Les Anciens avaient inventé la Démocratie
Les Modernes y ont ajouté la Liberté
Nous sommes responsables des deux...

Affirmons nos libertés !

dimanche 16 mai 2010

Une autre citation

Puisque j'en suis aux citations, une autre que je dois à Nicomaque. Elle est de Tocqueville cette fois :
« Toute mesure qui fonde la charité sur une base permanente et qui lui donne une forme administrative crée une classe oisive et paresseuse, vivant aux dépens de la classe industrielle et travaillante (...). Je suis profondément convaincu que tout système régulier, permanent, administratif dont le but sera de pourvoir aux besoins du pauvre, fera naître plus de misères qu'il n'en peut guérir, dépravera la population qu'il veut secourir et consoler, réduira avec le temps les riches à n'être que les fermiers des pauvres, tarira les sources de l'épargne, arrêtera l'accumulation des capitaux, comprimera l'essor du commerce, engourdira l'activité et l'industrie humaines et finira par amener une révolution violente dans l'État, lorsque le nombre de ceux qui reçoivent l'aumône sera devenu presque aussi grand que le nombre de ceux qui la donnent »

Belle définition de ce qu'est la solidarité quand elle est obligatoire, cette phrase est tirée de "Mémoire sur le paupérisme" et date de 1835. Force est de constater, 175 ans plus tard, qu'elle nous apparaît comme proprement prophétique...

Quand accepterons-nous de voir la vérité en face, et quand cesserons-nous de perpétuer nos sempiternelles erreurs pour des raisons purement démagogiques ?

Citation d'un dimanche matin

Je n'ai pas l'habitude de plagier, et encore moins mes amis. J'ai cependant envie ce matin d'imiter Lomig, et de faire une "citation du dimanche" à ma façon...
Un "ami" à la mode Facebook attire mon attention sur une phrase prononcée en son temps par Thomas Jefferson (1743-1826), philosophe, agronome, inventeur et architecte, troisième président des Etats Unis d'Amérique, rédacteur de la déclaration d’indépendance, et à ce titre cité au nombre des "pères fondateurs" de la nation américaine.

Cette phrase est la suivante :
"Je prédis un bonheur futur [aux Américains] s’ils peuvent empêcher le gouvernement de gaspiller le fruit du labeur des gens sous prétexte de prendre soin d’eux."
Je me dis que nos dirigeants d'aujourd'hui, plus de deux siècles plus tard et dans un monde soi-disant de plus en plus civilisé, dans une humanité soi-disant de plus en plus évoluée, avec des systèmes politiques soi-disant de plus en plus "protecteurs", feraient bien de s'inspirer de la sagesse de leurs aînés !

Si Barak Obama avait l'humilité de consulter le passé de son pays, si Nicolas Sarkozy avait la sagesse de relire l'histoire contemporaine, si les dirigeants des "PIIGS" avaient pris le temps de s'instruire du passé des grandes nations, si les peuples eux-mêmes avaient deux sous de bon sens et savaient tirer du passé des leçons  pour leur avenir, tous auraient peut-être une chance de percevoir l'évidence du bienfondé d'une telle posture historique, qui a porté ses fruits en faisant de la Nation que Thomas Jefferson étaient en train de créer avec d'autres, la première du monde et la plus prospère, et ceci pendant deux siècles...

Dans un monde où tout part à la dérive au point que les Etats eux-mêmes sont en train de faire faillite les uns après les autres, peut-être a-t-on encore le droit de rêver au miracle du réveil de la sagesse ? Je suis un indécrotable optimiste et je voudrais encore y croire. Pas facile, pourtant, quand si peu prennent la bonne direction, et quand la plupart répondent aux difficultés qu'ils ont eux-mêmes créées par des mesures semblables aux causes qui les ont générées...

Deux faibles petites lueurs peut-être ? L'Allemagne et le Royaume Uni où les Libéraux relèvent un peu la tête. On se raccroche aux espoirs que l'on peut...

lundi 10 mai 2010

Un mal pour un bien ?...

J'ai hésité à en parler, tant tout le monde y est allé de son couplet sur le sujet, et donc j'avais le sentiment de risquer d'ajouter un Nième billet qui n'apporterait pas grand chose au débat. Mais à lire et à relire ce qui se dit depuis ce matin, sur les ondes, dans les journaux papier, et singulièrement sur la toile, je me suis décidé à y mettre mon grain de sel !
Car, si les analyses sont souvent pertinentes, il me semble que le principal n'est que peu abordé, et que c'est bien dommage.

De quoi parlé-je ? De la crise grecque et de la posture européenne, vous l'aviez bien sûr deviné.

La Grèce est un petit pays d'Europe qui fut en d'autres temps le maître du monde. Sa destinée devrait donc nous rendre à la fois très humbles et très prudents : nous avons été nous aussi les maîtres du monde et nous ne sommes plus aujourd'hui qu'un état de très moyenne importance. La Grèce est témoin que nous risquons de devenir insignifiants. D'autant que l'analogie ne s'arrête pas là...

La gente journalistique et médiatique, dans un bel ensemble bien huilé, nous serine que la crise grecque est due pour partie à certaines "tricheries" commises par son précédent gouvernement, et pour une autre part à la spéculation financière internationale. Les deux affirmations ont sans doute quelque chose de vrai, mais le fond du problème n'est pas là. S'il y a eu tricherie, c'est qu'il y avait matière à tricher, et s'il y a spéculation, c'est qu'il y a matière à spéculer. Ne confondons pas les causes et les effets. Ne soyons pas dupes de ces raisonnements foireux. Si la Grèce avait su gérer son budget, elle n'aurait pas eu à cacher son déficit, et s'il n'y avait pas de déficit grec, il n'y aurait pas de spéculation sur la faillite de l'état grec ! Premier point.

Notons que le problème est strictement identique chez chacun des états que les économistes appellent les "PIIGS" : Portugal, Irlande, Italie, Grèce, Espagne (Spane en anglais). La Grèce a eu la malchance de sombrer la première, les autres suivront. Et la France ne sera pas en reste, soyons-en certains. Car les mêmes causes produisent les mêmes effets, et que nous le voulions ou non, que nous l'admettions ou non, officiellement ou non, nous avons les mêmes défauts que ces "PIIGS" là. Notre économie n'est pas moins "porcine" que la leur ! Nous vivons depuis 35 ans très au-dessus de nos moyens, et cette façon de gérer ses affaires, que l'on soit un état, une entreprise, un ménage, peu importe, ne peut mener qu'à la faillite et nulle part ailleurs. N'en déplaise aux "YA KA FAUCON" de tous poils qui nous suggèrent, par exemple, de "faire payer les riches". Démagogie quand tu nous tiens...

Maintenant, voyons le problème à sa racine : quelle est la cause du déficit abyssal de la Grèce, de l'Espagne, du Portugal, de l'Italie, de l'Irlande, de la France ?... La liste n'est pas close.

Les mêmes démagogues dont je parlais plus haut vous diront que "c'est la faute à la crise". Elle a bon dos, la crise ! C'est même une aubaine inespérée pour nos politiciens à court d'arguments. Il y en a même qui réussissent à s'en faire une alliée, de la crise ! Voyez la présidence française de l'Union Européenne, voyez la création du G20. Voyez combien notre Coq Gaulois s'en est fait des ergots, de la crise ! A tel point qu'il essaie de remettre ça avec la Grèce. Si sa copine Angela ne lui mettait pas des bâtons dans les pattes, on n'entendrait que ses cocoricos, dans la basse cour européenne...

Je l'ai dit, ça fait 35 ans qu'on sème le vent. Ne nous étonnons pas, aujourd'hui, de récolter la tempête.

Le fond du problème, c'est que nous vivons tous au dessus de nos moyens. C'est que, quand on produit 100 on ne peut pas dépenser 120 éternellement. C'est que par démagogie, les Etats distribuent à guichet ouvert des richesses qui ne sont pas produites. C'est que le "modèle social" dont on nous chante les louanges et que, paraît-il, le monde entier nous envie, que ce modèle-là n'est pas viable et qu'il faut avoir le courage de le dire. Et de le réformer. En profondeur. Drastiquement. Sans vergogne. Sans prêter attention aux colibets, aux pleurs et aux grincements de dents.

Et c'est peut-être ce que nous allons êter enfin obligés de faire. Grâce à la crise grecque, paradoxalement.

