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samedi 18 juin 2011

A quelque chose malheur est bon

La crise grecque n'a finalement qu'un faible retentissement dans les colonnes des journaux, en dehors des titres spécialisés dans la finance. Ce dont parlent le plus souvent nos journaleux, ce sont des troubles. Pas de leur cause profonde.

De même sur le Net, et parmi les blogueurs, hormis quelques articles disparates et succincts sur le sujet, ce sont surtout les blogs spécialisés en économie, par exemple celui de notre ami Lupus, qui traitent sérieusement du problème.

Encore que ceux-là, et on ne leur en tiendra pas rigueur eu égard à leur spécialisation, s'arrêtent plus volontiers sur les aspects techniques de la crise, et notamment sur ses conséquences purement financières.

Pourtant, et à mes yeux, cet aspect de la crise n'est non seulement pas le seul, mais encore pas non plus le plus grave. Les difficultés de la Grèce devraient au contraire nous faire réfléchir beaucoup plus sur ses causes que sur ses conséquences, en ce sens que si nous ne subissons pas encore en France lesdites conséquences à un niveau comparable à celui que subissent les Grecs, nous avons à notre passif exactement les mêmes causes, que nous le reconnaissions ou non.

Je ne dis pas que nos gouvernants ont truqué les chiffres de notre budget comme l'ont fait les dirigeants grecs. Je ne dis pas non plus que cette tricherie que l'on reproche à Athènes n'est pas la cause directe de leurs difficultés actuelles. Certes, en affichant des chiffres meilleurs que la réalité, et en obtenant ainsi de l'Union Européenne et des banques une confiance imméritée et des largesses financières dont ils ne sont pas capables d'assumer la charge, ils ont créé les conditions de leur quasi faillite. Mais la cause véritable de cette banqueroute (j'emploie le mot à dessein) est ailleurs. Cette cause est systémique, et n'est malheureusement pas propre à la Grèce.

Et les développements de la crise grecque prévisibles dans un futur immédiat risquent bien de nous faire éclater la vérité au visage, même si nos dirigeants font tout pour nous la cacher, et pour "faire durer le plaisir" tant dans un but électoraliste (2012 oblige) que dans celui de conserver le plus longtemps possible un crédit que pourtant ils ne méritent plus depuis longtemps déjà...

Les difficultés économiques produisent, en Grèce comme partout, des difficultés sociales, encore aggravées par les mesures d'austérité qu'imposent les financeurs institutionnels pour accorder leur aide. C'est un véritable cercle vicieux : le déficit budgétaire et le coût exorbitant de son financement ralentissent l'économie, et influent donc très rapidement sur le pouvoir d'achat des citoyens, puis les aides internationales nécessaires sont conditionnées par des mesures de rigueur qui ralentissent encore un peu plus la machine, ce qui ampute un peu plus le pouvoir d'achat et qui crée un peu plus de nouveaux besoins de financement. Ajoutez à cela que plus la situation du pays est mauvaise, plus la confiance en ses capacités de remboursement diminue, et plus les taux d'intérêts augmentent, et donc plus la situation économique se dégrade, et donc plus l'austérité est nécessaire, et donc plus le pouvoir d'achat diminue, etc.. etc.. etc..

C'est la spirale infernale qui ne peut qu'entraîner des mouvements d'humeur de plus en plus importants, et des troubles sociaux de plus en plus graves. Les Grecs en sont là aujourd'hui. Ils refusent de continuer à voir leurs salaires, leurs retraites, et leurs diverses allocations, maigrir à vue d'oeil pour financer les déficits. C'est très exactement ce qui se passerait (ce qui se passera) en France dans les mêmes circonstances. Car les citoyens ne se sentent absolument pas responsables des déficits, de la dette, et encore moins de la situation désastreuse de l'économie.

Et pourtant...

Et pourtant, ces mêmes citoyens n'ont-ils pas, durant des décennies, non seulement accepté mais encore réclamé à cor et à cris, ces largesses dont leurs gouvernements successifs les ont arrosés à guichet ouvert ? N'ont-ils pas, durant des décennies, considéré que l'Etat devait subvenir à leurs besoins en toutes circonstances, payer pour leur santé, l'éducation de leurs enfants, pour reconstituer leur salaire perdu en cas de chômage ou de maladie, pour leur garantir une retraite ?

Et pourtant, n'ont-ils pas démissionné de leurs obligations naturelles en renvoyant sur l'Etat la charge de leurs responsabilités ? N'ont-ils pas trouvé tout à fait naturel que la collectivité, moyennant des taxes et des cotisations qu'ils trouvaient d'ailleurs toujours trop élevées, assume à leur place la charge des risques inhérents à la condition humaine ? Ne sont-ce pas ces mêmes citoyens qui ont construit, de revendications en crises sociales et en grèves à répétition, cet "Etat Providence" jamais assez généreux ?

Certes, ils ne sont pas les seuls responsables, et leurs dirigeants politiques ont, pendant des décennies eux aussi, eu la lâcheté de céder par démagogie, quand ce n'étaient pas ces dirigeants eux-mêmes qui, par idéologie, suscitaient un laxisme débridé. Certes, il ne faut pas dire que les Grecs d'aujourd'hui paient seulement les erreurs de leurs aînés, pas plus qu'il ne faut dire que les Français de demain ne paieront que les erreurs des Français d'hier et d'aujourd'hui. Les citoyens ne sont pas les seuls responsables, et leurs dirigeants passés et présents le sont pour une large part. Mais en démocratie, on a les dirigeants que l'on mérite. Le bulletin de vote est l'arme absolue dont ni les Grecs ni les Français (ni bien d'autres encore) n'ont su se servir à bon escient, et la faillite dans laquelle se trouvent leurs états aujourd'hui en est la conséquence directe.

