, mais il faut le dire clairement, et cesser de faire croire que ce monstre administratif peut être géré "en bon père de famille". La Sécu est en déficit ? Normal ! Imparable ! Et c'est d'ailleurs le cas depuis sa création...
Alors, il faut traiter les retraites comme ce qu'elles sont : des allocations-vieillesse. Et il faut les financer comme telles, par l'impôt ! Et il faut cesser impérativement de faire peser leur financement sur le seul coût du travail.
Tout ça est très technique, me direz-vous ? Que nenni ! Car ça change complètement la philosophie du système. Et dans le bon sens. Si on cesse de considérer qu'il s'agit d'une assurance-viellesse, et si on admet enfin qu'il s'agit d'une aide sociale, ce n'est plus l'assuré qui paie, mais la collectivité. Et de ce fait, il n'a plus aucune légitimité à prétendre "qu'il a payé pour sa retraite toute sa vie". C'est faux, d'ores et déjà, mais l'idée est ancrée dans les têtes. En fait, les actifs ne paient pas pour leur retraite, mais pour celles des retraités. Et quand ils prennent eux-mêmes leur retraite, leurs cotisations sont envolées depuis longtemps ! Ce qu'ils reçoivent, ce sont les autres qui le paient : les actifs du moment. Et là-dessus, ils n'ont aucun droit ! Objectivement.
Maintenant, devons-nous considérer qu'il est normal, et équitable, de servir des prestations radicalement différentes d'un bénéficiaire à l'autre ? Est-il normal, et équitable, qu'un fonctionnaire touche plus qu'un agriculteur, ou qu'un ouvrier d'usine touche moins qu'un électricien, dès lors que c'est la collectivité qui finance ? Certainement pas !
J'en viens donc à ma vision d'un système à la fois équitable, juste, et qui rétablirait l'idée de responsabilité individuelle, idée totalement mise à mal par cette collectivisation acharnée qui est de règle tant en matière d'assurance vieillesse qu'en matière de la plupart de nos institutions à caractère "social".
Le système "par répartition", si l'on tient absolument à appeler ainsi un financement qui repose sur l'impôt de manière officielle ou de manière déguisée, n'a pas vocation à subvenir à lui seul aux besoins des citoyens. Il n'est pas dans les missions naturelles de l'Etat d'apporter aux citoyens l'intégralité de leurs revenus. Il n'est pas dans les missions naturelles de l'Etat de pourvoir à tous les besoins des citoyens.
Il est par contre dans ses missions, et c'est même l'une de ses principales missions, d'assurer la sécurité des citoyens. Et cette notion de sécurité inclue, selon moi, la sécurité alimentaire et les moyens de stricte subsistance.
Ainsi, que l'Etat serve aux retraités une allocation minimale qui leur permette de subsister, afin de ne laisser personne "sur le bord du chemin". Mais que chacun fasse son affaire personnelle, à titre individuel et par les moyens qu'il entend, d'une pension de retraite devenue "complémentaire" par nature. Que chacun finance à la hauteur qui lui sied, tout au long de sa carrière, un complément de revenu adapté à ses revenus et à ses désirs, par les moyens qu'il décide. Et qu'on arrête enfin de le ponctionner, tout au long de cette même carrière, de sommes qui lui appartiennent et qu'il devrait avoir légitimement la liberté d'utiliser ailleurs si bon lui semble !
Qu'on cesse enfin de prendre le citoyen pour un incapable. Qu'on cesse de décider à sa place de ce qui est bon pour lui, surtout pour utiliser son argent aussi mal qu'on le fait, en le précipitant dans la misère sur ses vieux jours sous couvert de soi-disant lui assurer une retraite heureuse ! Et accessoirement, qu'on cesse de lui dire à quel âge il n'a plus le droit de travailler même s'il le souhaite, ni jusqu'à quel âge il est obligé de le faire même s'il ne le désire pas !
Qu'on reconnaisse enfin au citoyen la liberté qui est la sienne de droit, et qu'on cesse, sous couvert de le protéger, ce qu'on n'arrive même pas à faire correctement, de le rendre dépendant d'un système qui le vole et qui l'opprime !..
Un article de Patrick Joly sur le sujet, même si je le trouve incomplet : http://politique-blog.over-blog.fr/article-retraites-ce-qu-il-faut-faire-46674076.html
Les Anciens avaient inventé la Démocratie
Les Modernes y ont ajouté la Liberté
Nous sommes responsables des deux...
Affirmons nos libertés !
lundi 8 février 2010
lundi 1 février 2010
A contre-coran
En écho à mon billet du 29 janvier, et au débat que le même sujet (l'interdiction du voile intégral) a suscité chez Lomig, voici le texte édifiant que j'ai retrouvé d'une lettre lue le 13 novembre dernier devant les Sénateurs français au Palais du Luxembourg, par Djemila Benhabib, Algérienne et auteur de "Ma vie à contre-coran"
http://femmesengagees.blogspot.com/2010/01/djemila-benhabib-lu-au-senat-francais.html
Extraits choisis:
http://femmesengagees.blogspot.com/2010/01/djemila-benhabib-lu-au-senat-francais.html
Extraits choisis:
"[...] tous les regards sont tournés vers votre commission et [...] nous attendons de vous que vous fassiez preuve de courage et de responsabilité en interdisant le port de la burqa."
"Entre une certaine gauche démissionnaire, le racisme de l’extrême droite et le laisser-faire et la complicité des gouvernements nous avons la possibilité de changer les choses [...]"
"C’est tout de même une banlieue française qui est le théâtre du film La Journée de la jupe. Alors que dans les rues de Téhéran et de Khartoum, les femmes se découvrent de plus en plus, au péril de leur vie, dans les territoires perdus de la République Française (ça fait plaisir, ndlr), le voile est devenu la norme. Que se passe-t-il ? La France est-elle devenue malade ?"Sans autre commentaire...
Il fallait les laisser couler : la preuve...
Mon billet du 29 janvier sur la problématique de l'argent public déversé à flots au bénéfice des établissements financiers un peu partout dans le monde, et singulièrement aux Etats Unis et en Europe, avec une mention spéciale (!...) pour la Fance, n'a pas suscité, j'en suis bien conscient, l'intérêt des foules (si tant est que mes lecteurs puissent être qualifiés de "foules"...). Même si ça me désole un peu (non pas pour moi mais pour eux), il fallait bien s'y attendre compte tenu de la pauvreté (le mot est faible) de la culture économique dans ce pays...
Mais le rapport publié le lendemain, soit le 30 janvier, par le superviseur très officiel du TARP aux Etats Unis (autrement appelé "Plan Paulson") vient de me donner raison, et c'est pourquoi je me fais un plaisir de le rapporter ici. Une fois n'est pas coutume, et se faire plaisir fait aussi partie de la nature humaine...
Que dit ce rapport de 140 pages, heureusement "décortiqué", "digéré" et condensé par l'économiste Mish Shedlock ? A peu de choses près la même chose que moi, à savoir que ce plan d'aide était une mauvaise chose, dont les résultats sont désastreux tant pour le présent que pour l'avenir.
L'argent public dépensé en direction des banques américaines n'a servi à rien, sinon à conforter leurs mauvaises habitudes en termes de prise de risque inconsidérée, à les faire encore "grossir" alors que le principal reproche que leur adressent les autorités est justement d'être trop grosses (ce qui engage indûment l'Etat, en cas de problème, à "voler à leur secours"), à précipiter dans la faillite des banques plus petites, qui n'ont pas reçu d'aides, et à conforter l'idée selon laquelle les grandes banques peuvent, et pourront dans l'avenir, faire tout et n'importe quoi, sans vrai risque puisque l'Etat sera toujours là pour les sauver le moment venu, avec l'argent du contribuable...
Pour comprendre, vous pourriez utilement, sinon lire l'imposant rapport dans son entier, ou le quand même assez long résumé de Mish Shedlock (voir lien ci-dessus), lire l'excellent article que Vincent Benard a consacré au sujet sur son blog.
Mais le rapport publié le lendemain, soit le 30 janvier, par le superviseur très officiel du TARP aux Etats Unis (autrement appelé "Plan Paulson") vient de me donner raison, et c'est pourquoi je me fais un plaisir de le rapporter ici. Une fois n'est pas coutume, et se faire plaisir fait aussi partie de la nature humaine...
Que dit ce rapport de 140 pages, heureusement "décortiqué", "digéré" et condensé par l'économiste Mish Shedlock ? A peu de choses près la même chose que moi, à savoir que ce plan d'aide était une mauvaise chose, dont les résultats sont désastreux tant pour le présent que pour l'avenir.
L'argent public dépensé en direction des banques américaines n'a servi à rien, sinon à conforter leurs mauvaises habitudes en termes de prise de risque inconsidérée, à les faire encore "grossir" alors que le principal reproche que leur adressent les autorités est justement d'être trop grosses (ce qui engage indûment l'Etat, en cas de problème, à "voler à leur secours"), à précipiter dans la faillite des banques plus petites, qui n'ont pas reçu d'aides, et à conforter l'idée selon laquelle les grandes banques peuvent, et pourront dans l'avenir, faire tout et n'importe quoi, sans vrai risque puisque l'Etat sera toujours là pour les sauver le moment venu, avec l'argent du contribuable...
Pour comprendre, vous pourriez utilement, sinon lire l'imposant rapport dans son entier, ou le quand même assez long résumé de Mish Shedlock (voir lien ci-dessus), lire l'excellent article que Vincent Benard a consacré au sujet sur son blog.
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vendredi 29 janvier 2010
Il fallait les laisser couler...
Deux évènements, dans l'actualité, devraient être propices à attirer l'attention du citoyen-contribuable-consommateur que nous sommes tous : le forum économique de Davos au plan international, et la conférence sur les déficits publics en France.
Je dis "devraient" car je ne suis pas certain que les regards de mes concitoyens convergent vers ces deux évènements. Ce n'est pas absolument leur faute, d'ailleurs, mais essentiellement celle du système éducatif, qui ne leur offre aucune formation économique, même superficielle. Dommage, car ça leur permettrait d'appréhender très vite l'intérêt pour eux de tel ou tel évènement, de tel ou tel coloque, de telle ou telle conférence internationale ... ou de telle ou telle prise de position de tel ou tel dirigeant.
Depuis la crise financière qui est soi-disant derrière nous, mais dont nous subirons encore les effets pendant de très longs mois quoi qu'en disent les millieux soi-disant bien informés (comprenenez, bien souvent, ceux dont le rôle est de nous désinformer), depuis notamment la faillite de Lehman Brother, on n'entend plus qu'un seul leitmotiv, de part et d'autre de l'Atlantique mais aussi de part et d'autre du clivage gauche/droite : il faut "refonder" le capitalisme (on n'ajoute pas toujours "financier"), il faut "réguler" la finance internationale, il faut "moraliser" le système bancaire.