Car ce qui vient d'être décidé la nuit dernière, et qu'on nous présente faussement comme un "gouvernement économique européen", n'est en aucune façon un gouvernement économique, lequel n'aurait absolument aucune chance de s'imposer. Ce qui vient d'être créé, c'est un mécanisme qui donne enfin le pouvoir au plus fort, c'est à dire à celui qui saura mener ses affaires avec rigueur. Car ce mot n'est pas une insulte, au contraire. La rigueur, ça s'appelle aussi la bonne gestion. La rigueur, ça s'appelle aussi l'honnêteté. La rigueur, ça s'appelle aussi le bon sens. Et si la rigueur nécessite de l'austérité, ça n'est pas non plus un gros mot. Et si c'est nécessaire, il serait bon qu'on nous y oblige. Car nous ne saurions pas le faire de nous-mêmes, nous l'avons prouvé !

Je ne dis pas que le dispositif décidé hier réussira. Je ne sais pas si les états les plus concernés accepteront en toutes circonstances de s'y plier. Je ne sais pas si les seuls états qui sont aptes à le financer accepteront en toutes circonstances de le faire. Je ne sais même pas si les instances européennes se montreront capables d'appliquer les sanctions promises aux états membres qui sortiront des clous qu'on leur aura assignés. J'ai un grand doute à ce sujet. Mais ce que je dis, c'est que pour la première fois depuis sa création l'euro repose sur quelque chose de concret, et non sur un ensemble d'états sans aucune cohérence, voire sans aucune cohésion. Une monnaie unique pour une zone aux économies disparates et sans règles communes respectées n'est pas viable. Nous avons aujourd'hui une petite chance de voir s'harmoniser au moins les politiques budgétaires, à défaut des politiques économiques. Ca ne peut pas faire de mal. A condition que les règles édictées soient respectées, ce qui n'est pas gagné d'avance...

Et la première des règles qu'il faudra faire respecter, celle qui devra conditionner toute aide financière, c'est la rigueur budgétaire. Il ne servirait à rien de voler au secours d'un état en quasi faillite, comme aujourd'hui la Grèce, demain peut être l'Espagne ou le Portugal, après-demain la France, si cette Grèce, cette Espagne, cette France-là, continuaient leur mauvaise gestion des comptes publics, et continuaient notamment à distribuer à guichet ouvert des aides soi-disant sociales qui s'avèrent inutiles, et à entretenir une pléthore de fonctionnaires soi-disant indispensables qu'il suffirait de rendre efficaces en plus petit nombre, pour ne prendre que deux exemples.

Les déficits publics sont la gangraine de l'économie. Nous sommes un certain nombre à le répéter depuis des décennies. Aujourd'hui, nous avons une petite chance que la rigueur budgétaire nous soit imposée de l'extérieur. Dommage d'être obligés d'en passer par là, mais c'est peut-être le prix à payer pour ne pas sombrer. Un mal pour un bien ? Acceptons-en l'augure...

De 1905 à 2012 : la marche à reculons...

Ainsi, la décision semble bien être prise irrévocablement par la mairie de Paris, une mosquée de 4500 m² va voir le jour d'ici à 2012 dans le XVIIIème arrondissement, financée par des fonds publics !...

La loi du 9 décembre 1905, qui a eu pour principale conséquence immédiate d'appaiser les conflits religieux, et qui porte encore aujourd'hui tous ses effets positifs, est pourtant claire et précise :

Article 1 : "La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public."
Article 2 : "La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence [...] seront supprimées des budgets de l'Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes."
Je sais bien que cette loi a été votée par référence à la religion catholique et non à l'islam; je sais bien que les Catholiques avaient et ont encore de nombreux lieux de culte à leur disposition, ce qui n'est pas le cas des Musulmans; je sais bien que ces derniers réclament à cor et à cri des mosquées dignes de ce nom; je sais bien que les quelques mosquées qui ont été construites dans la période récente l'ont été avec des fonds étrangers, provenant qui est plus de pays aux moeurs politiques douteuses; je sais bien que notamment le vendredi et par exemple dans le quartier parisien de la Goutte d'Or, ces Musulmans se retrouvent à prier dans la rue, et que cela représente une gêne inacceptable pour les riverains comme pour la circulation automobile; mais je sais bien aussi qu'il suffirait d'appliquer la loi pour éviter ces nuisances !...
Je sais bien que de nombreuses associations battent le pavé pour "dénoncer les conditions indignes" de l'exercice du culte musulman en France. Mais je sais bien aussi que de nombreuses associations diocésaines se plaignent de la même manière du peu de ressources dont elles disposent pour organiser l'exercice du culte catholique et du catéchisme, et qu'il n'est pas question, à juste titre, de les subventionner; je sais bien également que nombre d'églises sont dans un état de conservation lamentable et qu'elles ne sont pas rénovées, bien qu'appartenant à la commune où elles se situent...

Je sais bien surtout qu'une mosquée n'est pas qu'un lieu de culte, et qu'elle est surtout un lieu d'enseignement de l'islam. Je sais, et monsieur Delanoë devrait savoir, que les imams ne sont pas que des pasteurs, et que ce qu'ils prêchent n'est pas que spirituel...

Monsieur Delanoë devrait savoir aussi que le Coran est une chose, et que la loi islamique en est une autre, même si elle s'en réclame, souvent à tort. Monsieur Delanoë devrait savoir qu'avec un tel projet, non seulement il contrevient gravement au principe de séparation des cultes et de l'état institué par la loi de 1905, mais encore qu'il se fait ainsi le complice objectif, aux frais du contribuable, de l'entreprise de conversion culturelle menée par le monde musulman à l'encontre de l'Occident.

Il me répondra que les fonds publics ne prendront en charge in fine que les locaux culturels de la future mosquée, et que les parties cultuelles seront en quelque sorte rétrocédées à des "associations musulmanes" pour 6 millions d'euros. Six millions d'euros sortis de nulle part ! Six millions d'euros dont on veut sans doute nous faire croire qu'ils seront financés par l'altruisme des fidèles. A d'autres, monsieur Delanoë ! Par quel tour de passe-passe s'il vous plaît ? Pourquoi ces associations musulmanes-là trouveraient-elles une telle somme pour mettre au pot de votre projet, alors qu'elles ne l'ont manifestement pas pour créer elles-mêmes la mosquée que vous leur offrez sur des fonds publics, c'est à dire avec les impôts, pour la bagatelle de 22 millions d'euros ? Et qui plus est sans fermer la porte à la participation officielle de la Ville de Paris à l'Institut des Cultures d'Islam (!...) qui gérera cette super mosquée !...

La vérité, monsieur Delanoë, c'est que vous violez délibérément la loi républicaine pour acheter la paix sociale, et "accessoirement" pour élever un monument à la gloire de votre ambition, et un témoin que vous voulez prestigieux de votre passage à la mairie de Paris...

La vérité, monsieur Delanoë, c'est que vous n'avez que faire des principes républicains dès lors qu'il s'agit de flatter votre ego, et peut-être de préparer un projet plus national ?...

En tout état de cause, le principe de laïcité formalisé par la loi de 1905 a été une avancée magistrale par rapport au Concordat napoléonien, et votre projet félon, qui risque en outre de faire tache d'huile en Province, est une régression dont vous porterez la lourde responsabilité des conséquences face à l'Histoire.

Si toutefois il ne se trouve aucune autorité judiciaire ou administrative pour contrer votre entreprise. C'est le seul espoir auquel on peut encore se raccrocher pour éviter la marche à reculons que vous avez initiée.

jeudi 8 avril 2010

La pédophilie est-elle d'essence catholique ?

Par un sempiternel manque de temps, je ne lis qu'aujourd'hui l'article de Criticus consacré à "l'affaire" des prêtres pédophiles, et à une pétition que je ne signerai pas plus que lui, et pour les mêmes raisons. Car j'ai envie (même un peu tard) de hurler avec lui mon indignation face à l'attitude de tout ce que la France, mais aussi le monde, compte de catholiques, ne le fussent-ils que "de culture", comme le dit Lomig dans un commentaire, et comme je le suis moi-même.

Car enfin, outre les arguments tout à fait pertinents avancés dans l'article, il pourrait paraître évident à quiconque se laisserait influencer par cette campagne de presse d'une mauvaise foi hallucinante que le peu de répartie de l'Eglise et de ses ouailles ne puisse être que le reflet d'un certain sentiment de culpabilité. Et j'ai sans doute tort de parler au conditionnel : soyons sûrs que c'est bien ainsi que les choses sont ressenties !

