"La coupe est pleine !
Une fois de plus, les maîtres-chanteurs de la RATP ont mis leurs menaces à exécution : Depuis jeudi, beaucoup de Franciliens, à commencer par les moins aisés, subissent un véritable calvaire à cause des blocages dans les transports publics. Celui-ci semble devoir se prolonger encore quelques jours, du moins probablement tant que les professionnels de la grève n'auront pas obtenus en sous-main quelque avantage qui permettra à la fois au gouvernement de sauver la face en prétendant n'avoir pas cédé, et aux syndicats de renforcer leur emprise sur la société civile.
Puisque ces gens se moquent des contribuables français en osant réclamer des salaires encore plus élevés, il nous faut marteler ces vérités sur la RATP :
* Des salaires jusqu'à 10 000 euros, qui ont augmenté de plus de 18% en 6 ans. Et vous ?
* Une retraite à 53 ans, voire 50 ans pour certains
* Une pension 40% plus élevée que dans le privé, calculée au taux de 75% des 6 derniers mois
* Un temps de travail largement inférieur à celui de leurs collègues européens : jusqu'à 500 euros de plus par mois en début de carrière pour 250 heures travaillées en moins.
Tout cela dans une "entreprise" où :
* L'endettement est de 4,3 milliards d'euros* Les recettes provenant de la vente de billets ne représentent que 50% du chiffre d'affaires (le reste étant constitué de subventions)* Les charges de personnel représentent 123% des recettes provenant de la vente de billets !
* Le régime spécial de retraite est tellement avantageux qu'il est déficitaire, et compensé par le régime général des salariés du secteur privé.
Donc tous les Français paient d'une façon ou d'une autre les privilèges des agents RATP...
Plus de détails sur le site de l'IREF
Puisque tous ces privilèges ont été obtenus grâce à la lâcheté des gouvernements successifs qui prétendent systématiquement représenter "tous les Français", il n'y a rien à espérer d'une éventuelle "négociation".
Il nous faut donc prendre acte de cette situation et régler le problème à la source : Réclamons l'automatisation des rames de métro et de RER, sur le modèle de la ligne 14 du métro parisien qui offre le meilleur rapport qualité-prix depuis sa mise en service !
Faites pression sur vos députés et vos sénateurs pour faire cesser ce chantage permanent !"
Un coup de gueule tout à fait compréhensible et logique, contre des faits et une situation inacceptables qui pourtant ne semblent pas courroucer bon nombre de Franciliens résignés, habitués il est vrai à ce style de prises d'otages dont ils sont régulièrement les victimes. Je sais de quoi je parle, ayant vécu dans la capitale ou dans sa proche région pendant quarante ans...
Il est cependant à noter, pour être juste, que cette situation est beaucoup plus souvent le fait des cheminots de la SNCF que de ceux de la RATP. Mais ça ne fait pas de ce mouvement de grève-ci quelque chose de plus acceptable pour autant...
Pourquoi ai-je dit plus haut que j'approuvais seulement "à presque 100 %" ? Parce qu'il y a dans les propos de Jean Marc quelque chose qui me gène beaucoup : l'automatisation des rames n'est pas la bonne solution. Le coût d'un tel investissement serait insupportable, et une fois encore à la charge du contribuable, c'est à dire de l'usager, c'est à dire de nous tous (et pas seulement des Franciliens d'ailleurs).
Non, Jean Marc, il ne s'agit pas d'engager de nouveaux capitaux publics dans une modernisation au pas de charge avant même que les matériels (et les lignes) actuels ne soient amortis ! Surtout pas ! Que l'on construise des lignes nouvelles en utilisant la technologie de la ligne 14, j'en suis tout à fait d'accord. Que l'on mette les autres lignes à niveau au fur et à mesure de leur entretien normal, j'en suis d'accord également. Que l'on engage des frais monstrueux dans le seul but de palier les insuffisances coupables des personnels de la RATP et/ou de la SNCF, j'y suis totalement opposé.
La solution n'est pas d'accréditer implicitement l'idée que ces gens ont raison en les remplaçant par des robots. La solution, la vraie, la bonne, la seule acceptable, c'est d'exiger d'eux qu'ils fassent leur boulot sans exiger des privilèges supplémentaires alors qu'ils en ont déjà d'énormes à leur actif, et de les y contraindre, au besoin je n'ai pas peur de le dire en s'attaquant s'il le faut à l'abus du droit de grève dont ils se rendent coupables, surtout s'agissant de ce service public qu'ils invoquent à tous propos et à tord et à travers, alors qu'ils sont les premiers à s'en foutre comme d'une guigne dès lors qu'il s'agit de leurs propres intérêts sectoriels et corporatistes.
Mais qui aura le courage de trancher dans le vif ? Qui a parlé de "service minimum" ? Qui a prétendu qu'on ne voyait plus les effets des grèves dans les transports ? Molière n'est pas mort, décidément : le Tartuffe, en tout cas, est toujours vivant !