Refonder, réguler, moraliser... Autant de mots qui ne peuvent que rassurer les ignorants et conforter les spécialistes dans la certitude qu'ils ont une mission à remplir, et qu'ils ont du travail assuré pour longtemps. Autant de gargarismes, appaisants pour les foules irritées et stimulants pour ceux qui les prescrivent. Autant de remèdes ... pires que le mal ! Ou, à tout le moins, des remèdes qui s'appuient sur le principe de l'homéopathie, sauf en ce qui concerne les doses prescrites par ces Thomas Diafoirus modernes.
Car enfin, la première question à se poser n'est-elle pas celle des véritables raisons de cette crise ? Tous les éditoriaux, toutes les analyses qui traitent du sujet, ou presque, n'ont qu'un défaut : ils confondent joyeusement les causes et les conséquences. Ils mettent tous le doigt sur les premières conséquences de ce qui est le fond du problème, celles qui ont entraîné les autres, celles dont l'économie mondiale souffre au point que nous avons frisé la catastrophe, la vraie.
La cause profonde de la crise de 2008, c'est l'excès de réglementation dont souffrait le capitalisme financier. Et les remèdes qui nous sont proposés de toutes parts ne sont que l'intensification de cette réglementation ! Je vais essayer de démontrer rapidement pourquoi cette solution est hérétique.
Tout d'abord, pourquoi une réglementation excessive a-t-elle conduit à la catastrophe ? Tout simplement parce que les financiers sont des hommes, et qu'aucune réglementation au monde ne pourra jamais leur ôter leur nature humaine. Or, le propre de l'Homme, c'est entre autres un niveau d'intelligence plus élevé que la moyenne du règne animal, intelligence qui lui permet de trouver des solutions quand il est devant un problème. Si le problème est constitué par une réglementation qui ne lui permet pas d'aller au bout de ses projets, il trouvera le moyen de contourner cette réglementation, même si c'est très compliqué. Et c'est ce que tous les financiers de la planète ont fait : ils ont contourné la réglementation, ils ont trouvé le moyen de déjouer la régulation, de fausser les systèmes de notation, ils ont fait n'importe quoi, ils ont joué, et ils ont perdu. Ils ont perdu non seulement leurs actifs, mais encore ceux de leurs clients. Leurs clients qui sont notamment les industriels qui font vivre l'économie dite "réelle", et c'est pourquoi la crise financière a entraîné la crise économique dont nous aurons bien du mal encore à sortir...
Pourquoi ces hommes intelligents ont-ils pris de tels risques, en sachant parfaitement qu'ils couraient à une possible catastrophe ? C'est très simple : ils ont parié sur le fait que les états ne les laisserait pas s'écrouler, entraînant dans leur chute toute l'économie mondiale. Et ce pari là, ils l'ont gagné ! Aujoud'hui, la seule industrie qui a retrouvé son niveau d'avant la crise, et même au-delà, c'est la finance ! Grâce aux capitaux dont les états les ont généreusements abreuvés...
Soyons certains que si, comme on s'y prépare, on accentue encore la réglementation du monde de la finance, on repartira dans une spirale encore plus dangereuse que la précédente, et que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, nous aurons à plus ou moins longue échéance une crise encore plus profonde, dont nous aurons encore bien plus de mal à nous relever. Les déficits publics ne peuvent pas être creusés à l'infini, et nous avons déjà sous les yeux des états en quasi-faillite. Nous en aurons d'autres, et de plus importants...
Alors, me direz-vous, puisqu'ils sont si inconséquents, et si nous baissons la garde de la réglementation, ils iront tout droit et encore bien plus vite à la catastrophe. Pas si nous proclamons haut et fort qu'il ne sera plus question de payer à leur place les pots cassés ! Pas s'ils savent que ce sont leurs propres intérêts qu'ils mettent en cause.
Il faut qu'ils sachent que les finances publiques ne viendront plus à leur secours. Il faut qu'ils sachent que leur inconséquence les mènera inéluctablement à la faillite. Et là, la même intelligence humaine qui leur a permis de déjouer la loi leur permettra, n'en doutez pas, d'exorciser leurs vieux démons.
Mais il reste un problème à résoudre. Toutes les faillites ne sont ni frauduleuses ni le résultat de prises de risques inconsidérés. Le but de la réglementation excessive que nous connaissons, et qui a mené à la catastrophe, n'est pas en soi la sauvegarde des intérêts des banques, mais celle des intérêts de leurs clients, lesquels sont les acteurs majeurs de l'économie. La déréglementation pourrait avoir pour effet d'insécuriser encore les marchés. Et que se passera-t-il pour les clients d'une banque qui s'effondrera si l'état ne la renfloue pas ? Le remède n'est-il pas pire que le mal, là encore ?
La solution réside dans un changement profond du règlement des faillites. Je viens de lire à ce sujet un article fort intéressant de Vincent Benard sur le sujet, que je vous invite vivement à consulter. Schématiquement, il s'agit, en cas de faillite, d'une banque mais pas seulement, de transformer les dettes en actions. Le créancier devient actionnaire de l'entreprise, laquelle continue normalement ses activités d'autant plus facilement que son passif est très largement épuré.
Ce système a pour principale conséquence de responsabiliser en amont les managers de l'entreprise, en l'occurence la banque, qui risquent de voir leur part du capital fondre comme neige au soleil, et par conséquent leur pouvoir de décision, mais surtout leur part des bénéfices. Il s'agit de faire confiance à l'instinct le plus naturel de l'être humain : la défense de ses propres intérêts. Et en aval, ce même système garantit autant que faire se peut l'intégrité des intérêts des clients.
Ce serait sans doute une révolution dans les pratiques et dans les esprits, mais c'est sans aucun doute le moyen le plus fiable de sécuriser les transactions financières, de garantir le fonctionnement optimal de l'économie, tout en n'engageant pas l'état sur la voie d'une dégradation dramatique des comptes publics, et donc l'appauvrissement des citoyens.
La liberté, c'est la responsabilité. Sans responsabilité, pas de liberté. On n'en sort pas...
Je dis "devraient" car je ne suis pas certain que les regards de mes concitoyens convergent vers ces deux évènements. Ce n'est pas absolument leur faute, d'ailleurs, mais essentiellement celle du système éducatif, qui ne leur offre aucune formation économique, même superficielle. Dommage, car ça leur permettrait d'appréhender très vite l'intérêt pour eux de tel ou tel évènement, de tel ou tel coloque, de telle ou telle conférence internationale ... ou de telle ou telle prise de position de tel ou tel dirigeant.
Depuis la crise financière qui est soi-disant derrière nous, mais dont nous subirons encore les effets pendant de très longs mois quoi qu'en disent les millieux soi-disant bien informés (comprenenez, bien souvent, ceux dont le rôle est de nous désinformer), depuis notamment la faillite de Lehman Brother, on n'entend plus qu'un seul leitmotiv, de part et d'autre de l'Atlantique mais aussi de part et d'autre du clivage gauche/droite : il faut "refonder" le capitalisme (on n'ajoute pas toujours "financier"), il faut "réguler" la finance internationale, il faut "moraliser" le système bancaire.
Refonder, réguler, moraliser... Autant de mots qui ne peuvent que rassurer les ignorants et conforter les spécialistes dans la certitude qu'ils ont une mission à remplir, et qu'ils ont du travail assuré pour longtemps. Autant de gargarismes, appaisants pour les foules irritées et stimulants pour ceux qui les prescrivent. Autant de remèdes ... pires que le mal ! Ou, à tout le moins, des remèdes qui s'appuient sur le principe de l'homéopathie, sauf en ce qui concerne les doses prescrites par ces Thomas Diafoirus modernes.
Car enfin, la première question à se poser n'est-elle pas celle des véritables raisons de cette crise ? Tous les éditoriaux, toutes les analyses qui traitent du sujet, ou presque, n'ont qu'un défaut : ils confondent joyeusement les causes et les conséquences. Ils mettent tous le doigt sur les premières conséquences de ce qui est le fond du problème, celles qui ont entraîné les autres, celles dont l'économie mondiale souffre au point que nous avons frisé la catastrophe, la vraie.
La cause profonde de la crise de 2008, c'est l'excès de réglementation dont souffrait le capitalisme financier. Et les remèdes qui nous sont proposés de toutes parts ne sont que l'intensification de cette réglementation ! Je vais essayer de démontrer rapidement pourquoi cette solution est hérétique.
Tout d'abord, pourquoi une réglementation excessive a-t-elle conduit à la catastrophe ? Tout simplement parce que les financiers sont des hommes, et qu'aucune réglementation au monde ne pourra jamais leur ôter leur nature humaine. Or, le propre de l'Homme, c'est entre autres un niveau d'intelligence plus élevé que la moyenne du règne animal, intelligence qui lui permet de trouver des solutions quand il est devant un problème. Si le problème est constitué par une réglementation qui ne lui permet pas d'aller au bout de ses projets, il trouvera le moyen de contourner cette réglementation, même si c'est très compliqué. Et c'est ce que tous les financiers de la planète ont fait : ils ont contourné la réglementation, ils ont trouvé le moyen de déjouer la régulation, de fausser les systèmes de notation, ils ont fait n'importe quoi, ils ont joué, et ils ont perdu. Ils ont perdu non seulement leurs actifs, mais encore ceux de leurs clients. Leurs clients qui sont notamment les industriels qui font vivre l'économie dite "réelle", et c'est pourquoi la crise financière a entraîné la crise économique dont nous aurons bien du mal encore à sortir...
Pourquoi ces hommes intelligents ont-ils pris de tels risques, en sachant parfaitement qu'ils couraient à une possible catastrophe ? C'est très simple : ils ont parié sur le fait que les états ne les laisserait pas s'écrouler, entraînant dans leur chute toute l'économie mondiale. Et ce pari là, ils l'ont gagné ! Aujoud'hui, la seule industrie qui a retrouvé son niveau d'avant la crise, et même au-delà, c'est la finance ! Grâce aux capitaux dont les états les ont généreusements abreuvés...
Soyons certains que si, comme on s'y prépare, on accentue encore la réglementation du monde de la finance, on repartira dans une spirale encore plus dangereuse que la précédente, et que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, nous aurons à plus ou moins longue échéance une crise encore plus profonde, dont nous aurons encore bien plus de mal à nous relever. Les déficits publics ne peuvent pas être creusés à l'infini, et nous avons déjà sous les yeux des états en quasi-faillite. Nous en aurons d'autres, et de plus importants...
Alors, me direz-vous, puisqu'ils sont si inconséquents, et si nous baissons la garde de la réglementation, ils iront tout droit et encore bien plus vite à la catastrophe. Pas si nous proclamons haut et fort qu'il ne sera plus question de payer à leur place les pots cassés ! Pas s'ils savent que ce sont leurs propres intérêts qu'ils mettent en cause.
Il faut qu'ils sachent que les finances publiques ne viendront plus à leur secours. Il faut qu'ils sachent que leur inconséquence les mènera inéluctablement à la faillite. Et là, la même intelligence humaine qui leur a permis de déjouer la loi leur permettra, n'en doutez pas, d'exorciser leurs vieux démons.