La communauté des Catholiques, le clergé, l'épiscopat, le Saint Siège même, n'ont d'autre réaction que des propos lénifiants en forme de défense, alors que c'est bien la seule attaque qui serait susceptible de contrer un minimum cette cabale.

Et si j'emploie ce mot de "cabale", ce n'est pas anodin, et encore moins une faute d'éthymologie, mais c'est totalement à dessein. Personne ne voit-il donc pas ce qui apparait pourtant avec une limpidité biblique (c'est bien le cas de le dire) ? Personne ne se rend-il compte que cette polémique est construite, minutieusement préparée, et pertinemment téléguidée ? Que les journalistes qui y prêtent leur plume sont pour le moins manipulés, quand ils ne sont pas totalement complices ?

Un seul type de force est capable de museler de la sorte toute velléité de contre-attaque. Une seule catégorie de manipulateurs est capable d'hypnotiser ses victimes au point de les empêcher de réagir violamment comme ils devraient humainement le faire. Et cette forme de pouvoir, ne peut être que sectaire ou religieuse, ce qui, du point de vue qui nous occupe ici, est strictement la même chose. La seule différence de ce point de vue là entre une secte et une religion, réside dans le fait que l'adepte d'une religion, contrairement à la victime d'une secte, est LIBRE de s'en retirer.

Or, quelle est la religion qui s'est donnée ouvertement pour but de supplanter, pour ne pas dire d'éradiquer, les religions chrétiennes, et en particulier la religion catholique ? Quelle est la seule religion qui en a le pouvoir aujourd'hui, avec la complicité de ses victimes, sinon l'islam ? Et quel est la véritable liberté que l'islam laisse à ses "fidèles" de la quitter, quand une simple parole, un simple dessin, une simple attitude arbitrairement jugée contraire au Coran, entraîne une "fatwa", c'est à dire littéralement une condamnation à mort ? Ce en quoi, j'ose le dire haut et fort, l'islam n'est pas une religion (soi-disant religion de paix et d'amour, mais qui prône une guerre sainte auprès de laquelle nos croisades n'étaient que de gentilles bilevesées), mais bien une secte. Une secte dans laquelle les rituels à connotation sexuelle, y compris sur des fillettes que l'on "marie" de force (comprenez que l'on offre sexuellement à leur "époux"), sont officiellement couverts par le livre saint.

Oui, il me paraît évident que cette campagne de presse est une attaque en règle menée par de hauts responsables musulmans contre la religion qui gêne le plus leurs visées hégémoniques sur l'occident, à savoir le catholicisme. Et contre une telle stratégie sectaire, il n'est qu'une attitude plausible, nonobstant la culture et la philosophie chrétienne symbolisée par le fait de "tendre l'autre joue", c'est la riposte. Cette riposte dont se montrent aujourd'hui incapables les victimes potentielles.

Plus fort encore que l'adage "qui ne dit mot consent" (et aujourd'hui les catholiques ne "disent mot" qu'à demi-mot), le principe selon lequel "la meilleure défense est l'attaque" est le seul de mise désormais. Car ne rien faire, et se contenter de presque ne rien dire, c'est accepter par avance la défaite.

Tenter d'étendre à l'ensemble de l'Eglise l'opprobre qu'inspire légitimement l'horreur des actes de certains prêtres est tout simplement ignoble. Ne pas condamner officiellement et ouvertement, dans ces mêmes médias qui apportent leur coupable concours à la cabale, les agissements de ceux-là mêmes qui la mettent en oeuvre, est tout aussi ignoble, outre le fait que c'est une attitude suicidaire qui ne peut qu'en favoriser la réussite.

Chrétiens de toutes obédiences, hauts dignitaires comme simples ouailles, réagissez en Hommes et défendez-vous ! Ne vous contentez pas de courber le dos et d'attendre la fin de l'orage. Si vous ne faites rien, vous serez foudroyés avant même que cet orage-là prenne fin...

lundi 29 mars 2010

Quelle réforme pour l'éducation ?

Je poursuis aujourd'hui sur le registre de plusieurs de mes derniers billets en date, en posant la dernière question de cette suite d'études. En effet, une fois traité l'important sujet de ce jour, j'en aurai terminé avec les grandes lignes fondamentales d'un projet que j'aimerais bien voir défendu dans la sphère politique, même si je ne me fais aucune illusion, et si je n'ai pas la moindre chance de voir ce voeu exhaucé à court ou moyen terme.

Mais s'il fallait être sûr d'être entendu pour dire ce à quoi l'on croit, beaucoup des grandes voix de l'Histoire ne seraient jamais parvenues jusqu'à nous. C'est donc sans complexe que je détaille ici mes opinions.

Pour en revenir à l'éducation, on remarquera que, d'une part, je n'ai pas mis dans mon titre de majuscule à ce mot, et que d'autre part je n'y ai pas adjoint le mot "nationale". Cette manière d'écrire a deux significations importantes : d'une part l'éducation n'a pas à être sacralisée comme on le fait à longueur de temps et sans aucune espèce de raison valable (elle n'est qu'un devoir parental banalement naturel), et d'autre part cette même éducation, une fois réformée, n'aurait à mon sens plus aucune légitimité à demeurer "nationale"...

Comme il est toujours préférable, avant toute dissertation, de "dresser le décor" en brossant le tableau du paysage dans lequel va s'inscrire le sujet traité, je vais essayer de le faire maintenant en posant la question dont la réponse va éclairer mon propos futur : "qu'est ce que l'éducation" ?

Cette question peut, peut-être, en faire sourire certains, mais elle est plus complexe qu'il n'y paraît. En effet, savoir ce qu'on entend par "éduquer" n'est pas anodin, et la conception que l'on en a est possiblement lourde de conséquence.

Eduquer, dirait monsieur de La Palice, c'est dispenser l'éducation. Soit. Mais si on s'en tient à cette définition, l'enseignement des tables de multiplications à nos chères têtes blondes fait-elle partie, à propprement parler, de l'éducation ? Sans doute pas, car au même titre que l'orthographe ou, beaucoup plus tard les sciences physiques, l'arithmétique relève de l'instruction et non de l'éducation.

"Instruire" et "éduquer" sont deux notions bien distinctes, et sans grand rapport entre elles. Au 19ème siècle et pendant une partie du 20ème, l'organisme d'état créé conformément aux principes de Jules Ferry s'appelait "l'instruction publique". C'était à mon sens beaucoup plus conforme à son rôle que cette "éducation nationale" qui ne dispense plus aujourd'hui de manière satisfaisante, ni l'éducation contenue dans son nom ni l'instruction qui est son véritable objet...

Instruire, c'est transmettre la connaisance. Et c'est le rôle de l'école. Eduquer, c'est transmettre des valeurs, et c'est le rôle des parents. De même que les parents n'ont rien à faire à l'école, l'école n'a rien à faire dans la sphère parentale.

Je sais bien qu'il y a déjà bon nombre de mes lecteurs qui s'inscrivent en faux contre mes propos, mais peu importe. Ce n'est pas parce que l'école, je veux dire les enseignants mais aussi l'institution scolaire, se sont arrogés des droits, après les éducateurs religieux qui les ont précédés, de directeurs de conscience, et ce n'est pas parce que nombre de parents se prélassent dans la facilité qui consiste à se défosser des devoirs qui sont les leurs entre les mains de ces mêmes enseignants, qu'il convient d'entériner un tel principe et de s'en contenter.

Car la chose est d'importance : si l'instruction consiste à transmettre un savoir qui par nature est objectif, l'éducation consiste, je l'ai dit, à transmettre des valeurs, lesquelles sont au contraire parfaitement subjectives. Laisser ce soin à l'école consiste pour le parent à s'en remettre à la perception subjective de l'enseignant, ce qui revient à renoncer à transmettre à sa descendance ses propres valeurs. Non seulement il s'agit là d'une abdication d'un droit légitime, mais encore d'une désertion face à une obligation. Car être parent, c'est être responsable du comportement présent et futur de ses enfants. C'est naturellement le rôle des parents d'influencer ce comportement, et surtout pas d'un tiers, fût-il enseignant.