Car il s'agit bien d'une faillite, ou plus exactement comme je l'ai dit plus haut, d'une banqueroute. La différence, c'est l'intention. Une banqueroute est une faillite intentionnelle. Et c'est tout à fait le cas. Que les peuples n'aient pas compris assez vite qu'ils couraient à leur perte peut se comprendre. Que leurs dirigeants aient fait preuve d'autant d'aveuglement n'est pas imaginable, et c'est sciemment qu'ils ont laissé leurs pays s'enfoncer dans les déficits. D'où je dis qu'il y a là une forme de naufrage intentionnel.

Mais l'important est de savoir comment nous pouvons nous en sortir. Et c'est là que je dis que l'on va très vite se rendre à l'évidence. La Grèce aujourd'hui, l'Italie, le Portugal, l'Irlande, l'Espagne (les fameux "PIIGS"), demain sans doute la France et quelques autres, ne s'en sortiront pas ! Le FMI, la Banque Mondiale, la Chine, que sais-je, n'y suffiront pas, et surtout refuseront d'investir à fonds perdus, je le prédis, dans des économies minées et vouées à la catastrophe. Le mal est trop profond. Les capacités de remboursement sont trop insuffisantes.

Les solutions ? Certains économistes vous diront que l'une d'elles consiste à faire de l'inflation. C'est déjà commencé, puisqu'on a autorisé, timidement pour l'instant, la Banque Centrale Européenne à racheter des "dettes souveraines", comme on les appelle. Qu'est-ce que ça signifie ? Ca signifie tout simplement qu'on imprime de la "monnaie de singe", ou si vous préférez de la fausse monnaie, pour payer les dettes ! La BCE va créer des euros qui ne reposent sur rien, sur aucune richesse produite, pour payer les créanciers des pays de la zone euro...

Mais même cette solution scélérate n'en est pas une ! Rappelons-nous la République de Weimar. Rappelons-nous ce qu'était devenu le mark allemand juste avant la deuxième guerre mondiale. Et rappelons-nous, d'ailleurs, que c'est justement cette inflation monstrueuse qui a été l'une des causes de la catastrophe. L'hyper-inflation, ça résout les problèmes de liquidité à très court terme. Mais très rapidement, non seulement les créanciers mais les clients (les autres pays, qui nous achètent nos produits) n'ont plus aucune confiance dans notre monnaie, et pour faire face il faut aggraver encore et encore l'inflation. C'est un cercle vicieux, qui mène inéluctablement à la faillite qu'on n'a eu que l'impression d'éviter un temps.

C'est bien pour ça que l'Allemagne, qui pour diverses raisons est dans une situation moins désastreuse que nous, rechigne à engager la BCE dans cette voie. Car au final, c'est l'Allemagne qui risque d'être le dindon de la farce, en subissant sans raison la dépréciation de la monnaie commune.

Et les conséquences de cette faillite probable sur les citoyens seront incommensurables. Ce que les Grecs dénoncent aujourd'hui n'est qu'un pâle aperçu de ce qu'ils devront subir quand l'Etat se trouvera en cessation de paiement. Et j'ai bien dit que la France ne vaut guère mieux. Il faut nous y préparer aussi...

Cet Etat Providence, qui nous a conduits à ces extrémités, va donc s'écrouler de lui-même, et c'est peut-être le seul aspect positif de l'affaire. Car ensuite, ceux qui rebâtiront sur nos ruines ne referont évidemment pas les mêmes erreurs, et le Phénix qui renaîtra de nos cendres a toutes les chances d'être assez prévenu pour laisser à l'individu la responsabilité de ses actes, pour ne pas dépenser sans compter des liquidités qui n'existent pas, et pour ne pas céder aux sirènes d'une collectivisation propre à cacher aux citoyens la réalité de ce qui est possible et de ce qui ne l'est pas...

Quand c'est l'Etat qui paie, c'est nous qui payons. Maintenant ou plus tard. Nos successeurs le sauront. A quelque chose malheur est bon...

vendredi 17 juin 2011

La régression intellectuelle de la France

C'est le titre du dernier ouvrage de Philippe Némo, philosophe de 62 ans et spécialiste incontesté de l'histoire des idées politiques. Au lendemain des épreuves de philo du bac, beaucoup tireraient avantage à le lire.

L'auteur fait notamment le tour des lois liberticides votées ces 40 dernières années, de la loi Pleven en 1972 à la création de la Halde en 2004, et des idées qui constituent le "politiquement correct" dans la société actuelle. Et il s'amuse à imaginer ce que pourrait être un manuel de formation des juges, si ladite formation n'était pas seulement le fait de l'Ecole Supérieure de la Magistrature (déjà passablement de taille à modeler leurs esprits dans le sens convenu), mais aussi de quelque organisme de "commissaires politiques".

A la lecture de cet essai, je n'ai pu m'empêcher de penser que nos journalistes eux non plus ne sont pas très distants de la philosophie qu'une formation de ce type engendrerait (ou simplement officialiserait ?) chez nos magistrats.

Dans l'extrait que je reprends ci-dessous, déjà paru dans un article du Cri sous la plume d'Alain Dumait,  personne ne pourra de bonne foi me contredire quand je dirai que la réalité des opinions majoritairement exprimées aujourd'hui y ressemblent à s'y méprendre :

"Il conviendra d’enseigner aux jeunes juges

1) que la « diversité » est désormais la norme en France, que la France n’a d’ailleurs jamais été autre chose qu’une « terre d’immigration », sans histoire propre et sans culture autochtone ;

2) que les nations ou même les civilisations sont dépassées, que le métissage universel, culturel aussi bien que racial, doit devenir la règle…;

3) que la colonisation n’a eu que des effets criminels et dramatiques pour les peuples concernés ;

4) que le mariage et la famille ne sont plus et n’auraient jamais dû être une norme sociale valide ;