Mais il reste un problème à résoudre. Toutes les faillites ne sont ni frauduleuses ni le résultat de prises de risques inconsidérés. Le but de la réglementation excessive que nous connaissons, et qui a mené à la catastrophe, n'est pas en soi la sauvegarde des intérêts des banques, mais celle des intérêts de leurs clients, lesquels sont les acteurs majeurs de l'économie. La déréglementation pourrait avoir pour effet d'insécuriser encore les marchés. Et que se passera-t-il pour les clients d'une banque qui s'effondrera si l'état ne la renfloue pas ? Le remède n'est-il pas pire que le mal, là encore ?
La solution réside dans un changement profond du règlement des faillites. Je viens de lire à ce sujet un article fort intéressant de Vincent Benard sur le sujet, que je vous invite vivement à consulter. Schématiquement, il s'agit, en cas de faillite, d'une banque mais pas seulement, de transformer les dettes en actions. Le créancier devient actionnaire de l'entreprise, laquelle continue normalement ses activités d'autant plus facilement que son passif est très largement épuré.
Ce système a pour principale conséquence de responsabiliser en amont les managers de l'entreprise, en l'occurence la banque, qui risquent de voir leur part du capital fondre comme neige au soleil, et par conséquent leur pouvoir de décision, mais surtout leur part des bénéfices. Il s'agit de faire confiance à l'instinct le plus naturel de l'être humain : la défense de ses propres intérêts. Et en aval, ce même système garantit autant que faire se peut l'intégrité des intérêts des clients.
Ce serait sans doute une révolution dans les pratiques et dans les esprits, mais c'est sans aucun doute le moyen le plus fiable de sécuriser les transactions financières, de garantir le fonctionnement optimal de l'économie, tout en n'engageant pas l'état sur la voie d'une dégradation dramatique des comptes publics, et donc l'appauvrissement des citoyens.
La liberté, c'est la responsabilité. Sans responsabilité, pas de liberté. On n'en sort pas...
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Encore une tempête dans un verre d'eau
Le débat sur l’interdiction de la burqa est loin de s’appaiser, surtout depuis que la commission chargée de réfléchir au sujet a rendu son non-rapport…
Le problème est malheureusement systémique (le mot est à la mode) : c’est le « politiquement correct » qui est en cause. A force de ne vouloir blesser personne, de ne vouloir faire aucune vague, de tout faire pour ne pas risquer d’être taxé de racisme ou de discrimination, à force de vouloir n’être attaquable par personne, on en devient lisse, transparent, et pour tout dire inexistant…
Nos voisins Belges, pour ne parler que d’eux, ne vont pas si loin dans le raisonnement, et osent dire et faire ce qu’ils pensent et ce qu’ils croient juste. Ils ont osé ( !..) voter une loi sur l’interdiction de dissimuler son visage dans l’espace public. Nous, on veut être plus malin que tout le monde, on raisonne sans fin, et on ne fait (et on ne fera) finalement rien du tout… Sauf faire semblant, comme c’est devenu l’habitude dans ce pays.
Toutes les instances dont tous ces beaux messieurs et ces belles dames ont peur, bien plus encore que du Conseil Constitutionnel qui n’est qu’un alibi : SOS Racisme, le CRIJF, et même la Cour Européenne des Droits de l’Homme, sont des « machins », comme dirait De Gaulle, qui n’ont qu’un effet dévastateur sur la civilisation. Oui, vous avez bien lu, c’est la civilisation elle-même qui est en train d’être dépouillée de sa substance, et ses valeurs trahies, par tous ces organismes stérilisateurs. Voltaire, Montaigne et beaucoup d’autres enverraient tout ce beau monde se faire foutre. Mais nous n’avons ni un Montaigne ni un Voltaire, ni même un De Gaulle, parmi nos « éminents » décideurs. Nous n’avons que des Jeanfoutres et des pleutres, qui ne pensent qu’à leur petite notoriété, et pour les politiciens qu’aux futurs scrutins. Surtout, il ne faut pas caresser l’électeur à rebrousse-poils. Il faut rester dans le « politiquement correct », dans le discours banal, hors de toute prise de position tranchée, dans le « consensus ».
« Consensus », voilà bien un mot qui résume à lui tout seul notre époque mièvre et tiède. Il n’est d’autre consensus que de « consensus mou ». Dès qu’on veut absolument mettre tout le monde d’accord, on nivèle obligatoirement le raisonnement par le bas. On n’exprime plus aucune différence. On n’est plus capable d’influencer personne. On se rend aux positions communes du troupeau bêlant et chevrotant. Et pour finir, on n’existe plus…
Mais face à tous ces beaux diseurs aux discours bien rasés, il y a tous les barbus qui militent pour leur propre « paroisse », et qui se foutent bien mal de tout ce qu’on peut dire dès lors qu’ils peuvent continuer leur travail de sape et de conquête culturelle de l’Occident. La burqa ou le niqab ne sont pas qu’une mode vestimentaire comme on voudrait nous le faire croire.
Les interdire ne signifie pas seulement s’immiscer dans la vie privée des individus comme on nous le présente quelquefois. Ce n’est pas seulement limiter le champ de la liberté individuelle comme certains nous le reprochent, à nous, les libéraux (comme c’est facile !). C’est surtout défendre des valeurs : celles qui sont la base de notre culture et de la civilisation occidentale. Des valeurs telles que la liberté précisément, y compris la liberté pour toute femme de n’être pas contrainte à une prison de tissu ambulante.
Et qu’on ne vienne pas m’opposer qu’elles utilisent ces attributs vestimentaires moyen-âgeux de leur plein gré et par choix personnel ! Même si certaines d’entre elles sont dans ce cas (une infime minorité), la plupart y sont bel et bien contraintes, que ce soit par leur mari, par leurs frères, par leurs oncles, que sais-je ? Et en définitive par une tradition culturelle où les femmes sont totalement soumises et où leurs droits sont absolument inexistants, de même que, justement, leur liberté.
Ensuite, on nous oppose également que ces personnes-là, hommes et femmes de tradition musulmane (mais l’Islam, et le Coran, n’expliquent même pas la burqa !), auraient le droit de vivre et d’appliquer ici leurs traditions culturelles. On veut nous faire admettre que dire le contraire est une entorse à nos idées libérales. Mais la liberté, ce n’est pas à sens unique. La liberté, ça ne consiste certainement pas à imposer quoi que ce soit aux autres. Et la liberté, ça ne signifie pas le droit de se dissimuler au regard des autres dans l’espace public. Ca ne signifie pas de se soustraire à l’obligation d’être identifiable, notamment par les forces de sécurité. La liberté, ce n’est pas l’impunité. La liberté, ce n’est pas la chienlit. Etre libéral, ce n’est pas être anarchiste ; ce n’est pas la première fois que j’insiste là-dessus… Et en particulier, être libéral, ça n’implique pas d’autoriser des hommes à réduire leurs femmes en un esclavage qui n’est pas que vestimentaire.
Alors, comme il apparaît exclu, en raison du « politiquement correct » que je fustige, de promulguer une loi qui interdirait spécifiquement le voile intégral, il faut en « pondre » une qui interdise la dissimulation du visage dans tout l’espace public.
Autre chose : quand certains ont voulu réaffirmer les origines chrétiennes et le fondement culturel judéo-chrétien de l’Occident, ils ont déclenché les foudres des tenants d’une laïcité dévoyée pour qui être laïc signifie s’opposer à toute référence à la religion. Il est assez bizarre de ne pas entendre les mêmes aujourd’hui prendre la parole pour dénoncer le fait que les opposants à toute législation anti voile intégral utilisent volontiers et indûment l’Islam pour justifier leur position.
Cependant, l'interdiction de cacher le visage n’est qu’un artifice à visée « diplomatique », et mon point de vue est de dire qu’il faut cependant « annoncer la couleur », et bien faire savoir, même si ce n’est pas dit dans le texte de la loi, que le but premier est d’interdire le voile intégral. L’hypocrisie n’est pas une vertu cardinale. La recherche systématique du consensus non plus. Et si ça doit déclencher une tempête, tant pis (j’allais écrire « tant mieux »). Une tempête dans un verre d’eau. D’eau bénite, peut-être ?
Le problème est malheureusement systémique (le mot est à la mode) : c’est le « politiquement correct » qui est en cause. A force de ne vouloir blesser personne, de ne vouloir faire aucune vague, de tout faire pour ne pas risquer d’être taxé de racisme ou de discrimination, à force de vouloir n’être attaquable par personne, on en devient lisse, transparent, et pour tout dire inexistant…
Nos voisins Belges, pour ne parler que d’eux, ne vont pas si loin dans le raisonnement, et osent dire et faire ce qu’ils pensent et ce qu’ils croient juste. Ils ont osé ( !..) voter une loi sur l’interdiction de dissimuler son visage dans l’espace public. Nous, on veut être plus malin que tout le monde, on raisonne sans fin, et on ne fait (et on ne fera) finalement rien du tout… Sauf faire semblant, comme c’est devenu l’habitude dans ce pays.
Toutes les instances dont tous ces beaux messieurs et ces belles dames ont peur, bien plus encore que du Conseil Constitutionnel qui n’est qu’un alibi : SOS Racisme, le CRIJF, et même la Cour Européenne des Droits de l’Homme, sont des « machins », comme dirait De Gaulle, qui n’ont qu’un effet dévastateur sur la civilisation. Oui, vous avez bien lu, c’est la civilisation elle-même qui est en train d’être dépouillée de sa substance, et ses valeurs trahies, par tous ces organismes stérilisateurs. Voltaire, Montaigne et beaucoup d’autres enverraient tout ce beau monde se faire foutre. Mais nous n’avons ni un Montaigne ni un Voltaire, ni même un De Gaulle, parmi nos « éminents » décideurs. Nous n’avons que des Jeanfoutres et des pleutres, qui ne pensent qu’à leur petite notoriété, et pour les politiciens qu’aux futurs scrutins. Surtout, il ne faut pas caresser l’électeur à rebrousse-poils. Il faut rester dans le « politiquement correct », dans le discours banal, hors de toute prise de position tranchée, dans le « consensus ».
« Consensus », voilà bien un mot qui résume à lui tout seul notre époque mièvre et tiède. Il n’est d’autre consensus que de « consensus mou ». Dès qu’on veut absolument mettre tout le monde d’accord, on nivèle obligatoirement le raisonnement par le bas. On n’exprime plus aucune différence. On n’est plus capable d’influencer personne. On se rend aux positions communes du troupeau bêlant et chevrotant. Et pour finir, on n’existe plus…
Mais face à tous ces beaux diseurs aux discours bien rasés, il y a tous les barbus qui militent pour leur propre « paroisse », et qui se foutent bien mal de tout ce qu’on peut dire dès lors qu’ils peuvent continuer leur travail de sape et de conquête culturelle de l’Occident. La burqa ou le niqab ne sont pas qu’une mode vestimentaire comme on voudrait nous le faire croire.
Les interdire ne signifie pas seulement s’immiscer dans la vie privée des individus comme on nous le présente quelquefois. Ce n’est pas seulement limiter le champ de la liberté individuelle comme certains nous le reprochent, à nous, les libéraux (comme c’est facile !). C’est surtout défendre des valeurs : celles qui sont la base de notre culture et de la civilisation occidentale. Des valeurs telles que la liberté précisément, y compris la liberté pour toute femme de n’être pas contrainte à une prison de tissu ambulante.