Corollairement, laisser la charge de l'éducation aux enseignants, c'est leur donner le pouvoir de transmettre à leurs élèves leurs propres valeurs, en lieu et place de celles des parents, et possiblement à l'opposé de celles-ci. De plus, donner le pouvoir à l'enseignant, c'est donner le pouvoir à l'institution. Cette institution étant sous le contrôle de l'état, c'est donc de facto donner ce même pouvoir à l'état. Et un état qui s'arroge le pouvoir d'inculquer ses valeurs, ça s'appelle une dictature. Quand je vous disais que la chose était d'importance !...

Voilà pour l'éducation. De ce côté-là, la réforme est a priori assez facile à mettre en oeuvre, à ceci près que les syndicats d'enseignants vont ête vent de bout contre. Mais on a l'habitude : tout ce qui change les défrise. Il faut dire que quand on veut changer quelque chose, on en vient nécessairement à écorner leurs privilèges, et donc ça hurle et ça chahute. Normal. Il faut simplement que le ministre ne soit pas trop couard. Mais ça, c'est un autre problème.

J'en viens au plus important, à savoir ce qui est le coeur du sujet, c'est à dire l'instruction.

Transmettre le savoir est, ou devrait être, le plus beau métier du monde. C'est en tout cas un adage, même si la réalité tend visiblement à devenir quelque peu différente dans les collèges et dans les lycées, et même semble-t-il au-delà. C'est que l'éducation, justement, étant ce qu'elle est devenue, le climat "social" à l'intérieur des établissements s'est considérablement dégradé. Je ne vais pas dresser le tableau de la gabegie qui règne dans certains "bahuts", d'autres le font mieux que moi. Je ne vais pas non plus me lancer dans l'étude des raisons de ces désordres. D'une part elles font polémique et d'autre part ce serait quelque peu stérile. Mieux vaut se pencher directement sur les solutions. Le temps presse...

Posons d'abord un principe clair : l'école n'est pas un lieu de contestation, l'école ne doit pas être un lieu de désordre, les éléments qui tenteraient d'y instaurer ce désordre doivent tout bonnement en être exclus, et leurs parents, à qui la responsabilité de l'éducation incombe, sanctionnés.

Ensuite, l'école n'a pas à être un gouffre financier pour les deniers publics. Il est communément admis que l'instruction soit un service public accessible à tous. C'est non seulement admis mais encore logique. Le savoir est la clef du développement, tant le développement individuel de chaque citoyen que le développement collectif de la Nation France. Le principe énoncé par Jules Ferry, dont je parlais plus haut, reste donc légitime aujourd'hui : l'école de la République doit être laïque (pour être libre de tout endoctrinement religieux), gratuite (pour être accessible à tous) et obligatoire (pour ne laisser personne au bord du chemin du savoir). Mais pour autant, cette obligation à la charge de l'état comporte sa contrepartie : l'obligation pour l'élève-citoyen de participer à sa propre formation.

Concrètement, cela signifie que les parents, ou l'étudiant majeur, ont le devoir de s'impliquer dans le processus. L'état, c'est à dire le contribuable, ne peut pas être tenu de supporter en pure perte le coût d'un service dont le bénéficiaire ne ferait aucun effort pour en recevoir les bienfaits. L'exclusion réelle (sans recherche d'un établissement de substitution) doit cesser d'être tabou.

L'institution actuelle de l'Education Nationale, de par son importance volumique et son caractère administratif tentaculaire, pour ne pas parler de l'esprit corporatiste qui l'anime, est devenu un monstre ingouvernable, et un gouffre financier. Il convient de la faire éclater purement et simplement, et de la remplacer par des structures à taille humaine, indépendantes et concurrentes entre elles. C'est le seul moyen qui permettra de redonner à l'enseignant son vrai rôle d'enseignant, en le délestant du poids de son appartenance à une corporation O combien paralysante.

Parallèlement, le libre choix de l'établissement et du projet éducatif doit être rendu aux parents d'élèves, comme aux étudiants majeurs dans l'enseignement supérieur. Pour y parvenir, il faut des établissements totalement indépendants, libres de leur projet éducatif (avec bien entendu un socle minimum commun fixé au plan national), libres du choix des enseignants, qui rémunèrent eux-mêmes les dits enseignants, et entre lesquels les parents et les étudiants puissent faire leur choix en fonction de critères de qualité. Un maillage d'établissements scolaires où la concurrence, comme ailleurs dans la société, serait le gage de la qualité.

Pour financer le fonctionnement d'un tel dispositif, puisque l'enseignement, je l'ai dit, doit rester "gratuit" (relativement, puisque c'est l'impôt qui finance...), le système le plus simple serait celui du chèque-éducation, mis en oeuvre déjà dans quelques pays, et qui permet souplesse et liberté.

Voilà les grandes lignes d'un projet éducatif qui, je le pense, résoudrait un grand nombre des problèmes actuels, redonnerait au citoyen, dans ce domaine, un degré de liberté qu'il n'aurait jamais dû perdre, et un principe de responsabilité dont on n'aurait jamais dû l'affranchir.

C'est peut-être ce dernier point qui demanderait le plus de courage au pouvoir politique qui oserait s'y atteler. Avec, aussi, la fronde de nos amis les enseignants, bien entendu...

lundi 22 mars 2010

Merci François

Les Français se sont donc exprimés. Et les Français ont choisi de reconduire à la tête de leurs régions les équipes "de gauche", pour faire simple, qui les dirigeaint déjà depuis au moins 6 ans.

Les Français ont choisi. En France, le Peuple est le Souverain, et donc le Peuple est supposé avoir toujours raison. On ne manquera donc pas, quoi que puissent être mes arguments, de me dire que j'ai tort dès lors que je dirai autre chose que le Peuple. J'entends déjà les colibets et les critiques acerbes. Je ne les crains pas, et j'ose dire en effet, sinon que le Peuple a eu tort, ce que je ne permettrais pas par égard envers le Souverain, du moins que les commentateurs, fussent-ils habituellement pertinents pour certains d'entre eux, ne cessent de dire des billevesées (restons polis) depuis hier soir.

En commentaire à mon billet du 15 mars, lendemain du premier tour, dans lequel je démontrais, contre tous les avis déjà, la défaite du PS (tout comme celle de l'UMP, soyons juste), Lolik, de Echo politique, me demande de refaire mes calculs en fonction des chiffres du second tour.

Je vais le faire, mais je voudrais aller plus loin dans l'analyse.

Je rappelle que, dans le billet précité, je prenais clairement position en faveur de l'abstention du premier tour, et lui donnais la signification que tout le monde lui reconnaissait, à savoir un refus de choisir entre les différentes listes qui s'étaient présentées aux suffrages des Français. En d'autres termes et pour faire simple, j'approuvais le refus de choisir entre une politique socialiste qui se dit "de gauche" et une politique socialiste qui se dit "de droite". Le refus de choisir, pour ce qui me concerne, entre Charybde et Scylla : entre un PS qui représente tout ce que je rejette en politique et une UMP qui dit le contraire, mais qui fait la même chose...

J'ajoutais que je tenais un raisonnement résolument différent pour le second tour, et que je considérais qu'il était du devoir impératif de chacun d'aller voter, pour ce qui me concernait afin de tenter, si faire se pouvait, de barrer la route aux listes "de gauche", de voter "contre" mes adversaires après avoir exprimé mon mécontentement à ceux qui disent défendre mes idées, mais qui ne le font pas... De fait, je suis allé voter dimanche, et je n'ai cette fois pas mis un bulletin nul dans l'urne...

Près d'un Français sur deux n'a pas tenu ce raisonnement de bon sens, et s'est abstenu ou a voté blanc. Ce fut leur choix, un choix que je voudrais être capable de respecter. Mais ce n'est pas le cas : je considère contre vents et marées que celui qui ne s'exprime pas lors d'une élection (sur les deux tours) n'a plus aucune légitimité à critiquer ensuite la politique qu'on lui impose...

Bref, le scrutin a eu lieu, les résultats sont tombés, et il ne reste que le choix de les analyser. Si possible sans a priori et sans idées préconçues, ce qui n'est visiblement pas à la portée de tout le monde.