5) qu’il n’y a aucune distinction morale ni sociale à faire entre l’hétérosexualité et l’homo-, la bi- et la trans-sexualité et que la généralisation de mœurs sexuelles et de comportements jadis tenus en marge est bonne et souhaitable et ne peut avoir aucun effet néfaste d’aucune sorte sur les psychologies individuelles ni sur l’équilibre social d’ensemble, d’où il résulte que toute affirmation du contraire menace l’ordre public  ;

6) que la Résistance en France a été le seul fait des communistes et de certains gaullistes (pas tous), qu’il n’y a eu à Vichy et dans la collaboration que des gens de droite, que le fait que Laval ait été un militant actif d’extrême-gauche pendant plus de vingt ans et que les chefs des partis pro-nazis français aient été Marcel Déat, ex-numéro 2 de la SFIO, et Jacques Doriot, ex-numéro 2 du Parti communiste, n’a aucune signification politique, idéologique, morale ou historique d’aucune sorte, d’où se déduit que seule la gauche est par nature hostile au nazisme et à tout ce qui lui ressemble, et que, par conséquent, le fait de lui être hostile légitime chez un prévenu un soupçon de fascisme, d’esprit de collaboration et en général de méchanceté et d’injustice…"

Ce pourrait être là le bréviaire d'une nouvelle Inquisition, et ce n'est malheureusement pas étranger à ce qu'on peut entendre et lire à longueur de temps dans nos médias, ni aux sous-entendus (quand ce n'est pas aux attendus) de nombreuses décisions de justice...

De là à dire que nous vivons de facto dans un régime inquisiteur, de fait si ce n'est totalement de droit, il n'y a qu'un pas. Oserais-je dire que je le franchis allègrement ?

Ecoutez ce qu'on vous montre; regardez ce qu'on vous dit; ne faites pas qu'entendre et voir mais analysez avant d'admettre; et vous vous rendrez compte que nous vivons déjà dans cette inquisition-là, et que nous sommes bel et bien en pleine régression intellectuelle.

Et ce n'est certes pas l'indifférence générale à la chose politique, et donc aux idéaux philosophiques, qui nous tirera du chaos où nous nous précipitons. Nos contemporains entendent sans écouter, mémorisent sans analyser, et finalement pensent sans réfléchir. Comme disait Georges Duhamel, "ils ouvrent le robinet et ils boivent". Ce qu'ils boivent est pollué et ils n'en ont même pas conscience. Quel "écologiste des idées" saura les alerter ? Philippe Némo peut-être ?...

mercredi 15 juin 2011

Qui aura le courage ?

Voilà plus d'un mois que je n'ai rien écrit ! Honte à moi ! "Shame on you" vont peut-être s'écrier en choeur, non pas une horde de femmes de ménages new-yorkaises adroitement téléguidées (je ne suis pas DSK, Dieu merci...), mais la horde non moins nombreuse (et pas du tout téléguidée) de mes fidèles lecteurs et lectrices.

Si je fais ainsi une brève allusion au "lapin agile" du FMI, c'est par pure dérision, devant l'avalanche médiatique désastreuse que nous avons dû subir à la suite des turpitudes pourtant totalement banales (bien que criminelles) de ce personnage, qui a failli être le candidat du PS aux prochaines présidentielles, voire selon certains sondages le vainqueur de ces pantalonnades annoncées...

Car enfin, il serait temps de sortir de ces sempiternels développements d'affaires qui n'ont somme toute aucun réel intérêt, et qui en tout cas n'ont rien à voir avec la politique au sens noble du mot (si ce mot conserve encore aujourd'hui quelque chose de noble ?). Et si nous constations enfin que les maux dont souffre la société française n'ont pas disparu avec cette affaire criminelle d'Outre Politique ? Et si nous nous intéressions enfin à l'avenir de la France, de la Société Française, des Citoyens Français, au travers de ce que devrait être la préoccupation majeure des médias comme du personnel dirigeant, j'ai nommé un projet de gouvernement ?

Tout le monde sait et ressasse que le vainqueur de 2012 sera un vainqueur par défaut. Que les gens vont voter (quand ils vont aller voter), non pour le candidat d'un parti, mais contre le candidat de l'autre bord. Tout le monde sait et dit que, soit on votera pour le candidat du PS pour évincer Sarkozy, soit on votera Sarkozy pour empêcher le candidat du PS de gagner. Sachant que la grande gagnante de ce marché de dupes, c'est Marine Le Pen, qui joue les arbitres et qui, surtout, y gagne en notoriété personnelle et en respectabilité, ce qui est le plus grave...

Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Simplement parce que les candidats sont tous aussi MAUVAIS les uns que les autres, que leurs programmes sont tous aussi INEXISTANTS les uns que les autres, et surtout que ces pseudo-programmes se ressemblent au point qu'ils sont totalement interchangeables. D'autant que nous savons bien, par EXPERIENCE, que le candidat élu ne mettra pas en œuvre le programme sur lequel il se sera fait élire, et même qu'il y a toutes les chances pour qu'il mette en œuvre au moins partiellement le programme de son adversaire. Qu'il y a toutes les chances également pour qu'à la fin de son mandat, il détricote allègrement, sous la pression de ses adversaires devenus en moins de 5 ans les héros d'une opinion publique plus que déçue, ce qu'il aura patiemment tricoté pendant les deux ou trois premières années de son règne.

Comment voulez-vous, dans ces conditions, que les électeurs prennent au sérieux cette bande de guignols (encore que j'aie bien peur d'insulter ici la marionnette fort respectable du théâtre lyonnais) ?

Mais faire ce constat, et s'y tenir, ce serait démissionner de son rôle de citoyen, et ça ne me ressemble pas de baisser les bras et d'attendre patiemment que le ciel nous tombe sur la tête. Il faut donc, avec mes modestes moyens, que je fasse œuvre positive, et au minimum que je propose au lieu de me contenter de subir...