Et qu’on ne vienne pas m’opposer qu’elles utilisent ces attributs vestimentaires moyen-âgeux de leur plein gré et par choix personnel ! Même si certaines d’entre elles sont dans ce cas (une infime minorité), la plupart y sont bel et bien contraintes, que ce soit par leur mari, par leurs frères, par leurs oncles, que sais-je ? Et en définitive par une tradition culturelle où les femmes sont totalement soumises et où leurs droits sont absolument inexistants, de même que, justement, leur liberté.
Ensuite, on nous oppose également que ces personnes-là, hommes et femmes de tradition musulmane (mais l’Islam, et le Coran, n’expliquent même pas la burqa !), auraient le droit de vivre et d’appliquer ici leurs traditions culturelles. On veut nous faire admettre que dire le contraire est une entorse à nos idées libérales. Mais la liberté, ce n’est pas à sens unique. La liberté, ça ne consiste certainement pas à imposer quoi que ce soit aux autres. Et la liberté, ça ne signifie pas le droit de se dissimuler au regard des autres dans l’espace public. Ca ne signifie pas de se soustraire à l’obligation d’être identifiable, notamment par les forces de sécurité. La liberté, ce n’est pas l’impunité. La liberté, ce n’est pas la chienlit. Etre libéral, ce n’est pas être anarchiste ; ce n’est pas la première fois que j’insiste là-dessus… Et en particulier, être libéral, ça n’implique pas d’autoriser des hommes à réduire leurs femmes en un esclavage qui n’est pas que vestimentaire.
Alors, comme il apparaît exclu, en raison du « politiquement correct » que je fustige, de promulguer une loi qui interdirait spécifiquement le voile intégral, il faut en « pondre » une qui interdise la dissimulation du visage dans tout l’espace public.
Autre chose : quand certains ont voulu réaffirmer les origines chrétiennes et le fondement culturel judéo-chrétien de l’Occident, ils ont déclenché les foudres des tenants d’une laïcité dévoyée pour qui être laïc signifie s’opposer à toute référence à la religion. Il est assez bizarre de ne pas entendre les mêmes aujourd’hui prendre la parole pour dénoncer le fait que les opposants à toute législation anti voile intégral utilisent volontiers et indûment l’Islam pour justifier leur position.
Cependant, l'interdiction de cacher le visage n’est qu’un artifice à visée « diplomatique », et mon point de vue est de dire qu’il faut cependant « annoncer la couleur », et bien faire savoir, même si ce n’est pas dit dans le texte de la loi, que le but premier est d’interdire le voile intégral. L’hypocrisie n’est pas une vertu cardinale. La recherche systématique du consensus non plus. Et si ça doit déclencher une tempête, tant pis (j’allais écrire « tant mieux »). Une tempête dans un verre d’eau. D’eau bénite, peut-être ?
mercredi 27 janvier 2010
La sanction pénale est un gage de liberté.
A la Une de Rue89, un article attire mon attention : "A Vitry sur Seine, on braque des banques et on écoute du Rap". J'ai travaillé plusieurs année à Maisons-Alfort, et je passais tous les jours à Vitry...
En y regardant de plus près, je remarque que l'article est écrit par Laure Heinich-Luijer, avocate. Ce nom me dit quelque chose. J'ai déjà lu quelque chose à son sujet. Raison de plus pour lire l'article...
De quoi parle-t-on ? D'un procès qui se déroule devant la cour d'assises de Nanterre, devant laquelle comparaissent 12 "jeunes" Vitriots (habitants de Vitry sur Seine), accusés d'avoir braqué des banques avec des pistolets en plastique. Rien que de très banal, finalement : il suffit de lire la presse quotidiennement pour y voir relater des faits similaires, quand ils ne sont pas encore plus graves, faits qui sont devenus le quotidien des banlieues des grandes villes, et pas seulement en région parisienne...
Si je disais la même chose devant Mme Laure Heinich-Luijer, nul doute que je me ferais incendier de belle façon. En effet, selon cette brillante avocate du barreau, de tels propos ne sont visiblement que médisances et blasphèmes, et en tous cas les tenir relève d'une indescence notoire. Des propos similaires prononcés par un policier venu témoigner sont tournés en dérision, à la limite de la condescendance. Jusqu'à évoquer, par dérision toujours, l'existence d'un "gêne du braquage", après il faut le dire, avoir fait en tête de l'article un parallèle entre le déroulement des débats et le fameux "karcher" de Nicolas Sarkozy...
Et ça ne s'arrête pas là. Quand Laure Heinich-Luijer nous relate le verdict de la Cour, c'est un véritable feu d'articice ! Lisez l'article. Ca vaut le détour...
Enfin quoi, Madame la Présidente, quelle est cette attitude de votre Tribunal et quelles sont ces pratiques moyen-âgeuses ? Comment ? Vous osez ordonner la mise en application "immédiate et brutale" (sic) des peines prononcées ? Comment ? Vous osez priver ces pauvres petits de la semi liberté ou du bracelet électronique ? Vous osez remettre dans le box ceux qui comparaissaient libres, en vue de l'audience civile ? Mais c'est un scandale ! Voilà de pauvres petits jeunes que vous stigmatisez et que vous traumatisez irrémédiablement ! Nul doute qu'ils auront besoin ensuite d'une cellule psychologique. Les pauvres... Quelle image auront-ils après ça de la justice de leur pays ?
Et quelle image de la justice ont donc les victimes, quand c'est l'inverse ? Quelle valeur d'exemple ont les procès asceptisés et les peines symboliques que réclament Laure Heinich-Luijer et consorts dans leur absolue mansuétude coupable ?
Demander de vraies sanctions, réclamer de la fermeté de la part des juges, c'est tout simplement demander la justice. Mais en parlant comme ça, nul doute que je vais passer pour un affreux extrême-droitiste aux yeux de tous ces avocats et de tous ces magistrats gauchisants (ils sont légions sur les deux plateaux de la balance) pour qui la déliquence est le fruit d'une société libérale qui écrase l'individu et qui pousse la jeunesse aux extrémités (car tout ce qui n'est pas de gauche est libéral pour qui ne sait pas, ou ne veut pas savoir, ce que ce mot veut dire) . Nul doute que c'est la société qui est responsable de la criminalité ordinaire. Nul doute que ce ne sont surtout pas le laxisme et la miévrerie de la justice qui sont à incriminer...
Mais c'est avec des raisonnements comme ceux-là qu'on aboutit à une société où la notion de responsabilité, et celle de civisme, n'ont plus court, où il devient de plus en plus difficile de faire confiance à qui que ce soit, où le droit de propriété est méprisé. Une société dans laquelle l'absence de vraies sanctions inhibe la notion de devoirs et où celle de "droits" devient la seule qui compte. Une société où la liberté du citoyen n'est plus protégée, soumise qu'elle est à la loi des brigands.
Merci à Mme Laure Heinich-Luijer et à ses alter ego de nous préparer une telle société invivable.
En y regardant de plus près, je remarque que l'article est écrit par Laure Heinich-Luijer, avocate. Ce nom me dit quelque chose. J'ai déjà lu quelque chose à son sujet. Raison de plus pour lire l'article...
De quoi parle-t-on ? D'un procès qui se déroule devant la cour d'assises de Nanterre, devant laquelle comparaissent 12 "jeunes" Vitriots (habitants de Vitry sur Seine), accusés d'avoir braqué des banques avec des pistolets en plastique. Rien que de très banal, finalement : il suffit de lire la presse quotidiennement pour y voir relater des faits similaires, quand ils ne sont pas encore plus graves, faits qui sont devenus le quotidien des banlieues des grandes villes, et pas seulement en région parisienne...
Si je disais la même chose devant Mme Laure Heinich-Luijer, nul doute que je me ferais incendier de belle façon. En effet, selon cette brillante avocate du barreau, de tels propos ne sont visiblement que médisances et blasphèmes, et en tous cas les tenir relève d'une indescence notoire. Des propos similaires prononcés par un policier venu témoigner sont tournés en dérision, à la limite de la condescendance. Jusqu'à évoquer, par dérision toujours, l'existence d'un "gêne du braquage", après il faut le dire, avoir fait en tête de l'article un parallèle entre le déroulement des débats et le fameux "karcher" de Nicolas Sarkozy...
Et ça ne s'arrête pas là. Quand Laure Heinich-Luijer nous relate le verdict de la Cour, c'est un véritable feu d'articice ! Lisez l'article. Ca vaut le détour...
Enfin quoi, Madame la Présidente, quelle est cette attitude de votre Tribunal et quelles sont ces pratiques moyen-âgeuses ? Comment ? Vous osez ordonner la mise en application "immédiate et brutale" (sic) des peines prononcées ? Comment ? Vous osez priver ces pauvres petits de la semi liberté ou du bracelet électronique ? Vous osez remettre dans le box ceux qui comparaissaient libres, en vue de l'audience civile ? Mais c'est un scandale ! Voilà de pauvres petits jeunes que vous stigmatisez et que vous traumatisez irrémédiablement ! Nul doute qu'ils auront besoin ensuite d'une cellule psychologique. Les pauvres... Quelle image auront-ils après ça de la justice de leur pays ?
Et quelle image de la justice ont donc les victimes, quand c'est l'inverse ? Quelle valeur d'exemple ont les procès asceptisés et les peines symboliques que réclament Laure Heinich-Luijer et consorts dans leur absolue mansuétude coupable ?
Demander de vraies sanctions, réclamer de la fermeté de la part des juges, c'est tout simplement demander la justice. Mais en parlant comme ça, nul doute que je vais passer pour un affreux extrême-droitiste aux yeux de tous ces avocats et de tous ces magistrats gauchisants (ils sont légions sur les deux plateaux de la balance) pour qui la déliquence est le fruit d'une société libérale qui écrase l'individu et qui pousse la jeunesse aux extrémités (car tout ce qui n'est pas de gauche est libéral pour qui ne sait pas, ou ne veut pas savoir, ce que ce mot veut dire) . Nul doute que c'est la société qui est responsable de la criminalité ordinaire. Nul doute que ce ne sont surtout pas le laxisme et la miévrerie de la justice qui sont à incriminer...
Mais c'est avec des raisonnements comme ceux-là qu'on aboutit à une société où la notion de responsabilité, et celle de civisme, n'ont plus court, où il devient de plus en plus difficile de faire confiance à qui que ce soit, où le droit de propriété est méprisé. Une société dans laquelle l'absence de vraies sanctions inhibe la notion de devoirs et où celle de "droits" devient la seule qui compte. Une société où la liberté du citoyen n'est plus protégée, soumise qu'elle est à la loi des brigands.
Merci à Mme Laure Heinich-Luijer et à ses alter ego de nous préparer une telle société invivable.
Le droit du sol
Pour faire suite à mon dernier billet, un "petit" détail qui m'a été pointé du doigt depuis : parmi les 125 clandestins lâchement déversés sur une plage corse, puis récupérés par les services de l'immigration avec vices de procédure à la clef, avant d'être non moins lâchement remis en liberté sous des prétextes douteux par des juges à la neutralité non moins douteuse, se trouvaient plusieurs femmes enceintes.