D'abord, à tout seigneur tout honneur, le Président de la République. Je n'ai pas connaissance qu'il se soit exprimé directement, mais je ne peux pas imaginer que François Fillion, et même sans doute Xavier Bertrand, se aient parlé hier soir sans que Nicolas Sarkozy soit au courant de ce qu'ils allaient dire. De fait, il y a eu hier après midi une réunion à l'Elysée où, sans aucun doute, le Chef de l'Etat a "cadré ses cadres", et leur a insufflé les propos qu'ils ont ensuite exprimés "spontanément" devant les micros. Et le sens de ces interventions est clair et net : il ne s'est rien passé; il s'agit d'un scrutin régional qui n'a d'incidence que régionalement; et il n'y a aucune raison pour que la politique élyséenne de demain soit différente de celle d'hier. Merveilleuse cécité. J'y reviendrai.

Ensuite les Aubry, Royal, Moscovici et autres Peillon, sans parler des militants qui dansaient déjà la carmagnole rue de Solférino, en dressant déjà une guillotine symbolique à l'intention du Pouvoir haï. Quel bel enthousiasme dans les propos, et quelle belle fumisterie dans les idées ! Ils ont gagné; le Peuple leur a donné raison; le Peuple a décoché des flèches empoisonnées à l'intention du Président et du Gouvernement, et ces derniers n'ont plus maintenant d'autre choix que "d'infléchir leur politique"; entendez par là "beaucoup plus de social", "plus du tout de ces réformes rejetées par les Français", "abandon du bouclier fiscal", c'est à dire en passant "plus d'impôts" (quand je vous le dis...), "abandon du projet de réforme des collectivités locales", "réforme a minima des régimes de retraites" (c'est à dire, de fait, maintien du statu quo), j'en passe et de meilleures embauches de fonctionnaires...

En résumé, tout le monde a gagné : la majorité présidentielle parce que ces élections n'ont aucune valeur par rapport au pouvoir central, et l'opposition parce que sa victoire est une giffle à l'égard de ce même pouvoir, un "désaveu cinglant"; tout juste si le Président ne devrait pas démissionner pour laisser la place à "Ch'tine", comme la nomme une de mes connaissances, pourtant proche du PS.

Eh bien je prétends que tout le monde se trompe ! Et je vais essayer de le démontrer.

En 2007, Nicolas Sarkozy a été élu grâce à un programme qui avait l'habileté de satisfaire les conservateurs, de laisser penser aux libéraux qu'ils allaient être enfin entendus, de flatter les "classes populaires" dans le sens du poil en leur laissant entrevoir des réformes qui leur ouvriraient les portes des usines, et d'une campagne électorale intelligente qui avait relégué au fond des sondages ses "adversaires" de droite, à savoir le FN.

Depuis le soir même de son élection, le Souverain élu s'est attaché à faire méticuleusement l'inverse de ce qu'il avait dit. Beaucoup, dont je suis, n'ont pas compris tout de suite qu'il les avait roulés, et ont voulu croire que, sur le long terme c'est à dire la durée de son mandat, celui qu'ils avaient choisi finirait par prouver dans ses actes la sincérité de ses propos. Mais les illusions de cette sorte ne durent que le temps nécessaire aux plus crédules de s'apercevoir qu'ils ont le nez dans ... le caca !

Oh, Nicolas 1er n'a pas trahi totalement la confiance de ses électeurs, et il faut bien reconnaître qu'il a engagé nombre d'actions qui vont dans le bon sens. Assez en tout cas pour allumer la colère de ceux qui n'ont pas voté pour lui. Mais il a fait tellement d'autres choses qui vont en sens inverse, il a fait voter tellement de pseudo-réformes qui ne peuvent que décevoir ls espoirs qu'il avait suscités, qu'il a réussi à se mettre à dos, de bonne foi et à juste titre, beaucoup de ses électeurs "naturels", à commencer par les libéraux. Il n'est qu'à lire, par exemple, les critiques formulées dans La droite libre, le blog des libéraux de l'UMP, pour s'en convaincre.

Eh bien voilà toute l'explication du vote d'hier ! Certains des "déçus du sarkozysme" ont préféré ne pas aller aux urnes, et je maintiens qu'ils ont eu tort. D'autres, les "sympathisants de gauche" qui avaient quand même voté pour lui en 2007, s'en sont naturellement retournés aux listes chacun de leur parti de référence (PS, PC, Verts, etc..), et d'autres enfin, déçus pour des raisons diamétralement opposées mais déçus quand même, on préféré se tourner vers le FN. Je ne les approuve en aucune manière, ce parti émettant tant de relents d'une histoire haïssable et nauséabonde, mais j'avoue que je peux comprendre que certains, particulièrement les plus jeunes d'entre eux qui n'ont pas connu certains épisodes noirs de notre histoire récente ne serait-ce qu'au travers de récits de leurs parents, aient préféré cette solution à celle qui eût consisté, comme je l'ai fait moi même, à opter malgré tout pour l'UMP dans la seule mesure où cette liste était la seule capable de barrer la route (et encore !...) à la gauche collectiviste et revencharde.

Le résultat ? Une abstention record, et un conglomérat de partis socialisants et de partis tout à fait collectivistes, sans grande cohérence et qui commencent déjà à se battre entre eux, qui remporte la bataille, grâce essentiellement à la montée du FN en pourcentage sinon en voix (abstention oblige).

En effet, en examinant le tableau que j'ai dressé, et où figurent les scores minables obtenus par TOUS les partis en regard du nombre d'inscrits (et pas seulement en regard du nombre de suffrages exprimés), on se rendra compte que le quasi monopole du PS, avec 21 régions sur 22 en Métropole, est un trompe-l'oeil mensonger. Le total des voix "de droite", si le FN n'avait pas joué le jeu de PS et consorts en se maintenant au deuxième tour, aurait été théoriquement capable de donner la majorité à l'UMP dans 10 régions au lieu d'une seule...

L'enseignement que devrait tirer le pouvoir de ce scrutin, ce n'est certes pas de le dénier, certes pas de faire comme s'il n'existait pas, certes pas non plus de "gauchiser" encore un peu plus sa politique, mais au contraire de faire ENFIN ce qui avait été promis, à savoir de VRAIES réformes libérales, une libération des forces vives de ce pays, un assainissement de ses finances publiques avant qu'il ne s'héllénise dans le plus mauvais sens du terme, et un redressement de son économie par une réduction drastique des charges épouvantables qui pèsent sur elle, ce qui sous-entend des économies enfin réelles et importantes.

Sinon, gageons que le score du FN montera encore dans les prochains scrutins, et qu'il fera encore plus le jeu d'un PS dont il est l'allié objectif, même involontaire.

Il est communément admis que l'avènement d'un Front National crédible dans le paysage politique français fut l'oeuvre d'un certain François Mitterand. Il n'était peut-être pas conscient lui-même de l'efficacité de son entreprise sur le long terme...

samedi 20 mars 2010

Quelle vraie réforme pour les territoires ?

Dans la série "Quelles réformes pour..." que j'ai commencée le mois dernier, je voudrais profiter de l'opportunité des élections régionales pour parler de ce que devrait être une vraie réforme territoriale, dont la France a tant besoin.

En effet, en matière de découpage administratif, la France a une particularité qui fait la fierté de certains, mais qui pourtant handicape sérieusement à la fois le bon fonctionnement des institutions, la rentabilité des administrations, et donc la bonne gestion des finances publics. Cette particularité bien française, c'est le découpage excessif du territoire, la superposition inutile des multiples structures administratives, et la dissolution qui s'ensuit des responsabilités et des compétences.

Le territoire national est divisé, pour ne parler que de la Métropole, en 22 régions, elles-mêmes divisées en 96 départements, lesquels chapeautent 36 000 communes. Et je ne parle pas des EPCI, des cantons, des arrondissements, des syndicats intecommunaux et autres "pays"...

Ce "mille-feuilles administratif" est régulièrement dénoncé, mais jamais effectivement remis en cause. La réforme territoriale actuellement en cours de discussion, n'est en fait, une fois de plus, qu'un simulacre de réforme. En effet, il ne s'agit nullement, contrairement aux discours officiels propagandistes sur le sujet, de simplifier les échelons administratifs dans ce pays. Le point le plus significatif sur le plan organisationnel est la création du Conseiller Territorial, destiné à remplacer les Conseillers Généraux (assemblée départementale) et les Conseillers Régionaux (assemblées régionales). Il ne s'agit même pas de réunir les deux assemblées en une seule, ce qui aurait pu être un premier pas dans la bonne direction, mais bien de faire siéger les mêmes élus dans les deux à la fois. Avec le même flou dans les compétences ou presque, et surtout avec les mêmes budgets ! La réforme ne parle que d'une simple "clarification" des compétences, et est quasiment muette sur les budgets.