Comme, personne ne s'en étonnera, cette proposition ne peut en aucun cas évoquer une initiative keynésienne, politique qui a fait la preuve de son inefficacité et de sa NOCIVITE partout où elle a été mise en œuvre, il est bien évident que ma proposition ne peut que s'adresser à un candidat de ce qu'on appelle communément "la droite", même si le clivage gauche-droite a selon moi de moins en moins de sens. Il y a seulement d'un côté les rêveurs adeptes du collectivisme et de "l'homme nouveau" auquel plus personne de sensé ne croit plus, et de l'autre les pragmatiques qui ne peuvent que constater que la seule doctrine (même si je n'aime pas le mot) qui ait de tous temps conduit les pays, et donc leurs citoyens, à un réel progrès autant matériel que social, que le seul système qui ait fait avancer les peuples sur la voie de la prospérité et de la liberté s'appelle le capitalisme, avec moulte variantes.

Et donc, c'est bien dans le cadre du capitalisme que se situe la proposition, que je fais donc, par nature, aux candidats de droite à la future élection présidentielle.

Mais il y a capitalisme et capitalisme. Il y a capitalisme dirigé et capitalisme libre. Il y a le pseudo capitalisme à la française et le capitalisme réel de l'école autrichienne. Il y a surtout d'un côté un capitalisme qui se pare de rêveries utopiques puisées dans le collectivisme, telles que cette notion idiote de "justice sociale" quand on la nomme par exemple "égalité réelle", et quand elle consiste à voler aux plus performants pour donner aux plus laxistes, et d'un autre côté un capitalisme qui respecte l'individu, l'effort constructif, le succès et la performance, et qui laisse aux citoyens le bénéfice de cet effort, d'où découlent ce succès et cette performance, même s'il est tout à fait normal dans une société moderne et florissante d'élever des garde-fous contre la misère noire, et s'il serait inacceptable de laisser des ultra-pauvres dans le dénuement complet. Mais venir en aide aux plus pauvres ne signifie pas payer les gens à ne rien faire, ni maintenir des inactifs sous perfusion artificielle au point qu'il devient à leurs yeux inutile de se prendre en charge par eux-mêmes. C'est pourtant bien dans ce cas de figure que nous évoluons aujourd'hui, sous un gouvernement "de droite", et pas assez encore pour certains qui se proposent d'aggraver les choses sous un gouvernement "de gauche". Qu'à Dieu ne plaise...

Ma proposition consiste donc à demander à un futur candidat "de droite" de s'engager dans une voie inédite : celle du bon sens économique, social et politique. Celle d'un programme sensé qui fasse enfin confiance à l'individu, qui respecte enfin sa liberté, et qui lui laisse enfin son libre arbitre en cessant de le prendre pour un incapable et de penser à sa place les solutions et les postures qui seraient "bonnes pour lui". Les citoyens sont majeurs. Les citoyens sont capables de savoir ce qui est bon pour eux. Les citoyens sont libres de choisir leur destinée. Les citoyens sont des HOMMES et des FEMMES doués de raison, pas des enfants immatures et/ou attardés qu'il faudrait "prendre par la main" pour les mener sur les chemins du bonheur collectif. Un peu de RESPECT s'il vous plait ! Un peu de considération pour l'INDIVIDU ! Un peu moins de dogmatisme et de collectivisme imposé ! En un mot comme en cent, un peu de LIBERTE !

Concrètement :

1) Que le programme soit un vrai programme politique et non une espèce de catalogue de vente par correspondance dans lequel on trouve quelques centaines de mesures plus ou moins contradictoires et clientélistes
2) Que le programme soit un programme de véritable rupture avec l’esprit de laxisme et de fausses solutions qui souffle sur la France depuis 1968, et plus encore depuis 1981 ;
3) Que ce programme prévoit explicitement de diminuer les charges pesant sur les investissements, de diminuer le poids de l'état et des collectivités publiques, de diminuer les contraintes administratives pesant sur les entreprises et sur les individus.
4) Que ce même programme s'attache non moins explicitement à protéger la culture et le mode de vie traditionnels des Français, à combattre efficacement le multiculturalisme et le communautarisme, et à punir réellement, et là encore efficacement, les délinquants et les criminels.

Sur le plan économique, il faut notamment trois axes forts. Je tire les quatre paragraphes qui suivent d'un article de l'Institut Coppet, auquel je souscris totalement.

1) Restituer aux Français l’intégralité de leurs revenus. Pour un salarié, cela s’appelle le salaire complet. C’est le salaire net, plus les charges dites « patronales » et les charges dites « salariales ». Dans les faits, ces charges sont prélevées sur le travailleur.
Si chacun dispose de la totalité de ses ressources, il peut choisir, pour son assurance-maladie et sa retraite, entre des prestataires mis en concurrence. Il peut ainsi s’assurer mieux et à meilleur compte.

2) Restituer aux Français la libre disposition de la propriété foncière et immobilière. Les règlements d’urbanisme draconiens engendrent la pénurie de logements et la hausse des prix. Les plus modestes ont des difficultés à se loger et cette difficulté touche désormais les classes moyennes. Avec le libre usage de la propriété foncière, chacun fait ce qu’il veut avec ce qu’il a, aux conditions de ne pas nuire aux voisins et de supporter tous les frais.

3) Appliquer la « flat tax ». Il n’y a plus de niche, d’exemption, de cas particulier… Les impôts et taxes indirects n’ont plus de raison d’être. Les Français paient les produits et services à leur véritable valeur. De toute façon, quel que soit le prélèvement considéré, il est toujours au final, payé par l’individu. Les impôts sur les entreprises ne sont pas payés par l’entreprise, mais par le consommateur.

