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jeudi 19 janvier 2012

Sommet social

Voilà la grande affaire qui occupe nos écrans ces jours-ci, et qui donne une bonne occasion à Nicolas Sarkozy de faire parler de lui tout en donnant l'impression de s'occuper de nous de manière positive, et aux "partenaires sociaux" de réaffirmer avec force leurs vieux poncifs.

Rien de bien nouveau dans tout ça. Comme d'habitude la vieille rengaine de ceux qui, d'un côté se contentent de vœux pieux déguisés en promesses électorales, et de l'autre se livrent à l'éternelle surenchère de revendications aussi irréfléchies qu'impossibles à mettre en place, surtout dans une économie malade comme celle dans laquelle nous sommes, en France comme en Europe et comme dans tout l'Occident...

L'un de mes correspondants m'a résumé assez clairement la situation dans ces termes :
"Je suis épaté par les plans de nos chers élus, NS en tête.
Selon eux, le problème est la compétitivité, due au chômage. Donc on va réduire les charges des entreprises pour qu'elles embauchent. Et on va embaucher 1000 pôle-emploi pour obliger les entreprises à embaucher.
Ces gens là n'ont aucune idée de ce qu'est l'économie, ou alors c'est moi. Je répète : la richesse d'un pays ce n'est pas sa consommation, ce sont les exportations, et les non importations de ce qu'on peut produire en local. En tout cas c'est ce qu'ils font en Allemagne.
Forcer des embauches, pour quoi faire ?.. Faire baisser le nombre de chômeurs ? Les petites entreprises veulent du travail et pas du personnel en plus, qu'elles ne pourront plus débaucher ensuite..."
Plutôt que de lui répondre directement, ce que j'avais commencé à faire, je préfère publier ici ma réponse pour en faire profiter mes lecteurs.

Je suis plutôt d’accord avec cette analyse.

Mais en France (et apparemment dans d’autres pays aussi.Voir les fameux PIIGS), on a pris l’habitude de soigner les conséquences avant de s’attaquer aux causes. Et comme c’est une habitude qui date de longtemps déjà, on a complètement oublié ce qu’était la notion même de cause… Ca équivaut, dans un autre domaine, à se concentrer sur la trésorerie sans s’occuper des comptes de gestion. C’est exactement comme ça que fonctionne Bercy, et avec lui les TPG. Et donc aussi les administrations locales. Quand on a de l’argent, on le dépense. Et quand on n’en a plus, on en réclame (à l’état ou directement au contribuable). C’est comme ça que les budgets enflent, les impôts avec, et les déficits aussi…

Pour en revenir au chômage, quand on aura enfin compris qu’il ne sert à rien de seulement créer des emplois artificiels, on aura fait un grand pas. Ce ne sont pas les emplois créés qui « soignent » le chômage, ce sont les emplois nécessaires. Si les entreprises avaient besoin d’embaucher pour faire du chiffre d’affaires, et donc des bénéfices, elles n’hésiteraient pas à le faire. A condition toutefois d’être sûres de pouvoir revenir en arrière si le besoin disparaît. Mais c’est une autre affaire.

C’est donc l’activité économique qui crée les emplois, et pas les emplois qui créeraient de l’activité par le jeu de la consommation intérieure. La consommation nourrit essentiellement les importations, pas l’activité.
Pour créer de l’activité économique, il faut vendre, et essentiellement vendre à l’étranger puisque les produits de consommation courante sont, au moins dans un premier temps c'est-à-dire aujourd’hui, moins chers quand on les achète à l’étranger que quand on les produit ici.

Et pour vendre, surtout à l’étranger, il faut vendre à des prix compétitifs. Pour vendre à des prix compétitifs, il faut produire à des prix compétitifs, et pour produire à des prix compétitifs dans un monde où la plus grande part du prix de revient est à base de main d’œuvre, il faut diminuer le coût du travail.

Mais il faut aussi que les gens qui travaillent pour produire aient aussi les moyens de vivre, c'est-à-dire de payer les produits qu’ils achètent. Il faut donc que la plus grande partie de ce qu’ils coûtent à l’entreprise se retrouve dans leur propre poche.

Travail moins cher et salaire net plus élevé, telle est donc l’équation. La solution ? Réduire au minimum tout ce qui n’est pas du salaire net dans le coût du travail, c'est-à-dire les charges « sociales ». PART SALARIALE COMME PART PATRONALE. Pour y parvenir, il n’y a que deux solutions, à mettre en œuvre simultanément : réduire le coût des aides sociales (et donc les aides elles-mêmes) et les financer autrement qu’en ponctionnant les salaires..


Les « charges sociales », je l'ai déjà dit, ne sont que des taxes qui ne veulent pas dire leur nom. Les caisses sont en déficit chronique, et le déficit des caisses est pris en charge in fine par le budget de l’état. Il apparaitrait donc tout à fait logique de faire passer le financement global de la politique sociale sur l’impôt. Le basculement de la part salariale de la cotisation de Sécurité Sociale sur la CSG était un premier pas qui est allé dans le bon sens. Il faut aller jusqu’au bout de la logique, et faire la même chose pour les autres charges, y compris la part dite « patronale » (qui en fait est évidemment supportée par le salarié sous forme de réduction de son salaire brut !...)

Reste à décider la nature de la nouvelle assiette. Taxer la consommation semble être une solution logique et rentable. Logique parce qu’elle fait participer tous les citoyens, y compris les bénéficiaires des aides sociales dont nous parlons, ce qui n'est que justice, et rentable car elle fait participer autant les produits importés (au contraire d’aujourd’hui) que les produits fabriqués localement.

Tout ce qui pourra être dit et/ou décidé en-dehors de cette équation fermée ne sera que littérature, et blabla inopérant. On tourne autour du pot depuis plusieurs décennies. Tant qu'on ne comprendra pas qu'il faut être rigoureux pour survivre, on ira droit à la catastrophe.

Je n'ai malheureusement pas beaucoup d'espoir de voir nos chers "partenaires sociaux" admettre cette pourtant éclatante évidence, et encore moins les pouvoirs publics imposer un tel chambardement dans les comportements, à 100 jours d'une échéance électorale majeure. Tout ce qui pourra ressembler aux yeux des myopes à "un cadeau fait aux puissants" sera repoussé avec véhémence, même par ceux qui auront compris qu'il n'en était strictement rien. Tout ce qui pourra ressembler au contraire, aux yeux des mêmes, à un "progrès social" au bénéfice des soi-disant défavorisés, sera mollement applaudi comme un pis-aller. On a l'habitude...

Et c'est ainsi que depuis plusieurs décennies l'on refuse de faire les réformes nécessaires, que l'on asphyxie l'économie en ponctionnant abusivement ceux qui produisent, et que l'on se sert de ces vols et rapines pour arroser de manière parfaitement démagogique ceux dont on pense qu'ils constituent un réservoir électoral. Sans s'apercevoir, ou en faisant semblant de ne pas voir, que non seulement ces voix-là ne vont pas où l'on voudrait, mais qui plus est que les "heureux bénéficiaires" des largesses électoralistes s'enfoncent irrémédiablement dans la pauvreté, même si une telle gestion déplorable des fonds publiques ne peut que mener le pays tout entier à une catastrophe économique devenue maintenant imminente...

2 commentaires:

  1. C'est exactement ce que je pense...

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  2. http://berdepas.wordpress.com/2012/08/02/la-crise-mon-oeil/

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