A un échelon plus bas, le projet prévoit d'achever le regroupement des communes en intercommunalités (commuautés de communes et communautés d'agglomération), ce qui est plutôt positif, mais prévoit la création d'un nouveau type d'intecommunalité, à savoir les "métropoles", pour les agglomérations de plus de 450 000 habitants. Aucune simplification, donc, mais au contraire une nouvelle complexification du paysage administratif !

Il faut être conscient qu'à chacun de ces "étages" administratifs conrrespondent, non seulement autant d'assemblées d'élus (à l'exception du tout nouveau conseiller territorial), mais encore un staff administratif, et donc un budget de fonctionnement particulier. Conjuguée, et concommittante, aux redondances inévitables des compétences de chaque échelon, la multiplicité de ces budgets engendre par nature et inévitablement des double-emplois. La seule simplification administrative engendrerait donc, mécaniquement, une économie substantielle sur les budgets cumulés, c'est à dire sur la fiscalité.

De fait, la France a besoin d'un énorme "coup de balai" dans son organisation administrative. Idéalement, les seuls échelons subsistants devraient à être à terme :

Les actuels EPCI (communautés de communes ou communautés d'agglomération) dans lesquels viendraient se fondre les communes sous forme, peut-être, d'arrondissements (sur le modèle de Paris, Lyon et Marseille).
Evidemment, les conseils communautaires seraient remplacés par des assemblées élues au suffrage universel, qui éliraient en leur sein des maires adjoints pour chaque arrondissement.
Les Régions, si possible moins nombreuses et plus étendues qu'aujourd'hui, qui incorporeraient les actuels départements, lesquels disparaîtraient donc, de même que les arrondissements et les cantons.
Et bien entendu l'Etat

La répartition des compétences devrait être claire et précise, répondre au principe dit "de subsidiarité", afin que soit enfin réalisée une vraie décentralisation. Les pouvoirs de décisions doivent être le plus près possible des citoyens. Il est démontré que l'efficacité de l'action publique est d'autant plus grande que les décisions sont prises localement. Seules devraient être placées sous la responsabilité de l'échelon cupérieur les actions qui y trouveraient avantage.

Ne devraient quasiment ainsi rester entre les mains de l'Etat central que les actions et les compétences qui ont un caractère international, comme l'armée et la diplomatie. Même les pouvoirs de police n'ont pas vocation à être centralisés, sauf peut-être dans des affaires particulières mettant en cause des intérêts nationaux. L'exemple américain, pour une fois, est peut-être un bon modèle de ce point de vue, même s'il demande à être adapté à la culture et au comportement européens.

Naturellement, il faut que la France reste la France, c'est à dire un pays unifié au service d'une Nation unie, et l'un des rôles de l'Etat central resterait évidemment d'harmoniser l'ensemble en fixant des règles communes. Ces règles communes, cependant, ne devraient être contraignantes qu'à minima, ce qui signifie que la région aurait tout loisir, à condition de les respecter, d'en fixer les détails et d'y apporter les améliorations qu'elle jugerait utiles à ses spécificités. Et le même mécanisme existerait bien entendu entre la région et l'échelon local, succeseur de nos communes et de nos EPCI actuels.

Nous aurions enfin affaire, de cette manière, à une vraie démocratie locale, où le pouvoir des élus du peuple s'exercerait en toute liberté sur les citoyens qui les auraient directement désignés, sans la tutelle pesante d'un Etat central éloigné des problèmes locaux, et sempiternellement tenté de s'accaparer les pouvoir comme les bénéfices d'actions locales dont, par définition, il ne maîtrise que peu les tenants et les aboutissants.

Alliée à l'allègement considérable des missions publiques dont j'ai déjà parlé, cette organisation territoriale et administrative de notre pays entraînerait tout naturellement une simplification et une efficacité décuplée des politiques publiques, couplées à un renforcement certain de la liberté d'action des élus locaux, et donc, naturellement, à une rentabilisation de l'utilisation des fonds publics. Quand celui qui décide est également celui qui paie, il paraît évident que ses décisions sont naturellement plus raisonnées en termes de finances.

Cette question du financement des collectivités locales, de sa nature et de son niveau d'importance, fera l'objet d'un prochain billet.

D'ici là, je serai heureux de répondre aux commentaires, et aux objections qui ne manqueront pas de m'être opposées. Il n'est pas d'idée qui ne soit sujette à discussion. Il n'est pas de discussion stérile quand il s'agit des idées.

lundi 15 mars 2010

53,65 %

On a gagné !

Le triomphalisme est de mise après chaque scrutin, quel que soit le score et de quelque bord politique que viennent les échos. On en a l'habitude, et cette élection ne fait pas exception à la règle...

Mais, moi, je vous le dis : on a gagné cette élection ! Nous sommes 53,65 % du corps électoral à avoir dit le mot de cambronne aux nuls du PS comme aux toquards de l'UMP, et comme aux bons à rien des autres listes. Encore que ce chiffre officiel de 53,65 % ne reflète pas l'exacte amplitude de notre victoire : il faudrait y ajouter les bulletins blancs ou nuls (dont le mien), ceux qui n'ont pas voté du tout, ainsi que tous ceux qui ont le droit de vote  mais qui ne sont inscrits sur aucune liste électorale ! Et là, on atteindrait sans doute sans aucun mal les 60 % !

Il est vraiment dommage que dans ce pays, les votes blancs, et surtout les votes nuls, ne soient pas pris en compte. Car enfin, ne pas mettre dans l'urne un bulletin valide peut avoir plusieurs significations bien réelles :
  • Soit l'électeur s'en fout complètement et il ne se déplace pas.
  • Soit il met une enveloppe vide dans l'urne (vote "blanc"). Et ça signifie clairement qu'aucun des bulletins proposés ne lui convient.
  • Soit il met dans l'urne un bulletin non valide, par exemple parce que raturé (hors les scrutins ou le "panachage" est autorisé) ou parce que le choix du votant se porte sur quelqu'un qui n'est pas légalement candidat. C'est mon cas, et ça ne signifie pas seulement qu'aucun candidat ne me convient, mais surtout que je propose un autre choix, qui ne faisait pas partie de la liste officielle.
Dans les deux derniers cas, il est absolument anormal et profondément irrespectueux pour le citoyen de n'en tenir aucun compte. Mais la loi électorale est ainsi faite...

Triomphalisme, disais-je ? Si le décompte officiel tenait compte des abstentionnistes comme je le prétendrais normal, les scores seraient à peu près les suivants :
  • PS 13,66 %
  • UMP 12,13 %
  • Europe Ecologie 5,78%
  • FN 5,44 %
  • Modem 1,97 %
  • NPA 1,16 %
Qui est le grand vainqueur ? Le PS avez-vous dit ? Avec moins de 14 % ? Foutaise ! Non, j'ai beau chercher de tous côtés, il n'y a aucun vainqueur à ce premier tour. Sauf le premier parti de France : celui qui réunit tous ceux qui en ont marre de ces polichinelles qui ne se soucient que de leur rente de situation, dont aucun n'offre une alternative crédible à la politique collectiviste menée au plan régional peut-être plus encore qu'au plan national, et qui ne savent que blablater à longueur d'émissions télévisées, et se gargariser de leurs slogan creux et insipides qui ne convainquent plus personne, sauf, dans leurs meetings, leurs propres militants...

Attention : qu'on n'aille pas trop vite en besogne, et qu'on n'aille pas supposer que je me réjouisse de cette victoire du camp des lucides ! La démocratie est un acquis trop important pour qu'on l'évacue d'un revers de main au rang des antiquités et des inutilités obsolètes ! La démocratie est seule garante de la liberté, dès lors évidemment que le choix des électeurs ne se porte pas sur des liberticides.

C'est pourquoi il est selon moi impératif de voter dimanche prochain, et de ne voter ni "blanc" ni "nul". Si je me réjouis du "coup de semonce" que les Français ont donné hier, je redoute fortement que la "dynamique", comme disent les politologues, se perpétue au second tour, ce qui serait proprement catastrophique.