La conséquence de ce programme est la réhabilitation de la responsabilité. L’État ne se mêle plus de la vie privée des gens, la famille est la base de la société, la responsabilité sur les enfants est rendue aux parents. L’aide aux plus démunis et aux personnes en difficultés redevient de la responsabilité de chacun, ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être. Les secours publics ne s’adressent qu’aux accidentés de la vie qui ne peuvent trouver suffisamment d’aide de la part de leur entourage.
Aucun des candidats actuels à la présidence de la République ne s'éloigne du socialisme dans lequel nous vivons. Et ne rêvons pas, le social-clientélisme qui les anime tous ne leur permettra jamais de s'en évader eux-mêmes. A nous de les y contraindre. Il faut faire un battage autour de ces idées simples et incontournables.

Qui aura le courage de s'y engager ?

samedi 7 mai 2011

La Côte d'Ivoire, nos autres colonies, et nous...

Je voudrais réagir ici à un e-mail que je reçois d'un ami, e-mail ainsi rédigé :

"Tout le monde a bien compris qu'en Côte d'Ivoire le choix c'était la Peste ou le Choléra!
Gbagbo est "capturé", mais il était plutôt du coté des chrétiens...
Ouattara est le même genre de dictateur plus ou moins sanguinaire, mais cerise sur le charnier, il est musulman : ça nous manquait!!!
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Sarkozy ami de la famille Ouattara
MARIAGE OUATTARA MOUGINS FRANCE
Alassane Ouattara est marié à une riche femme d’affaires française née en Algérie, Dominique Nouvian, qui est arrivée en Côte d’Ivoire à l’âge de 20 ans, alors qu’elle était la conjointe d’un certain Folloroux, beaucoup plus âgé qu’elle, qui était professeur au lycée technique d’Abidjan. M. Folloroux est décédé et Mme Nouvian s’est remariée. Le mariage de Dominique Nouvian et d’Alassane Ouattara a eu lieu en octobre 1990 à Neuilly-sur-Seine et a été célébré par le maire, Nicolas Sarkozy lui-même.
son témoin…Martin Bouygues....Comme c'est étrange!!!
Vous en voulez encore???
Propriétaire du grand complexe portuaire d'Abidjan: un certain monsieur Bolloré.....qui n'est autre que le beau frère de ... M Longuet (ministre de la défense!!)
Que des bons amis!!!! Sans oublier que les massacres de D...., 800 morts à la machette et des brûlés vifs, femmes et enfants compris, ont été réalisés par le camp Ouattara....
C'est vraiment remplacer une crapule amie par une autre crapule amie , mais que ne ferait-on pas pour de l'argent!!!!!
"
Voici, à grands traits, ce que m’inspire la situation actuelle dans ces pays.

Les états africains issus de la décolonisation sont tous des paniers de crabes et des dictatures plus ou moins officielles.

Ca vient du fait que cette décolonisation s’est fait « à coups de serpe », sans concertation réelle avec les populations autochtones. La faute n’est pas seulement imputable à l’ancienne puissance coloniale (la France notamment), mais ça s’est fait beaucoup trop vite et sans suffisamment de réflexion. Ces peuples avaient une soif inextinguible d’indépendance, sans trop savoir ce qu’ils allaient y mettre, dans cette indépendance, et les puissances coloniales (la France surtout) avaient hâte de se débarrasser de ces « fardeaux » coûteux. Un contre-exemple : l’Algérie qui fournissait à la France pétrole et gaz à bon marché. Là, c'est l'intensité des troubles qui a eu raison de la raison de De Gaulle, qui n’a trouvé d’autre issue à ce qu’il ne convenait pas alors d’appeler une guerre que de donner aux fellahs l’indépendance qu’ils réclamaient en contrepartie d’une paix sociale que l’on n’a jamais eue, même sur le territoire français. Ce fut là une des très rares erreurs du Général. Pour ce qui est des autres ex-colonies, on les a sciemment  laissés se dém... avec leurs problèmes internes, trop contents de se débarrasser d’eux. On a réussi en ce sens que nous n’avions plus à en supporter la charge (quoique… les accords de collaboration et l’aide au développement sont une part non négligeable de notre déficit budgétaire !). Mais eux n’ont jamais réussi à se sortir de leur m… Et ce n’est pas à la faveur des troubles qui éclatent un peu partout qu’ils y parviendront mieux.

Ce qu’il fallait faire ? Sans doute rien d’autre que ce qu’on a fait, mais il ne faut pas s’étonner aujourd’hui que l’anarchie se le dispute chez eux à la dictature…

Pour ce qui est des « arrangements entre amis capitalistiques», c’est sans doute inévitable dans un tel contexte : les puissances coloniales (la France en tête) n’abandonneront pas de sitôt l’idée selon laquelle les colonies sont des vaches à lait. Ce ne sont plus des colonies, et nous ne sommes plus des puissances coloniales, sur les plans politique et juridique, mais rien n’est changé dans les esprits (au moins de ce côté-ci de la Méditerranée) ; les intérêts colossaux qui sont en jeu produisent aujourd’hui les mêmes effets qu’hier. Ce n’est pas en changeant Gbago par Ouatarra qu’on changera le rapport de force entre les cultivateurs de cacaoyers là-bas et les industriels du chocolat ici…

Si ces populations étaient un peu plus capables de se prendre en mains, il est vraisemblable que Bolloré et consorts ne réussiraient pas tant à pomper les ressources de la Côte d’Ivoire (entre autres). Mais il faut dire à la décharge des Ivoiriens (et des autres), que rien n’a été fait, ni dans la période coloniale ni après, pour leur permettre d’atteindre à la maturité nécessaire pour ça. L’aide « au développement » dont je parlais plus haut, est surtout une aide au maintien de la dépendance à l’égard des pays riches. Nul doute cependant que des Asiatiques ou des Latino-Américains auraient depuis longtemps réagi de manière plus responsable, et seraient plus vite sortis du guêpier.