Le détail n'est pas anodin : voilà des enfants qui naîtront français, droit du sol oblige. Et voilà tout aussi mécaniquement des mères (et des pères s'ils font partie de la cargaison jetée par dessus bord sur la plage par les scélérats qui leur servaient de "transporteurs") qu'il deviendra de facto quasiment impossible d'expulser, leur enfant, français, n'étant, lui, pas expulsable !
Cette dernière remarque ne relève en rien du droit écrit : même père ou mère d'un enfant né français, un immigré clandestin reste un clandestin, et donc parfaitement expulsable dès lors qu'il n'entre pas dans les clous des critères expressément prévus par la Loi, comme par exemple le fait qu'il risque sa vie en cas de retour forcé dans son pays d'origine.
Mais dans la pratique, il est extrêmement rare qu'une procédure de reconduite à la frontière d'un étranger en situation irrégulière parent d'un enfant né en France, voire même tout simplement d'un enfant scolarisé en France, aille à son terme. La France, Pays des Droits de l'Homme, et historiquement Terre d'Asile, fait bénéficier ces pauvres malheureux d'une compassion sans borne de la part des "Autorités", et particulièrement des magistrats. Certains de ces derniers n'hésitent d'ailleurs pas, au passage et ce faisant, à violer la Loi Républicaine qu'il mettent pourtant un point d'honneur à appliquer scrupuleusement dès que le plus petit vice est constaté dans une procédure d'expulsion du territoire.
S'il s'agit de traiter les "migrants" comme les clandestins qu'ils sont, la Loi c'est la Loi, le Règlement c'est le Règlement, et gare à ceux qui ne les respectent pas dans leurs moindres détails. Mais s'il s'agit au contraire de protéger ces immigrants illégaux d'une expulsion que la même Loi prévoit pourtant expressément, alors la première argutie juridique alambiquée est la bienvenue...
Au-delà de ça, c'est tout bonnement le "droit du sol" qui est une idiotie avérée. On le voit bien dans l'exemple ci-dessus : l'enfant né en France est français, alors que ses parents ne le sont pas, et sont donc expulsables. Mais comme une certaine jusrisprudence non officielle interdit l'expulsion de ces parents-là, ils deviennent de facto ce que l'on nomme habituellement des "sans papiers", c'est à dire des êtres humains sans aucun droit sur un territoire national où ils ne sont que tolérés.
Ce système est totalement ridicule. Si l'on tient absolument à ce "droit du sol", alors il faut régulariser systématiquement les parents d'enfants né en France. Inutile cependant de dire que je suis totalement contre cette hypothèse, et qu'à l'inverse je trouverais totalement naturel et normal d'en revenir au droit du sang : est français tout enfant né de parents (ou au minimum d'un parent) français. Sont étrangers par définition tous les autres. Et sont expulsables les enfants de parents expulsables.
L'immigration est un vaste problème dont j'ai déjà eu l'occaion de parler à plusieurs reprises. Je n'y reviendrai pas en détails. Mais il reste qu'on ne peut pas accepter, fût-ce au nom des Droits de l'Homme, d'accepter tout le monde et n'importe qui sans considérations ni culturelles ni économiques d'aucune sorte. Et encore moins d'accorder la nationalité française sans plus de discernements.
Ca ne signifie pas qu'il faille rejeter à la mer tous ceux qui arrivent clandestinement sans chercher à comprendre. Mais tout individu qui ne craint pas pour sa vie dans son pays d'origine et qui ne réunit pas les critères minimums nécessaires à une intégration réussie dans la société française, y compris d'abord sa propre volonté de s'intégrer, et y compris ensuite sa suffisance économique, a vocation à se voir refuser tout titre de séjour permanent. Et ses enfants tout comme lui, c'est une évidence.
Mais est-ce vraiment évident pour tout le monde ?...
Le détail n'est pas anodin : voilà des enfants qui naîtront français, droit du sol oblige. Et voilà tout aussi mécaniquement des mères (et des pères s'ils font partie de la cargaison jetée par dessus bord sur la plage par les scélérats qui leur servaient de "transporteurs") qu'il deviendra de facto quasiment impossible d'expulser, leur enfant, français, n'étant, lui, pas expulsable !
Cette dernière remarque ne relève en rien du droit écrit : même père ou mère d'un enfant né français, un immigré clandestin reste un clandestin, et donc parfaitement expulsable dès lors qu'il n'entre pas dans les clous des critères expressément prévus par la Loi, comme par exemple le fait qu'il risque sa vie en cas de retour forcé dans son pays d'origine.
Mais dans la pratique, il est extrêmement rare qu'une procédure de reconduite à la frontière d'un étranger en situation irrégulière parent d'un enfant né en France, voire même tout simplement d'un enfant scolarisé en France, aille à son terme. La France, Pays des Droits de l'Homme, et historiquement Terre d'Asile, fait bénéficier ces pauvres malheureux d'une compassion sans borne de la part des "Autorités", et particulièrement des magistrats. Certains de ces derniers n'hésitent d'ailleurs pas, au passage et ce faisant, à violer la Loi Républicaine qu'il mettent pourtant un point d'honneur à appliquer scrupuleusement dès que le plus petit vice est constaté dans une procédure d'expulsion du territoire.
S'il s'agit de traiter les "migrants" comme les clandestins qu'ils sont, la Loi c'est la Loi, le Règlement c'est le Règlement, et gare à ceux qui ne les respectent pas dans leurs moindres détails. Mais s'il s'agit au contraire de protéger ces immigrants illégaux d'une expulsion que la même Loi prévoit pourtant expressément, alors la première argutie juridique alambiquée est la bienvenue...
Au-delà de ça, c'est tout bonnement le "droit du sol" qui est une idiotie avérée. On le voit bien dans l'exemple ci-dessus : l'enfant né en France est français, alors que ses parents ne le sont pas, et sont donc expulsables. Mais comme une certaine jusrisprudence non officielle interdit l'expulsion de ces parents-là, ils deviennent de facto ce que l'on nomme habituellement des "sans papiers", c'est à dire des êtres humains sans aucun droit sur un territoire national où ils ne sont que tolérés.
Ce système est totalement ridicule. Si l'on tient absolument à ce "droit du sol", alors il faut régulariser systématiquement les parents d'enfants né en France. Inutile cependant de dire que je suis totalement contre cette hypothèse, et qu'à l'inverse je trouverais totalement naturel et normal d'en revenir au droit du sang : est français tout enfant né de parents (ou au minimum d'un parent) français. Sont étrangers par définition tous les autres. Et sont expulsables les enfants de parents expulsables.
L'immigration est un vaste problème dont j'ai déjà eu l'occaion de parler à plusieurs reprises. Je n'y reviendrai pas en détails. Mais il reste qu'on ne peut pas accepter, fût-ce au nom des Droits de l'Homme, d'accepter tout le monde et n'importe qui sans considérations ni culturelles ni économiques d'aucune sorte. Et encore moins d'accorder la nationalité française sans plus de discernements.
Ca ne signifie pas qu'il faille rejeter à la mer tous ceux qui arrivent clandestinement sans chercher à comprendre. Mais tout individu qui ne craint pas pour sa vie dans son pays d'origine et qui ne réunit pas les critères minimums nécessaires à une intégration réussie dans la société française, y compris d'abord sa propre volonté de s'intégrer, et y compris ensuite sa suffisance économique, a vocation à se voir refuser tout titre de séjour permanent. Et ses enfants tout comme lui, c'est une évidence.
Mais est-ce vraiment évident pour tout le monde ?...
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lundi 25 janvier 2010
Le gouvernement des juges
Je vais juste reproduire ici le courriel que j'ai reçu ce matin d'un ami, et la réponse que je lui ai expédiée. Après les avoir relus l'un et l'autre, j'ai pensé qu'il serait intéressant de les publier ici.
Pardon pour le style et, peut-être même, certaines fautes de syntaxe. Ce texte n'était pas destiné à constituer un billet sur ce blog.
De Claude à René, le 25 janvier 2010 :
Pardon pour le style et, peut-être même, certaines fautes de syntaxe. Ce texte n'était pas destiné à constituer un billet sur ce blog.
De Claude à René, le 25 janvier 2010 :
"Scandale.De René à Claude, le même jour :
125 réfugiés découverts sur une plage Corse. On les répartit sur le continent ???? Pourquoi ne pas les laisser sur place en attendant. Une fois en France. Avis d’expulsion !!!!
On abroge l’avis d’expulsion pour erreur de procédure !!!! Merci les juges et leur indépendance exacerbé (Ils n’avaient pas autant de scrupules et de manques de discernement pendant le procès d’Outreau ce qui aurait due au moins leur montrer leurs limites)
On se fout de la gueule des gens. Qui sont les gens qui on fait des erreurs sur les procédures ? Que sont tous ces humanitaires de merde qui lisent les procédures et les comprennent pour qu’on se récupère ces mecs. Qui sont ces fonctionnaires qui n’arrivent pas à maitriser les procédures ? Pourquoi n’établissons pas la liste de ces bons à rien qu’il faudrait foutre à la porte.
Y’en a plein le cul. La France ou plutôt une partie de sa population œuvre pour la destruction du pays.
A prendre au premier degré."
"Je suis totalement d’accord avec toi ! C’est un véritable scandale : à croire qu’on le fait exprès.Si j'avais prémédité un billet structuré, j'aurais sans doute employé un langage plus châtié. Mais je n'enlève rien à ce que j'ai écrit à mon ami. Peut-être vais-je susciter une vive discussion avec cette publication un peu "sauvage". Tant mieux si c'est le cas...
D’abord, il est inconcevable que l’administration soit incapable de suivre à la lettre les procédures légales. Il ne m’étonnerait pas du tout que les fonctionnaires concernés l’aient fait sciemment pour des raisons politiciennes (pas l’administration en tant que telle, mais les fonctionnaires de police à titre personnel).
Ensuite, on vit de plus de plus sous le régime du « gouvernement des juges ». Les magistrats ne se sentent plus pisser, et comme parallèlement c’est pour la plupart une horde de gauchistes, ils n’en ratent pas une pour s’opposer à la politique du gouvernement.
Tout ça est totalement inadmissible, et tu as raison de dire que c’est une véritable entreprise de destruction du pays. « On » organise le démantèlement de la France telle qu’on la connaissait jusqu’il y a peu, et telle qu’on l’aime.
Il faut dire que quand un ministre de la République se permet de dire que la France n’est pas un peuple, mais la juxtaposition de peuples différents qui veulent vivre ensemble, et quand de surcroît ce ministre est celui qui organise un débat sur, justement, l’identité nationale, on peut s’attendre au pire…
Ce pays est foutu si on continue de laisser faire tous ces jeanfoutres pour qui le « pays des Droits de l’Homme » devrait devenir, en tant que tel, une nouvelle tour de Babel où tous les paumés de la terre se donneraient rendez-vous pour vivre à nos crochets. Et c’est bien la position avouée, même s’ils ne le disent pas comme ça, de tous ces altermondialistes et autres abrutis notoires qui ne cessent de prétendre que nous devrions laisser entrer ici toute la misère du monde. Les mêmes qui seront les premiers à hurler quand il faudra augmenter leurs impôts pour payer à bouffer à tous ces va-nu-pieds qu’on est sensé accepter sans sourciller sur notre glorieuse « terre d’accueil ».