Au premier tour, on choisit. Au second tour, on élimine ! Au premier tour, nous avons été 53,65 % à choisir de recaler tout le monde. Au second tour, il nous appartient d'éliminer ceux dont on ne veut pas. Au premier tour, on choisit le meilleur s'il exite. Au second tour on choisit le moindre mal. Car on n'a pas le choix : celui qui aura obtenu le score le plus important, même minable, l'emportera, et aura les rennes de notre région pour 6 ans. Ce n'est pas rien ! Ne faisons pas aux pires de nos ennemis politiques le cadeau de valider le choix de leurs propres troupes. Barrons-leur la route de toutes nos forces...

Dans ma région comme dans aucune, il n'existe de liste qui corresponde à mes idées humanistes et libérales. Dans ma région comme dans toutes, les libéraux n'auront d'autre choix que de voter pour les moins socialisants des candidats en présence. Je ferai bien entendu ce choix, en mettant dans l'urne, à contre coeur mais par pragmatisme, le bulletin qui représente la seule formation éventuellement capable de barrer la route à la réélection des collectivistes sortants, à savoir celui de l'UMP.

Il reste à espérer que le parti des abstentionnistes ne gagnera pas une nouvelle fois au second tour. Car ne pas voter dimanche prochain, c'est voter pour les moins exécrés d'hier, c'est à dire pour, quand même, les plus antilibéraux des éligibles. Ne faisons pas leur jeu. Et croisons les doigts pour que les équipes au pouvoir dans nos régions dans les six ans à venir ne soient pas, grâce à la crise qui a tellement bon dos, des machines à lever l'impôt et à se foutre de nous, encore plus performantes que dans les six ans qui viennent de s'écouler...

A lire notamment, sur le sujet : l'article de Lomig, celui de Hashtable, celui du Psychothérapeute, celui du Toréador, ou encore celui d'Aster.

vendredi 12 mars 2010

Quelle réforme pour la fiscalité ?

Dans mes billets de février qui traitaient, l'un des retraites et l'autre de l'assurance maladie, j'ai expliqué pourquoi selon moi ce qu'on appelle les "cotisations sociales" ne sont en fait que des taxes déguisées, raison pour laquelle, je le répète, le financement des organismes sociaux devrait moins hypocritement être assuré par l'impôt, en cessant de ponctionner les seuls revenus liés au travail, c'est à dire en alourdissant le coût de la main d'oeuvre, exagérément élevé dans ce pays.

Aujoud'hui, je voudrais m'attaquer au coeur du problème du financement des politiques publiques, à savoir la fiscalité de manière globale.

Tout confondu, le total des prélèvements obligatoires représente bon an mal an un plus de 50 % du Produit Intérieur Brut, c'est à dire du total de la richesse produite dans l'hexagone. Ce qui signifie en passant qu'en moyenne les Français travaillent au moins six mois par an pour la collectivité...

J'ai bien dit "en moyenne" ! Car les disparités sont énormes en fonction d'une multitude de critères. Ce patchwork de régimes différents, de niches fiscales, d'exonérations diverses et variées, et à l'inverse de surtaxes, centimes additionnels et autres barême progressif ou quotient familial, est le résultat d'un historique chaotique au cours duquel, toutes couleurs politiques confondues, les gouvernements successifs ont tenté, dans leur logique interventionniste chronique, de pallier ces fameuses inégalités tant haïes et fustigées de toutes parts. Avec, bien entendu, des conceptions très souvent différentes de la notion même d'inégalités.

En tout état de cause, à force de vouloir se mêler de tout, tout réglementer, tout régimenter, tout réguler, intervenir à tort et à travers sur tous les processus, l'Etat ou ses succédanés en sont arrivés à organiser un chaos indescriptible où plus rien ne va, ou plus rien ne fonctionne correctement, où une grande majorité des citoyens se plaint de la mauvaise qualité de leur administration et de la dureté de leur propre existence, où le contribuable est pressuré pour tenter de financer ces prodiges d'efforts inutiles, où, je l'ai dit, la Nation travaille six mois de l'année pour l'Etat, où malgré cela la dette publique abyssale condamne plusieurs générations de nos descendants à l'esclavage économique et financier, où le travail ne rapporte plus à personne de quoi vivre décemment, où le coût de ce même travail entraîne les entreprises dans des délocalisations dont on se demande bien pourquoi elles ne sont pas encore plus nombreuses, où il revient moins cher d'importer des fruits ou des légumes depuis l'autre bout du monde que de les acheter à nos producteurs locaux qui, pourtant, sont sous le seuil de pauvreté, où, pour résumer le tout, à force de vouloir tout arranger on ne fait que tout démolir...

Car les choses sont naturellement tellement plus simples que ça ! Naturellement, et ce depuis des millénaires, les humains se sont organisés sur cette terre de la manière la plus simple et la plus intelligente que la Création, ou la Providence, ou encore la simple Nature, au choix des croyances de chacun, ait engendrée sur cette planète. Cette manière-là, ce fut à l'origine le troc, puis, après l'invention des monnaies d'échange, le commerce. Pour se procurer les produits dont il a besoin pour sa subsistance et/ou pour satisfaire ses envies, l'Homme a compris très rapidement que le moyen le plus éfficace était d'échanger son travail contre les produits en question. Echange travail contre nourriture, échange travail contre marchandises, échange travail contre confort. Echange travail contre tout ce qui est disponible, naturellement ou, justement, par le fruit dudit travail...

Seulement voilà ! La cupidité de certains, alliée aux aléas de la vie humaine, et à ceux de la nature environnante, font que tout n'est pas si simple, et qu'il est nécessaire d'établir des règles pour que ces échanges puissent se réaliser dans des conditions optimales. Et si l'on édicte des règles, il faut veiller à ce qu'elles soient respectées. Sinon, on en arrive très rapidement à un immense désordre où ne peuvent plus se réaliser ni la liberté d'action ni la sécurité auxquelles chaque individu a un droit naturel et inaliénable. Et ce rôle de "gendarme" est celui de l'Etat. C'est même sont seul rôle légitime. Et dans une société complexe comme l'est celle que l'Homme a su mettre sur pieds, ce rôle a un coût économique. C'est là la seule raison d'être de l'impôt, qui devrait, dans un monde idéal, servir à cela et uniquement à celà.

Au lieu de ça, au fil des siècles, et singulièrement dans les deux qui viennent de s'écouler, un certain nombre d'individus se sont mis en tête de demander à l'Etat de remplir un tout autre rôle : celui d'un Père Protecteur Tout Puissant supposé pallier tous les aléas de l'existence, supposé même pallier les manquements individuels au plus élémentaire principe de responsabilité dont la charge repose sur tout être vivant vis à vis de lui-même d'abord, vis à vis de ceux dont il a la charge ensuite. De fil en aiguille, on en est arrivé à une société dans laquelle cette notion de responsabilité au quotidien s'est liquifiée au point de considérer que c'est à l'Etat de prendre en charge tous les dommages, grands ou petits, subis par les citoyens. Sans considération du fait que chacun, pour être libre, ne peut qu'être responsable de ses actes. Les deux notions sont pourtant indissociables l'une de l'autre. Mais si la notion de "droits" est élevée de nos jours au rang du sacré, celle de "devoirs" est quasiment entrée en désuétude. Et c'est semble-t-il à l'Etat que reviendrait, d'après l'idée la plus répandue, la charge d'en supporter les conséquences. Le résultat est mathématique : le coût des interventions indues de la puissance publique, allié à la gabegie inévitable qu'engendre la gestion d'une telle entreprise, est tout simplement insupportable, à tel point que la pression fiscale asphyxie inexorablement l'économie.

Je ne mésestime pas les autres facteurs de dysfonctionnement de cette économie, à commencer par les agissements malhonnêtes de certains, mais, je le répète, le contrôle de l'observation des règles établies (la Loi) est du ressort de cet Etat qui, englué dans le fatras de ses prérogatives artificielles, n'a plus le temps ni l'argent pour remplir cette mission régalienne qui est pourtant la seule qui lui soit légitime.

Parallèlement à ce constat, il convient d'en faire un autre non moins alarmant : celui de la mauvaise répartition de la charge fiscale. J'ai déjà parlé de l'absurdité de faire reposer la charge de certains financements sur le seul coût du travail, et je n'y reviens donc pas. Il n'est pas moins absurde de (tenter de) faire reposer la plus grande partie de l'impôt sur les plus gros revenus. Je sais que je suis ici en train de bousculer un dogme, et pour certains une évidence. Je vais pourtant essayer de démontrer que le système de l'impôt progressif est une hérésie en même temps qu'une injustice insupportable.