Question de culture ancestrale, peut-être. A moins que ce ne soit question de religion ? Je refuse de me faire juge en la matière. Je me borne à constater les évidences…

Je suis un adversaire absolu et déterminé de la « repentance » qu’on voudrait nous imposer comme un devoir. Ce raisonnement est une idiotie, en ce sens que même avec des rapports d’intérêts totalement disproportionnés entre le colonisateur et le colonisé, ces régions-là du globe, et leurs habitants, on connu un développement en quelques décennies qu’il n’auraient pas connu en plusieurs siècles sans les puissances européennes qui les ont développées et équipées. Tout n’est pas beau ni tout n’est pas rose dans la colonisation, mais l’image de l’affreux colonisateur buveur de sang et barbare à l’égard des autochtones est une hérésie doublée d’une entreprise de manipulation mentale à l’égard des jeunes générations blanches. Nous ne devons rien à ces populations-là, nous n’avons aucunement à nous auto-flageller en souvenir de notre intervention dans ces territoires, et les dites populations nous doivent les bases que nous leur avons laissées d’un développement et d’une prospérité qu’ils n’ont simplement pas su conserver et encore moins développer pour leur propre compte.

En résumé, je renvois dos à dos les ex-puissances coloniales et les ex-colonies. Les premières n’ont pas su conserver des relations équitables avec les nouveaux états devenus indépendants, et ceux-ci n’ont pas su tirer avantage du formidable effort d’aménagement du territoire et d’équipement, dans l’industrie comme dans l’agriculture, mis en œuvre par les Européens pendant la période coloniale.


mercredi 20 avril 2011

Merci, monsieur le Président...

"Il faut instaurer une prime aux actionnaires dans toutes les entreprises qui paient des salaires aux travailleurs !"

Qui, en lisant cette formule provocatrice, ne va pas se révolter ? Quelle est la personne sensée qui la prendrait au sérieux ? Et pourtant...

Et pourtant, notre Président de la République des Enfants Gâtés, dans l'optique de sa réélection l'an prochain, et en bon social-clientéliste qu'il est, n'a pas hésité à formuler une réflexion exactement symétrique à l'intention de ces pauvres exploités que sont les salariés des entreprises cotées en bourse, de ces esclaves modernes dont les ressources légitimes découlant de leur seul travail sont honteusement détournées par ces salauds d'actionnaires qui se répartissent des sommes colossales sur le dos de leurs serfs besogneux...

"Enfin !" Diront certains. Enfin un Président qui se préoccupe des masses laborieuses et qui préconise des mesures de "justice sociale" !

"Pas assez !" Diront d'autres. Pas assez car cela ne touche que les salariés des entreprises cotées qui font des profits. Il faut prévoir cette prime au bénéfice de tous les salariés sans exception, victimes des ces buveurs de sueur que sont leurs patrons...

"Assez !" Ajouterai-je pour ma part. Assez de connerie et de démagogie électoraliste ! Assez de ces politicards, socialistes de gauche comme de droite, marxistes avoués ou camouflés sous un masque trompeur. Assez, dis-je, assez de prendre les gens pour des abrutis après les avoirs réduits à l'état d'assistés, assez de leur raconter des sornettes, auxquelles d'ailleurs ils ne croient plus.

Car enfin, et je le rappelais dans un billet récent, le fonctionnement de toute économie, de type capitaliste comme de type collectiviste (le deuxième remplaçant seulement les actionnaires privés par l'Etat), répond invariablement à l'implacable équation mathématique suivante :
  • L'ensemble des travailleurs produit des richesses
  • Les bénéfices réalisés sont répartis entre
    • Les salaires pour les salariés, en rémunération du travail fourni
    • Les investissements dans l'entreprise elle-même, pour renouveler ou développer l'outil de production
    • Les charges sociales pour les organismes de sécurité sociale (pour payer les soins, les retraites et les aides sociales)
    • Les impôts pour l'état (pour financer les services publics)
    • Les dividendes (s'il reste quelque chose !) pour les propriétaires des entreprises (actionnaires ou entrepreneurs individuels) en rémunération du capital immobilisé
  • Chacun de ces bénéficiaires remet tout ou partie de ce qu'il a reçu dans le circuit économique pour se procurer des biens et des services
  • Ce qui nous ramène au premier point (création de nouvelles richesses)
J'insistais d'ailleurs sur le fait que les dividendes, quand ils sont versés, ne représentent qu'un revenu de l'ordre de 5 % du capital, alors qu'il existe des placements bien plus rentables. Mais c'est un autre sujet...

Le petit schéma ci-dessus montre bien que quand les salaires sont la rémunération du travail, les dividendes sont la rémunération du capital. Où est le scandale, je vous prie ?

Au lieu de dire ça dans un souci pédagogique, comme on pourrait s'y attendre de la part du plus haut personnage de l'état, notre petit président (et je ne parle pas de sa taille), s'abaisse encore à dire le contraire, à s'indigner de facto contre le versement des dividendes aux actionnaires, et à promettre une prime destinée à compenser cette "imposture" ! Les Français sont faibles en économie, c'est une lapalissade reconnue par tous. Ce n'est certes pas avec des dirigeants comme ceux-là que ça risque de changer...

Sur quel poste pensez-vous que cette prime absurde sera prélevée ? Sur les dividendes ? Que nenni ! Et c'est bien logique : la rémunération de la capitalisation boursière, en France, est déjà lamentable. Ce sera donc à coup sûr sur les investissements ! Et donc sur nos capacités à faire face aux défis à venir. Et donc en préparant de nouvelles marges de ... chômage !

On a bâti jadis la théorie impossible d'une association simpliste entre capital et travail. Nous voilà devant celle d'une non moins idiote opposition entre salaires et dividendes.