Je suis conscient que je m’adresse ici à un fils ou petit-fils (?) d’immigré, mais je sais aussi qu’il est bien d’accord avec moi sur le fait que l’immigration n’est acceptable que dans la mesure où les conditions de l’intégration des arrivants sont réunies, ce qui n’est manifestement pas le cas quand on a affaire à des clandestins qui, par définition, n’ont et ne peuvent avoir aucun projet sérieux, et n’arrivent ici qu’attirés par le « miroir aux alouettes » que notre Occident représente vu de loin. Nous n’avons rien à leur offrir, et ils n’ont rien à nous proposer. Les accepter ici, c’est en faire des malheureux de plus, ajoutés à ceux que l’on a déjà, et que nous ne sommes déjà pas capables de sortir de leurs mauvaises conditions de vie.
Les vagues d’immigrations passées ont été réussies du fait que nous avions besoin des immigrants, et que ces immigrants répondaient à nos besoins. Aujourd’hui, nous avons sans doute encore certains besoins, mais pas ceux-là. Les accepter ici, c’est leur donner de faux espoirs tout en compliquant encore un peu plus le sort de nos propres « défavorisés ». C’est une évidente connerie…
L’immigration choisie est sans aucun doute la seule acceptable. Pas l’immigration sauvage. Et encore moins l’immigration clandestine…
Et quand ce sont les fonctionnaires chargés des contrôles aux frontières, aidés en cela par les juges chargés du respect de la loi républicaine, qui organisent objectivement la chienlit, on ne peut que s’attendre au pire. Et je comprends totalement ton coup de gueule, auquel je m’associe sans aucune retenue.
A bientôt.
René"
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immigration
jeudi 7 janvier 2010
Pour des quotas d'intelligence et d'honnêteté intellectuelle
C'est la polémique du moment, alimentée par une "petite phrase" de Valérie Pécresse lors d'une conférence à Sciences po en novembre dernier. La ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche a évoqué comme objectif de fixer un quota de 30% d'élèves boursiers dans les grandes écoles.
La Conférence des Grandes Ecoles (CGE) a immédiatement réagi en s'opposant catégoriquement à cette idée au nom de l'égalité républicaine.
Depuis cette publication, les réactions sont nombreuses. Luc Chatel, ministre de l'Education Nationale et porte-parole du gouvernement, se dit "profondément choqué", Richard Descoings, directeur de Sciences po Paris, a dénoncé une « réaction antisociale dans toute sa franchise ». J'en passe et des meilleures...
Et pourtant...
Et pourtant, beaucoup de ceux qui hurlent au scandale et qui vilipendent la CGE pour sa prise de position ne cessent d'avoir à la bouche cette sacro-sainte égalité des chances dont je parlais il y a peu encore comme d'une ineptie conceptuelle.
Et pourtant, qui serait assez aveugle pour ne pas admettre de bonne foi que toutes les politiques de quotas qui ont été expérimentées jusqu'ici ont échoué ?
Et pourtant, qui pourrait être assez sot pour ne pas se rendre compte, même s'il est pour certains honteux de la reconnaître, de la dégradation du niveau qu'a engendré, par exemple, ce quota qu'avait fixé comme objectif un certain Jack Lang à son époque, quota de 80% de bacheliers au sortir du secondaire ?
Et pourtant, qui pourrait de bonne foi nier que la sélection à l'entrée d'un système éducatif quelconque doit se faire sur des critères de niveau de connaissances, et non de niveau social ? Il est vrai que cette notion même de sélection est rejetée dogmatiquement par une écrasante majorité à gauche, et donc, mécaniquement, par le système éducatif tout entier...
Et pourtant, où est cet esprit ségrégationniste reproché à la CGE dans sa prise de position ? Où figure, dans le texte qu'elle a publié, cette réaction antisociale qu'on lui reproche ? Faut-il, pour comprendre le procès qui lui est fait, admettre que ses détracteurs sont incapables de comprendre ce qu'ils lisent ? Un comble pour des personnes qui ont, pour la plupart, la charge de l'éducation et de la formation de nos enfants...
Car enfin, la CGE s'est-elle insugée contre le fait d'admettre 30% d'élèves boursiers dans ses rangs ? La CGE a-t-elle prétendu que les boursiers étaient par nature moins intelligents ou moins doués que les autres ? Que nenni. Mais ça en arrange bien certains de faire une telle analyse. Quand on veut noyer son chien...
Inutile de dire que je suis absolument opposé à toute idée de quotas de quelque nature que ce soit à l'entrée des grandes écoles, comme d'ailleurs à l'entrée de quoi que ce soit. Non pas que je sois contre la présence d'élèves issus de "milieux défavorisés" dans les futures élites de la Nation. Non pas que je considère que ces élèves-là sont automatiquement moins valables que les autres. Non pas que je me vautre dans je-ne-sais quelle discrimination sociale, ni dans quelque élistisme que ce soit.
Non, je suis totalement convaincu que par nature le fils d'un ouvrier ou le fils d'un cadre supérieur ont très exactement les mêmes chances d'avoir les neuronnes qu'il faut pour diriger une entreprise ou même diriger la France, de même qu'ils ont, toujours par nature, très exactement les mêmes risques d'être de sombres crétins, et sur les bancs de HEC ou de Sciences po, des cancres congénitaux et irréductibles.
Mais personne ne me fera admettre que les portes d'une école prestigieuse dont les élèves sont appelés à devenir les décideurs de demain doivent s'ouvrir par priorité, même pour une seule partie d'entre eux, à des étudiants dont le seul mérite serait d'être socialement inférieurs aux autres, et bénéficiaires à ce titre des subisdes de l'Etat. Personne ne me fera admettre que les critères d'admission soient autres que le niveau intellectuel, le niveau de formation, et un niveau de capacités suffisants pour assimiler les programmes de formation de haut vol dispensés par cette école-là, sans risquer par leur seule présence de gêner le cursus de ceux qui, justement, possèdent le niveau requis.
Car enfin, il n'est pas question de dire qu'un boursier est par définition moins bon que les autres, mais bien d'affirmer que sa qualité de boursier ne lui apporte aucunement les capacités requises. Il ne s'agit pas de dire "non" à leur admission, mais de leur appliquer les mêmes contraintes qu'aux autres pour y parvenir, en termes de prérequis. Ce qui exclut dès l'abord toute idée de concours parallèles destinés aux uns et aux autres.
Or, fixer a priori un quota de 30%, c'est décider par avance qu'on admettra si nécessaire des étudiants qui n'ont pas les compétences requises sous le seul prétexte qu'ils sont boursiers. Non seulement il s'agirait d'une injustice flagrante, mais encore, le nombre de places n'étant pas extensible à l'envi, cela conduirait à exclure un certain nombre de candidats parfaitement capables d'être reçus, mais qui auraient "l'infortune" d'être issus d'un milieu social un peu plus aisé que la moyenne. Quel bel exemple de "justice sociale", n'est-ce pas ? Quel modèle de mise en oeuvre de "l'égalité des chances" !
La vérité, c'est que nous baignons dans une société idéologue où nos dirigeants comme certains de nos éminents penseurs ont pour principe de base de fouler aux pieds, au nom d'une conception dévoyée de l'égalité, cette belle idée d'équité chère à Benjamin Constant. Dans sa devise, qui était rappelons-le "Liberté, Egalité, Equité", la République l'a remplacée par la fraternité, une idée tout autant oubliée du reste depuis, même si certains la clament et l'acclament à des fins carriéristes... Je ne doute pas pour ma part que de tels accès de démagogie (je parle ici des quotas) n'ont qu'un but tout aussi carriériste de la part de leurs auteurs.
Ceux qui s'accrochent bec et ongles à un tel système de quotas seraient-ils d'accord avec moi pour que soit institué un quota de 30% minimum de gens intelligents et intellectuellement honnêtes parmi nos soi-disant élites ? Il est vrai qu'on peut se demander à qui on pourrait valablement confier la charge de contrôler leur niveau de ces deux qualités pourtant essentielles...
La Conférence des Grandes Ecoles (CGE) a immédiatement réagi en s'opposant catégoriquement à cette idée au nom de l'égalité républicaine.
Depuis cette publication, les réactions sont nombreuses. Luc Chatel, ministre de l'Education Nationale et porte-parole du gouvernement, se dit "profondément choqué", Richard Descoings, directeur de Sciences po Paris, a dénoncé une « réaction antisociale dans toute sa franchise ». J'en passe et des meilleures...
Et pourtant...
Et pourtant, beaucoup de ceux qui hurlent au scandale et qui vilipendent la CGE pour sa prise de position ne cessent d'avoir à la bouche cette sacro-sainte égalité des chances dont je parlais il y a peu encore comme d'une ineptie conceptuelle.
Et pourtant, qui serait assez aveugle pour ne pas admettre de bonne foi que toutes les politiques de quotas qui ont été expérimentées jusqu'ici ont échoué ?
Et pourtant, qui pourrait être assez sot pour ne pas se rendre compte, même s'il est pour certains honteux de la reconnaître, de la dégradation du niveau qu'a engendré, par exemple, ce quota qu'avait fixé comme objectif un certain Jack Lang à son époque, quota de 80% de bacheliers au sortir du secondaire ?
Et pourtant, qui pourrait de bonne foi nier que la sélection à l'entrée d'un système éducatif quelconque doit se faire sur des critères de niveau de connaissances, et non de niveau social ? Il est vrai que cette notion même de sélection est rejetée dogmatiquement par une écrasante majorité à gauche, et donc, mécaniquement, par le système éducatif tout entier...
Et pourtant, où est cet esprit ségrégationniste reproché à la CGE dans sa prise de position ? Où figure, dans le texte qu'elle a publié, cette réaction antisociale qu'on lui reproche ? Faut-il, pour comprendre le procès qui lui est fait, admettre que ses détracteurs sont incapables de comprendre ce qu'ils lisent ? Un comble pour des personnes qui ont, pour la plupart, la charge de l'éducation et de la formation de nos enfants...
Car enfin, la CGE s'est-elle insugée contre le fait d'admettre 30% d'élèves boursiers dans ses rangs ? La CGE a-t-elle prétendu que les boursiers étaient par nature moins intelligents ou moins doués que les autres ? Que nenni. Mais ça en arrange bien certains de faire une telle analyse. Quand on veut noyer son chien...
Inutile de dire que je suis absolument opposé à toute idée de quotas de quelque nature que ce soit à l'entrée des grandes écoles, comme d'ailleurs à l'entrée de quoi que ce soit. Non pas que je sois contre la présence d'élèves issus de "milieux défavorisés" dans les futures élites de la Nation. Non pas que je considère que ces élèves-là sont automatiquement moins valables que les autres. Non pas que je me vautre dans je-ne-sais quelle discrimination sociale, ni dans quelque élistisme que ce soit.