Tout d'abord, la logique de l'impôt progressif, dont la philosophie est celle qui consiste à dire "celui qui gagne plus paie plus", a son corollaire tout à fait naturel et pour certains là encore tout à fait évident, à savoir "celui qui gagne peu ne paie rien du tout". Les deux sont absurdes. La logique froide qui devrait animer tous les raisonnements en la matière, et qui seule est compatible avec une réelle égalité des citoyens devant l'impôt, conduit à s'apercevoir que tout citoyen, quel que soit son niveau de revenus, doit participer à l'effort de financement du fonctionnement de l'Etat (ce mot pris au sens large, c'est à dire y compris les collectivités territoriales), et doit le faire en fonction de ses revenus. Que celui qui gagne très peu ne paie rien fait de lui un priviligié au sens propre du terme, et que celui qui gagne beaucoup paie beaucoup plus que la moyenne fait de lui une "vache à lait" et accessoirement une victime de son propre succès.

De quel droit décide-t-on que les bas revenus sont si mérités qu'on se refuse à y toucher, et qu'à l'opposé les hauts revenus sont si immérités qu'il est normal d'en subtiliser une grande proportion ? Ca porte un nom : c'est de la spoliation. Et c'est très exactement le contraire de la justice et de l'équité ! D'ailleurs, les intéressés ne s'y trompent pas, et ceux d'entre eux qui en ont le loisir ne se gênent pas pour aller générer leurs revenus ailleurs, et payer leurs impôts ailleurs, là où on les vole un peu moins. Et ils ont bien raison...

Voilà pour l'injustice. Mais ça ne s'arrête pas là : c'est totalement improductif. Dans la pratique, on s'aperçoit que moins de la moitié des Français sont assujettis à l'impôt sur le revenu, par le jeu cumulé des franchises d'un côté, et des crédits d'impôt et autres dégrèvements de l'autre. De fait, la très grosse majorité de l'impôt est payé par ceux qui ont des revenus moyens, c'est à dire cette catégorie de citoyens qu'on appelle pour cette raison les "classes moyennes". Les autres, soit ne gagnent pas assez pour être imposables, soit ont de larges possibilités de profiter de "niches fiscales" diverses et variées dont sont exclues de facto les "classes moyennes" dont on parle, à cause de la taille des investissements nécessaires pour en profiter. Où est donc la justice là-dedans ? Surtout quand on sait que la majorité de ceux qui bénéficient des largesses de l'Etat-Providence sont justement ceux qui ne paient pas l'impôt ?

La solution à ce grand bazar ? Elle est à la fois simple et compliquée, mais totalement réalisable et tout à fait logique :

1) Il faut que l'Etat cesse de s'occuper de ce qui ne le regarde pas, et laisse aux citoyens la liberté mais aussi la responsabilité de ce qui est naturellement de leur ressort. Les seuls domaines naturels d'intervention de la puissance publique sont ses obligations de garantir la liberté et la sécurité des citoyens.

Ca inclue, strictement :

  • Le fonctionnement des instances législatives
  • La police
  • La justice
  • L'armée
  • La diplomatie
Tout le reste n'a pas vocation à être financé par la collectivité de manière autoritaire ni obligatoire. Il y a cependant deux domaines qu'il semble bien difficile de laisser totalement à la chagre des individus :

  • La santé, mais pour le seul "gros risque", comme j'ai pu l'expliquer dans mon billet qui lui était consacré. Cela inclut le risque "vieillesse", comme j'ai pu également en parler.
  • L'éducation. Pour ce dernier poste, le problème est d'ailleurs moins une question de coût qu'une question de socle minimal de connaissances à garantir à chacun. Il reste qu'il est totalement anormal de centraliser au sein d'une administration tentaculaire la charge de cette éducation. Plus efficacement, la méthode du "chèque éducation" pratiqué dans certains pays, avec le libre choix de l'établissement pour les parents d'élèves, semble mieux adaptée à la tâche, et singulièrement à la résolution des problèmes rencontrés aujourd'hui. Ici comme ailleurs, la concurrence entre des établissements privés d'enseignement serait à coup sûr plus efficace que le magma illisible de l'EN actuelle...
2) Parallèlement, il faut bien entendu que l'Etat cesse de faire payer au citoyen le reste de ses interventions qui auront disparu, y compris celles qualifiées à tort de "prestations sociales", qui ne sont qu'un assistanat institutionnalisé qu'il convient évidemment de faire cesser, du RSA aux allocations familiales en passant par toutes les mânes dont bénéficient à profusion essentiellement ceux qui trouvent là un bon moyen de s'exonérer des efforts que l'on est en droit d'attendre de tout citoyen responsable de lui-même, et donc réellement libre.

En rendant ainsi aux citoyens la part de leurs revenus dont on les déleste aujourd'hui autoritairement en pure perte, on leur redonnera du même coup les moyens d'assumer par eux-mêmes, et dans la seule mesure dont ils décideront souverainement, les dépenses qu'ils jugeront opportunes de leur propre point de vue.

3) Il ne restera donc plus à l'Etat qu'à financer ses seuls domaines d'intervention définis ci-dessus, au moyen d'un impôt juste et équitable, à savoir un impôt proportionnel appliqué aux revenus de tous, du plus pauvre au plus riche, en un taux unique.

Reste un problème à résoudre : celui que j'appellerai des "laissés pour compte" de la société. Une société du type de celle que je viens de décrire laisse à l'Homme l'intégralité de son libre-arbitre et de sa liberté d'Homme. Corollairement, elle lui laisse aussi sont entière responsabilité dans la conduite de son existence. Jusqu'ici, rien d'anormal ni de choquant pour qui a une haute idée de l'Homme, justement. Et de ses droits naturels et inaliénables. Cependant, il n'est pas d'exemple, même théorique, d'une société (qu'elle soit libre ou qu'elle ne le soit pas, du reste) dans laquelle aucun individu ne risque de se retrouver en situation d'échec, que ce soit par sa faute ou par un fait de force majeure.

Dans une société aussi développée, avec le niveau de technologie et la qualité de vie dont nous sommes capables, il est tout à fait inacceptable d'imaginer que cette société-là laisse sans aucun secours un tel accidenté de la Vie sans réagir. Mais corollairement, dès qu'on met en place un système d'aide comme ceux que nous connaissons à profusion aujourd'hui, on constate à quel point d'aucuns en abusent, et à quel point ce système est à la fois coûteux et à la fois injuste puisque par définition à la charge de ceux qui n'en bénéficient pas et, surtout, qui n'en abusent pas.

C'est pourquoi je pense, avec d'autres, qu'une bonne solution consisterait à instituer un "Revenu Minimum Universel". De quoi s'agit-il ? On détermine un revenu minimum strictement suffisant pour survivre (se nourrir, se mettre à l'abri, se vêtir). C'est à dire, pour faire court, le minimum nécessaire pour éviter l'état de SDF. Et ce RMU, financé par l'impôt proportionnel dont je viens de parler, on le verse à tout le monde. J'ai bien "tout le monde", du plus pauvre au plus riche. Du chômeur au milliardaire.

Ainsi, tout citoyen est à l'abri de la catastrophe sociale, mais parallèlement, d'une part les abus sont par nature impossibles puisque tout le monde en bénéficie, et d'autre part ceux qui n'en ont pas vraiment besoin sont automatiquement ceux qui le financent le plus...

Voilà, j'ai été particulièrement long et je m'en excuse, mais le sujet est vaste. Je résumerai simplement en trois lignes le projet que je défends :

  • Limiter le rôle de l'Etat à ses fonctions régaliennes naturelles, et laisser ainsi aux citoyens le fruit de leur activité.
  • Limiter l'aide sociale au versement à tout citoyen d'un revenu minimum permettant de survivre
  • Limiter les prélèvements obligatoires à un impôt juste calculé en proportion stricte du revenu de chacun
L'égalité devant l'impôt est sans aucun doute une des plus importantes à garantir aux citoyens, mais n'oublions jamais que "L'égalité est un droit, mais aucune puissance humaine ne saurait la convertir en fait" (Honoré de Balzac). Cependant, ce n'est assurément pas en instituant son contraire qu'on a la moindre chance d'y parvenir...