Nicolas Sarkozy n'y gagnera rien dans les urnes. On y perdra tous en paix sociale. Car la route est désormais encore mieux tracée pour des revendications aussi exorbitantes que déraisonnables. Merci, monsieur le Président !

dimanche 17 avril 2011

Le débat qui fait débat...

Ce n'est pas du débat "sur la laïcité et l'islam en France" voulu par Nicolas Sarkozy dont je voudrais disserter ici. Beaucoup d'autres l'ont fait avant moi. Beaucoup ont dit pas mal de bêtises, même si beaucoup d'autres encore ont dit des choses plus sensées. Certains ont prêché pour qu'il se tienne, ce débat, d'autres pour dire qu'il n'avait pas d'intérêt, et d'autres encore pour prétendre qu'il était de nature à "stigmatiser" une catégorie de citoyens, ou à "faire des amalgames". Enfin, beaucoup d'encre a été versée sur le sujet, et souvent pour ne rien dire de réellement intéressant...

Car sur le fond du sujet, seul aspect qui eût dû retenir l'attention des commentateurs sérieux, on n'a rien entendu ou presque. Chacun y est allé de son couplet, voire de son pamphlet, contre l'un ou l'autre des aspects politiques, dans le plus mauvais sens du terme c'est à dire bassement politiciens, mais rien sur les problèmes philosophiques ou sociétaux qu'il entend évoquer. C'est qu'il est bien plus simple et bien plus facile, surtout quand on est de gauche mais pas seulement, de fustiger un Président de droite qui ose aborder un sujet que seul ou presque le Front National aborde sans tabou, et d'aussitôt prétendre qu'il "coure après les électeurs de Marine Le Pen" ; bien plus aisé de se cacher derrière un tel procès d'intention que d'accepter une réflexion sur un sujet dont il est tout aussi aisé de dire "qu'il n'intéresse pas les Français", balayant ainsi d'un revers de main méprisant les préoccupations bien réelles de beaucoup de nos concitoyens. Non, messieurs les censeurs, la seule préoccupation des Français n'est pas le pouvoir d'achat ou le chômage, même si ces deux-là sont importantes. Non, messieurs de la bienpensance aseptisée, tous les Français n'acceptent pas sans sourciller les atteintes quotidiennes à la laïcité, ni les tentatives lancinantes de colonisation culturelle. Non, les Français ne sont pas que des consommateurs. Il leur arrive aussi d'être des gens qui pensent et raisonnent, et qui souffrent des atteintes trop répétées et trop banalisées à leur culture ancestrale...

J'ai déjà abordé à plusieurs reprises le sujet de la laïcité sur ce blog, et je me contenterai donc de rappeler certains de mes anciens billets la concernant :
 Il m'est arrivé aussi quelquefois d'aborder l'islam, et notamment :
Je ne m'étendrai donc pas outre mesure sur ces deux sujets, me contentant de rappeler mes opinions, à savoir :
  • Sur la laïcité
    • Que la loi de 1905, mettant fin au Concordat signé par Napoléon Ier avec l'église catholique, a posé le principe de la séparation des cultes et de l'état
    • Que le principe de laïcité dispose que l'état ne privilégie ni ne finance aucun culte, à seule fin de n'en léser aucun et de laisser aux citoyens leur liberté religieuse dès lors qu'elle n'interfère pas avec la vie publique
  • Sur l'islam
    • Que ce qui est devenu la deuxième religion de France n'a pas à être montrée du doigt en aucune manière, dès lors que les Musulmans n'en argueraient pas pour se soustraire à la loi républicaine ni pour adopter des comportements ostentatoires, troubler l'ordre public ou faire du prosélytisme
    • Que de fait, l'islam comporte, outre son aspect purement confessionnel et religieux, un aspect sociétal très fort édicté par sa "loi divine" (la Charia), et que cette loi entre en conflit à de nombreux égards tant avec notre culture ancestrale qu'avec certaines de nos lois républicaines.
    • Que donc il convient d'affirmer avec force que ce sont les lois de la République qui ont primauté sur la loi islamique et non l'inverse, et de faire respecter ce principe par tous les moyens légaux, y compris par la force publique
Mais j'ai déjà été trop long sur ces sujets, et je voudrais en venir à ce qui retient le plus mon attention dans la polémique actuelle, polémique qui s'est encore accentuée depuis les élections cantonales, à la suite desquelles la défaite relative de l'UMP et la montée parallèle du Front National, ont cristallisé les divergences entre les différents courants du parti majoritaire, notamment au sujet de ce débat.
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J'ai écrit les lignes qui précèdent dans les tout premiers jours d'avril, et pour des raisons indépendantes de ma volonté, je ne reprends le cours de ce billet qu'aujourd'hui 17 avril...

Entre-temps a eu lieu la "convention" UMP sur la laïcité, que Jean François Copé, le "patron" des députés UMP, voudrait nous présenter (sans sourire....) comme l'accomplissement de ce débat qui a soulevé tant de polémiques, et qui donc n'aura finalement pas lieu. Car enfin, ce simulacre de débat en vase clos, avec des sujets, des questions, et des réponses prévus à l'avance, ne satisfera personne et en tout cas pas moi...

Même si je peux comprendre (mais sans l'approuver) que le chef de file du parti majoritaire escamote un débat qui risque de lui nuire électoralement ; même si je peux comprendre (mais en l'approuvant encore moins) que le Chef de de l'Etat lui-même accepte de mettre sous le boisseau une réflexion qu'il avait annoncée, et personnellement suscitée, pour des raisons similaires ; je refuse d'admettre que les citoyens soient lésés d'une telle réflexion qui les eussent intéressés au plus haut point, n'en déplaise au PS et consorts, ni qu'ils soient dépossédés de la parole qui eût dû leur être donnée, enfin, sur un sujet sociétal de cette importance.