Non, je suis totalement convaincu que par nature le fils d'un ouvrier ou le fils d'un cadre supérieur ont très exactement les mêmes chances d'avoir les neuronnes qu'il faut pour diriger une entreprise ou même diriger la France, de même qu'ils ont, toujours par nature, très exactement les mêmes risques d'être de sombres crétins, et sur les bancs de HEC ou de Sciences po, des cancres congénitaux et irréductibles.
Mais personne ne me fera admettre que les portes d'une école prestigieuse dont les élèves sont appelés à devenir les décideurs de demain doivent s'ouvrir par priorité, même pour une seule partie d'entre eux, à des étudiants dont le seul mérite serait d'être socialement inférieurs aux autres, et bénéficiaires à ce titre des subisdes de l'Etat. Personne ne me fera admettre que les critères d'admission soient autres que le niveau intellectuel, le niveau de formation, et un niveau de capacités suffisants pour assimiler les programmes de formation de haut vol dispensés par cette école-là, sans risquer par leur seule présence de gêner le cursus de ceux qui, justement, possèdent le niveau requis.
Car enfin, il n'est pas question de dire qu'un boursier est par définition moins bon que les autres, mais bien d'affirmer que sa qualité de boursier ne lui apporte aucunement les capacités requises. Il ne s'agit pas de dire "non" à leur admission, mais de leur appliquer les mêmes contraintes qu'aux autres pour y parvenir, en termes de prérequis. Ce qui exclut dès l'abord toute idée de concours parallèles destinés aux uns et aux autres.
Or, fixer a priori un quota de 30%, c'est décider par avance qu'on admettra si nécessaire des étudiants qui n'ont pas les compétences requises sous le seul prétexte qu'ils sont boursiers. Non seulement il s'agirait d'une injustice flagrante, mais encore, le nombre de places n'étant pas extensible à l'envi, cela conduirait à exclure un certain nombre de candidats parfaitement capables d'être reçus, mais qui auraient "l'infortune" d'être issus d'un milieu social un peu plus aisé que la moyenne. Quel bel exemple de "justice sociale", n'est-ce pas ? Quel modèle de mise en oeuvre de "l'égalité des chances" !
La vérité, c'est que nous baignons dans une société idéologue où nos dirigeants comme certains de nos éminents penseurs ont pour principe de base de fouler aux pieds, au nom d'une conception dévoyée de l'égalité, cette belle idée d'équité chère à Benjamin Constant. Dans sa devise, qui était rappelons-le "Liberté, Egalité, Equité", la République l'a remplacée par la fraternité, une idée tout autant oubliée du reste depuis, même si certains la clament et l'acclament à des fins carriéristes... Je ne doute pas pour ma part que de tels accès de démagogie (je parle ici des quotas) n'ont qu'un but tout aussi carriériste de la part de leurs auteurs.
Ceux qui s'accrochent bec et ongles à un tel système de quotas seraient-ils d'accord avec moi pour que soit institué un quota de 30% minimum de gens intelligents et intellectuellement honnêtes parmi nos soi-disant élites ? Il est vrai qu'on peut se demander à qui on pourrait valablement confier la charge de contrôler leur niveau de ces deux qualités pourtant essentielles...
mardi 29 décembre 2009
Etat providence et égalité des chances
Nous avons eu le 9 décembre, à Lille, notre septième édition de la République des Blogs. Cette réunion mensuelle régionale, que je tente de relancer depuis janvier 2009 avec, entre autres, l'aide d'Aymeric et du Chafouin, concerne essentiellement les blogueurs à vocation politique du Nord-Pas de Calais.
Cette belle région, que j'ai adoptée (et réciproquement) depuis 2004, a, comme l'on dit, "le coeur à gauche", ce qui me permet chaque mois de dialoguer et d'échanger avec, donc, une majorité d'interlocuteurs dont le libéralisme n'est pas le trait dominant de leurs convictions, loin s'en faut. Au point qu'Aymeric et moi faisons chaque fois figure d'exception dans cette micro-blogosphère locale...
Entre gens intelligents et à l'esprit ouvert, ça ne pose généralement pas de gros problèmes, et je n'ai aucun souvenir d'une quelconque animosité autour de notre table, même si les participants manifestent quelquefois leurs différences avec force véhémence. Au contraire, de la confrontation d'idées opposées naissent quelquefois des remises en question qui ne manquent pas d'intérêt.
Et c'est de l'un de ces échanges que m'est venue la réflexion que je voudrais livrer ici aujourd'hui.
J'avais lancé une réplique un peu acerbe, comme celles qui me viennent assez souvent de manière spontanée quand un sujet qui me tient à coeur vient à être évoqué, et Marc Prévost a repris la balle au bond, du ton calme et appaisé qu'il affectionne, pour m'expliquer que l'idée de l'Etat Providence était née, me disait-il, du fait que beaucoup de nécessiteux de l'entre-deux guerres n'avaient versé dans l'extrémisme qu'en réaction à leur pauvreté. Et cet Etat Providence aurait donc été la solution qui aurait été trouvée pour éviter que cela ne se reproduise. Schématiquement, on aurait bâti une société d'assistés pour se prémunir d'une société d'extrémistes. C'est en tout cas comme ça que j'ai interprêté le propos de Marc.
Sur le moment, j'ai continué à défendre ma vision libérale de la société sans plus m'appesantir sur l'idée qu'il avait ainsi avancée, mais sans le savoir et sans que je m'en sois rendu compte immédiatement, il avait fait mouche... Et depuis ce soir-là, ses propos me sont souvent revenus en mémoire et ont provoqué en moi une intense réflexion.
Cette vision des choses, telle qu'il me l'avait présentée, je ne l'ai jamais rencontrée dans aucun livre d'histoire, ni aucun traité de sociologie ou d'économie politique, mais je dois bien admettre que l'hypothèse en est crédible, et plutôt que de chercher à la réfuter ou à l'accréditer, il m'a semblé plus intéressant d'en analyser le fondement et les conséquences.
Parallèlement, j'ai lu chez Lomig, puis chez Criticus qui l'a commenté, deux articles sur l'égalité des chances qui sont venus alimenter ma réflexion. Au prime abord, on peut sans doute se demander quel rapport il y a entre les deux notions. Je vais essayer de l'expliquer.
Et si on me le permet je vais, une fois n'est pas coutume, commencer par la fin. Cette notion d'égalité des chances, si généreuse soit-elle, est tout bonnement une hérésie. Tout comme l'est la notion d'égalité tout court : les hommes naissent libres et égaux en droits spécifie l'article premier de la Déclaration des Droits de l'Homme, mais il ne faut surtout pas escamoter les deux derniers mots de cette sentence, au risque de proférer une ineptie.
L'idée d'une égalité de tous les hommes sur cette terre est un sophisme. Aucun système, aucune réglementation, aucun montage économique, ne seront jamais capables d'organiser cette égalité-là, tant les individus sont différents par nature, avant même d'être différents socialement. Il vient au monde à chaque instant des imbéciles et des génies, des beaux et des laids, des riches et des pauvres, autant d'individus aussi respectables les uns que les autres a priori, mais qui, par nature je le répète, ne sont et ne peuvent pas être strictement égaux, quels que soient les lois ou les montages systémiques que l'on imagine pour les y faire parvenir.
L'égalité, celle qui est au fronton de nos édifices républicains, est donc bien une égalité de droits et surtout pas une égalité de fait parfaitement utopique. Il est donc tout à fait superfétatoire de prétendre que la société devrait être conçue de manière à respecter une égalité des citoyens qui ne peut pas exister.
Quid de l'égalité des chances, maintenant ? Eh bien cette idée n'est pas moins captieuse que la première. Si vous prenez deux individus différents (et ils le sont par nature), avec donc des atouts inégaux, et donc des chances inégales de parvenir à leurs buts, et que vous décidez a priori qu'ils doivent in fine avoir des chances identiques de réussite, cela signifie comme une lapalissade que vous allez gommer leurs différences, et donc ôter quelques atouts à l'un pour les donner à l'autre, favoriser artificiellement le moins doué en portant un préjudice certain à l'autre, surtout s'ils sont en concurrence. Or, la concurrence est l'expression même de la loi naturelle. Cette démarche a donc, par nature, une connotation totalitaire insupportable pour un démocrate.
Comme on le voit, que ce soit l'égalité stricte, ou même la seule égalité des chances, ces deux notions n'ont aucun sens en elles-mêmes, et conduisent à des comportements dictatoriaux quand on s'obstine malgré celà à les mettre en oeuvre.
Ce qu'il est important de garantir, par contre, c'est bien l'égalité de droits entre les citoyens, égalité de droits qui est justement bafouée par cet Etat Providence dont je commençais à parler plus haut.
Mais pour être précis, il faut commencer par définir ce que j'appelle ici Etat Providence. C'est ce magma informe d'aides redistributives instaurées depuis des décennies et qui conduisent à spolier les uns (réputés les plus riches et par conséquent les plus chanceux) pour distribuer aux autres (réputés les plus démunis et donc les plus malchanceux).
Premier défaut, les "chanceux" (prononcez aussi bien "priviligiés" ou bien "nantis") sont beaucoup moins nombreux que les autres (qu'on appelle les "pauvres" ou les "déshérérités", ou encore "les plus démunis"). Par conséquent, il faut prendre beaucoup aux premiers pour donner très peu aux seconds.
Deuxième défaut du système, on ne s'arrête pas à distribuer aux plus démunis cités plus haut, mais on "arrose" copieusement tous ceux dont la condition se situe en-dessous d'un seuil théorique que l'on fixe arbitrairement, et dont le niveau fluctue au fil du temps, toujours à la hausse. De ce fait, les bénéficiaires de ces allocations redistributives sont de plus en plus nombreux, et pour équilibrer le système c'est un nombre également de plus en plus important de citoyens qui sont mis à contribution, très loin d'être limité aux seuls nantis visés initialement. De fil en aiguille, en en arrive à un paradoxe où les bénéficiaires des aides sociales sont souvent mieux armés face à l'adversité que ceux qui les financent...
Troisième défaut enfin (ou plutôt c'est moi qui m'arrêterai là : il y en a bien d'autres), le principe même de cet Etat Providence induit dans la longueur un état d'esprit, un comportement, des habitudes, qui inhibent le moteur naturel du progrès humain, à savoir les notions de mérite, de fruit de l'effort, de responsabilité quant à son devenir. Je le disais en introduction, l'Etat Providence produit une société d'assistés, incompatible avec le progrès individuel et collectif. Car ce n'est que l'effort, le travail et la production de richesses qui peuvent permettre ce progrès. Si, au contraire, chacun s'attend à voir sa subsistance assurée par une entité supérieure (qu'on appellerait l'Etat), et même avant d'accuser qui que ce soit de paresse, c'est tout naturellement qu'il cesse de se considérer responsable de lui-même et que l'aide de la société devient indispensable dans tous les domaines, ce qui n'est tout simplement pas viable. L'assistanat est, par essence, un système qui mène droit à la faillite.