A force de refuser d'aborder les thèmes que le Front National utilise comme étendard, et donc à force de lui laisser le monopole de la réflexion (ou tout au moins du discours politique) sur ces sujets, à force de remettre aux calendes grecques l'examen de ces aspects de la politique française, et surtout les décisions majeures qu'ils induisent naturellement, les partis "traditionnels", dits encore "de gouvernement", risquent fort à brève échéance de ne plus l'être, "de gouvernement" !

Car les Français en ont assez des reculades, assez de la "politique de l'autruche", assez des discours niais sur le "vivre ensemble", sur "la chance" que représenteraint "le mélange des cultures" et la "diversité", sur "l'enrichissement" qu'apporterait l'immigration multiculturelle. Les Français en ont assez de voir leur propre culture bafouée, altérée, grignotée, concurrencée, combattue par des "migrants", comme disent les timides et les peureux, en réalité par des hordes de plus en plus nombreuses dont la culture d'origine est en contradiction totale avec la nôtre à bien des égards,

Car les Français ne sont  pas assez niais pour ne pas percevoir l'évidence. Car ce que ressentent les Français est bien différent d'une chance ou d'un enrichissement. Ce que ressentent les Français, c'est le danger que représente une civilisation, une culture, un modèle sociétal, qui s'oppose aux nôtres.

La laïcité n'interdit à personne de savoir que notre civilisation, notre culture, notre modèle sociétal, est inspiré, nourri, alimenté, depuis des siècles, par le christianisme. La laïcité n'autorise personne à faire semblant de ne pas voir que d'autres civilisations, d'autres cultures, d'autres modèles sociétaux, non seulement sont totalement différents, mais encore s'opposent ouvertement aux nôtres. Et parmi eux une civilisation, une culture, un modèle social, directement inspirés par une autre religion, une religion qui de tous temps a combattu le christianisme, une religion qui ne fait pas mystère de sa volonté de s'imposer au monde. Cette religion, cette culture, cette civilisation, ce modèle sociétal, s'appelle l'islam.

Or, cette religion est devenue la deuxième religion de France. Les fidèles de cette religion, les ressortissants de cette culture, de cette civilisation, les adeptes de ce modèle sociétal, sont de plus en plus nombreux en France. L'immigration musulmane est de très loin la plus importante.

Et les immigrés musulmans sont de très loin ceux qui s'intègrent le moins bien dans la société française, ceux qui s'opposent le plus à nos rites sociétaux, à nos comportements, et pour tout dire à notre modèle républicain.

Alors, loin de moi l'idée de rejeter ces Musulmans-là, de les combattre, de les "renvoyer chez eux", autant de thèses soutenues par le FN. Loin de moi l'idée de susciter la haine à leur encontre. Mais loin de moi l'idée d'accepter qu'ils foulent aux pieds mes valeurs, qu'ils rejettent mes principes, et surtout qu'ils tentent de m'imposer les leurs. Mais j'exige philosophiquement qu'on les oblige au minimum à respecter nos lois.

Alors, quand je vois qu'ils réclament et obtiennent des concessions et des aménagements à nos lois et à nos règlements, quand je vois qu'on leur accorde des heures d'exclusivité dans les piscines, des menus sans porc dans les cantines scolaires, des aliments "halal" dans certains restaurants, le financement public, même déguisé, de mosquées, alors que beaucoup de nos églises tombent en ruines faute d'entretien et que des associations diocésaines végètent sans obtenir le moindre centime de fonds publics au nom (tout à fait justifié) de la laïcité, quand j'entends certaines associations musulmanes aller jusqu'à critiquer "comme une insulte à l'islam" la croix verte de nos pharmacies (et quand un conseiller de Paris admet que la question mérite d'être étudiée !), quand je les vois prier en pleine rue, avec la complicité de la police qui organise la circulation automobile dans le quartier, quand je vois certains d'entre eux afficher sans vergogne leur polygamie, et profiter au vu et au su des organismes de sécurité sociale et d'allocations familiales des prestations sociales pour ces "familles" totalement illégales, alors, oui, je peux comprendre que certains se révoltent, et se tournent vers les seuls parmi notre personnel politique qui acceptent de voir tout ça en face, d'en parler et de le dénoncer. Même si, par ailleurs, ceux-là avancent des thèses totalement ridicules sur bien d'autres sujets...

Alors, ce qui me gêne dans ce débat qui n'a pas eu lieu, c'est d'abord qu'il n'ait pas eu lieu, mais aussi que l'idée de départ, qui était celle d'un débat "sur la place de l'islam en France", ait été abandonnée pour devenir celle d'un débat "sur la laïcité". Ce n'est pas la laïcité qui pose problème en France. Il y a un consensus quasi unanime dans ce pays sur la laïcité. Mais le problème de l'islam, en France, dépasse de très loin la laïcité. Le problème n'est pas la religion mahométane mais bien la culture musulmane. Ou plutôt le fait que cette culture tente de s'imposer contre la culture gréco-romaine et judéo-chrétienne qui est historiquement la nôtre.

Ce débat, que nos pleutres au pouvoir ont escamoté, aura sans doute lieu, cependant. Mais il aura lieu sans eux, et sans doute contre eux. Si les conséquences n'étaient pas si graves, je serais tenté de dire "tant mieux"...

Les conséquences ? Soit l'essor décisif d'un parti extrémiste capable de précipiter le pays dans le gouffre, soit une révolte beaucoup plus concrète des citoyens contre les atteintes répétées à leur liberté et à leur culture. Car, je le répète, si les Français sont légitimement préoccupés par leurs conditions matérielles, et si donc le chômage et le pouvoir d'achat sont au premier plan de leurs soucis, la colonisation culturelle à laquelle ils sont plus ou moins sournoisement soumis ne les laisse pas non plus indifférents. Et ils sauront bien le faire savoir. Espérons qu'ils le fassent sans trop de casse...