Quel plus bel exemple de tentative d'égalisation des chances de chacun, que cet imbroglio de prélèvements autoritaires sur les uns et de saupoudrage inutile sur les autres ? Et quel plus bel exemple de faillite, quand, malgré un déséquilibre financier abyssal, ce même système n'aboutit qu'à des inégalités aggravées, où même certains de ceux qui ont un emploi, et qui donc participent activement au financement bancal de l'édifice, se retrouvent à partager les trottoirs de l'infortune avec les plus démunis de ceux à qui ces aides sont destinées mais qui n'y trouvent même pas matière à vivre dignement ?
Etat Providence, Egalité des chances, deux concepts qui s'entrecroisent et qui se contredisent. La faillite imparable du premier conduit inévitablement à la négation du second.
En laissant intact à chacun le fruit de son effort, en n'essayant pas d'influer indûment et inutilement sur la liberté de chaque citoyen, en cessant de décider pour ses sujets de ce qui est bon pour eux, en cessant de les considérer comme des mineurs incapables de veiller par eux-mêmes à leur destin et à leurs intérêts, le nouveau Souverain qu'est devenu l'Etat Républicain, de moins en moins démocrate et de plus en plus dirigiste, serait mieux inspiré et remplirait mieux sa mission protectrice qu'en intervenant autoritairement dans tous les domaines où il n'a aucune légitimité.
En captant une part de plus en plus importante de la production de richesses, ce Souverain là ne fait qu'amenuiser les chances des plus faibles de trouver l'emploi qui leur revient dans le concert de l'économie. En prétendant les aider, il crée les conditions de leur infortune.
Quand par un soi-disant souci d'Egalité, on en vient à détruire la Liberté, comment espérer la Fraternité ? Il ne suffit pas d'écrire une devise au fronton des Palais de la République pour qu'elle devienne réalité. Encore faut-il être capable de lui donner vie...
Cette belle région, que j'ai adoptée (et réciproquement) depuis 2004, a, comme l'on dit, "le coeur à gauche", ce qui me permet chaque mois de dialoguer et d'échanger avec, donc, une majorité d'interlocuteurs dont le libéralisme n'est pas le trait dominant de leurs convictions, loin s'en faut. Au point qu'Aymeric et moi faisons chaque fois figure d'exception dans cette micro-blogosphère locale...
Entre gens intelligents et à l'esprit ouvert, ça ne pose généralement pas de gros problèmes, et je n'ai aucun souvenir d'une quelconque animosité autour de notre table, même si les participants manifestent quelquefois leurs différences avec force véhémence. Au contraire, de la confrontation d'idées opposées naissent quelquefois des remises en question qui ne manquent pas d'intérêt.
Et c'est de l'un de ces échanges que m'est venue la réflexion que je voudrais livrer ici aujourd'hui.
J'avais lancé une réplique un peu acerbe, comme celles qui me viennent assez souvent de manière spontanée quand un sujet qui me tient à coeur vient à être évoqué, et Marc Prévost a repris la balle au bond, du ton calme et appaisé qu'il affectionne, pour m'expliquer que l'idée de l'Etat Providence était née, me disait-il, du fait que beaucoup de nécessiteux de l'entre-deux guerres n'avaient versé dans l'extrémisme qu'en réaction à leur pauvreté. Et cet Etat Providence aurait donc été la solution qui aurait été trouvée pour éviter que cela ne se reproduise. Schématiquement, on aurait bâti une société d'assistés pour se prémunir d'une société d'extrémistes. C'est en tout cas comme ça que j'ai interprêté le propos de Marc.
Sur le moment, j'ai continué à défendre ma vision libérale de la société sans plus m'appesantir sur l'idée qu'il avait ainsi avancée, mais sans le savoir et sans que je m'en sois rendu compte immédiatement, il avait fait mouche... Et depuis ce soir-là, ses propos me sont souvent revenus en mémoire et ont provoqué en moi une intense réflexion.
Cette vision des choses, telle qu'il me l'avait présentée, je ne l'ai jamais rencontrée dans aucun livre d'histoire, ni aucun traité de sociologie ou d'économie politique, mais je dois bien admettre que l'hypothèse en est crédible, et plutôt que de chercher à la réfuter ou à l'accréditer, il m'a semblé plus intéressant d'en analyser le fondement et les conséquences.
Parallèlement, j'ai lu chez Lomig, puis chez Criticus qui l'a commenté, deux articles sur l'égalité des chances qui sont venus alimenter ma réflexion. Au prime abord, on peut sans doute se demander quel rapport il y a entre les deux notions. Je vais essayer de l'expliquer.
Et si on me le permet je vais, une fois n'est pas coutume, commencer par la fin. Cette notion d'égalité des chances, si généreuse soit-elle, est tout bonnement une hérésie. Tout comme l'est la notion d'égalité tout court : les hommes naissent libres et égaux en droits spécifie l'article premier de la Déclaration des Droits de l'Homme, mais il ne faut surtout pas escamoter les deux derniers mots de cette sentence, au risque de proférer une ineptie.
L'idée d'une égalité de tous les hommes sur cette terre est un sophisme. Aucun système, aucune réglementation, aucun montage économique, ne seront jamais capables d'organiser cette égalité-là, tant les individus sont différents par nature, avant même d'être différents socialement. Il vient au monde à chaque instant des imbéciles et des génies, des beaux et des laids, des riches et des pauvres, autant d'individus aussi respectables les uns que les autres a priori, mais qui, par nature je le répète, ne sont et ne peuvent pas être strictement égaux, quels que soient les lois ou les montages systémiques que l'on imagine pour les y faire parvenir.
L'égalité, celle qui est au fronton de nos édifices républicains, est donc bien une égalité de droits et surtout pas une égalité de fait parfaitement utopique. Il est donc tout à fait superfétatoire de prétendre que la société devrait être conçue de manière à respecter une égalité des citoyens qui ne peut pas exister.
Quid de l'égalité des chances, maintenant ? Eh bien cette idée n'est pas moins captieuse que la première. Si vous prenez deux individus différents (et ils le sont par nature), avec donc des atouts inégaux, et donc des chances inégales de parvenir à leurs buts, et que vous décidez a priori qu'ils doivent in fine avoir des chances identiques de réussite, cela signifie comme une lapalissade que vous allez gommer leurs différences, et donc ôter quelques atouts à l'un pour les donner à l'autre, favoriser artificiellement le moins doué en portant un préjudice certain à l'autre, surtout s'ils sont en concurrence. Or, la concurrence est l'expression même de la loi naturelle. Cette démarche a donc, par nature, une connotation totalitaire insupportable pour un démocrate.
Comme on le voit, que ce soit l'égalité stricte, ou même la seule égalité des chances, ces deux notions n'ont aucun sens en elles-mêmes, et conduisent à des comportements dictatoriaux quand on s'obstine malgré celà à les mettre en oeuvre.
Ce qu'il est important de garantir, par contre, c'est bien l'égalité de droits entre les citoyens, égalité de droits qui est justement bafouée par cet Etat Providence dont je commençais à parler plus haut.
Mais pour être précis, il faut commencer par définir ce que j'appelle ici Etat Providence. C'est ce magma informe d'aides redistributives instaurées depuis des décennies et qui conduisent à spolier les uns (réputés les plus riches et par conséquent les plus chanceux) pour distribuer aux autres (réputés les plus démunis et donc les plus malchanceux).
Premier défaut, les "chanceux" (prononcez aussi bien "priviligiés" ou bien "nantis") sont beaucoup moins nombreux que les autres (qu'on appelle les "pauvres" ou les "déshérérités", ou encore "les plus démunis"). Par conséquent, il faut prendre beaucoup aux premiers pour donner très peu aux seconds.
Deuxième défaut du système, on ne s'arrête pas à distribuer aux plus démunis cités plus haut, mais on "arrose" copieusement tous ceux dont la condition se situe en-dessous d'un seuil théorique que l'on fixe arbitrairement, et dont le niveau fluctue au fil du temps, toujours à la hausse. De ce fait, les bénéficiaires de ces allocations redistributives sont de plus en plus nombreux, et pour équilibrer le système c'est un nombre également de plus en plus important de citoyens qui sont mis à contribution, très loin d'être limité aux seuls nantis visés initialement. De fil en aiguille, en en arrive à un paradoxe où les bénéficiaires des aides sociales sont souvent mieux armés face à l'adversité que ceux qui les financent...
Troisième défaut enfin (ou plutôt c'est moi qui m'arrêterai là : il y en a bien d'autres), le principe même de cet Etat Providence induit dans la longueur un état d'esprit, un comportement, des habitudes, qui inhibent le moteur naturel du progrès humain, à savoir les notions de mérite, de fruit de l'effort, de responsabilité quant à son devenir. Je le disais en introduction, l'Etat Providence produit une société d'assistés, incompatible avec le progrès individuel et collectif. Car ce n'est que l'effort, le travail et la production de richesses qui peuvent permettre ce progrès. Si, au contraire, chacun s'attend à voir sa subsistance assurée par une entité supérieure (qu'on appellerait l'Etat), et même avant d'accuser qui que ce soit de paresse, c'est tout naturellement qu'il cesse de se considérer responsable de lui-même et que l'aide de la société devient indispensable dans tous les domaines, ce qui n'est tout simplement pas viable. L'assistanat est, par essence, un système qui mène droit à la faillite.
Quel plus bel exemple de tentative d'égalisation des chances de chacun, que cet imbroglio de prélèvements autoritaires sur les uns et de saupoudrage inutile sur les autres ? Et quel plus bel exemple de faillite, quand, malgré un déséquilibre financier abyssal, ce même système n'aboutit qu'à des inégalités aggravées, où même certains de ceux qui ont un emploi, et qui donc participent activement au financement bancal de l'édifice, se retrouvent à partager les trottoirs de l'infortune avec les plus démunis de ceux à qui ces aides sont destinées mais qui n'y trouvent même pas matière à vivre dignement ?
Etat Providence, Egalité des chances, deux concepts qui s'entrecroisent et qui se contredisent. La faillite imparable du premier conduit inévitablement à la négation du second.
En laissant intact à chacun le fruit de son effort, en n'essayant pas d'influer indûment et inutilement sur la liberté de chaque citoyen, en cessant de décider pour ses sujets de ce qui est bon pour eux, en cessant de les considérer comme des mineurs incapables de veiller par eux-mêmes à leur destin et à leurs intérêts, le nouveau Souverain qu'est devenu l'Etat Républicain, de moins en moins démocrate et de plus en plus dirigiste, serait mieux inspiré et remplirait mieux sa mission protectrice qu'en intervenant autoritairement dans tous les domaines où il n'a aucune légitimité.
En captant une part de plus en plus importante de la production de richesses, ce Souverain là ne fait qu'amenuiser les chances des plus faibles de trouver l'emploi qui leur revient dans le concert de l'économie. En prétendant les aider, il crée les conditions de leur infortune.
Quand par un soi-disant souci d'Egalité, on en vient à détruire la Liberté, comment espérer la Fraternité ? Il ne suffit pas d'écrire une devise au fronton des Palais de la République pour qu'elle devienne réalité. Encore faut-il être capable de lui donner vie...
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